Un blog autour de l'art nouveau

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mardi 24 juin 2008

Le Grand Palais en timbre

J'ai vu au salon du timbre qu'un timbre sur le Grand Palais va prochainement paraître. Bêtement je ne l'ai pas acheté et je l'ai vu de loin (mais où avais-je la tête ?), mais il montrera un haut de pilier de l'escalier sous la nef.
Pas plus d'infos sur le site La Boutique du Timbre pour l'instant...

lundi 23 juin 2008

A consommer avec modération...

La marque de bière "Affligem" a récemment réalisé une publicité qui a sa place ici.
Le haut de cette publicité montre une lampe Art Nouveau avec le texte "La Belgique nous a offert l'Art Nouveau". Et le bas, qui montre un verre de bière, rajoute : "Mais surtout, elle nous offre la Nouvelle Affligem Fruits Rouges". Illustration à ajouter bientôt, peut-être... ai-je le droit ?

samedi 14 juin 2008

La potée des Halles

Presque un mois d'absence... mais me revoici !

Si vous cherchez un petit resto sympa où l'on mange bien rue Etienne Marcel, dirigez vers le numéro 3, à la Potée des Halles.

Vous pourrez, en plus d'y passer un bon moment, y admirer de jolies céramiques.



Le patron m'a dit qu'elles dataient de 1905, qu'elles étaient de Sarreguemines... et que tous les carreaux n'étaient pas d'époque, ce que l'on peut constater : les petits carreaux blancs ont remplacé les couleurs écrues d'origine qui ont, à un ou deux endroits, résisté à l'usure.

Point de signature d'un céramiste dnas la pièce, mais juste un sigle et une adresse : rue de Paradis : (Flûte la photo est floue).

Si les personnages féminins ne sont pas trop à mon goût, manquant peut-être un peu de délicatesse, en revanche les motifs géométriques qui les entourent sont vraiment splendides :
(Notez en haut à gauche les carreaux unis qui seraient peut-être ceux d'origine).


Voilà ! N'hésitez pas à vous y rendre !

dimanche 18 mai 2008

14-16 rue du Louvre

Après notre tour au Louvre des antiquaires, nous sommes passés rue du Louvre. Je connais assez peu le quartier, en tout cas pas suffisamment pour avoir jamais levé les yeux sur l'immeuble situé au 14-16 de la rue. Signé par Jourdain, le bâtiment est un splendide représentant d'un Art nouveau élégant... et tardif, puisque le bâtiment fut construit en 1910, après que Jourdain avait connu la gloire avec la Samaritaine.



Mais l'intérêt de cette découverte fut surtout de pouvoir y entrer.
La porte était ouverte, des touristes anglophones patientant à l'entrée. Nous commançâmes à photographier le carrelage aux motifs de capucines... ... les reliefs (presque Art déco d'ailleurs) en métal vernis :
... les discrètes sculptures :
...ou les ferrures fleuries de la cage d'ascenseur :


Les touristes nous posèrent des questions, intriguées par notre intérêt pour ce lieu. Un homme arriva alors et nous demanda si nous étions des touristes. On s'est d'abord demandé s'il allait nous virer, et on lui répondit que l'on venait juste prendre quelques photos de ce bel endroit.

En fait il était le gardien de l'endroit, et il nous fit partager son enthousiasme à travailler dans ce lieu magnifique, en nous montrant d'abord le vitrail dans l'escalier montant au premier étage :

Puis il nous expliqua que l'immeuble était en pleine réfection (on pouvait le remarquer par la présence de baches en plastique dans l'escalier). Et quelle réfection ! La cage d'ascenseur avait d'après ses dires perdu l'immonde grillage qui la masquait, les boîtes-aux-lettres 70 vont être remplacées, le sol et les murs sont être restaurés... Ce gardien qui s'avère être féru d'Art Nouveau, est en tout cas véritablement sympathique.

samedi 17 mai 2008

Le louvre des antiquaires

Comme ont dit D et F qui m'avaient donné rendez-vous ce matin, le Louvre des antiquaires, c'est comme un musée puisque l'on peut voir de belles choses et... que l'on ne peut pas acheter. Et c'est même mieux qu'un musée puisque l'on peut toucher les objets.

D et F souhaitait y voir une pièce précise, et moi j'en profitai pour me rincer l'oeil sur la pièce en question et sur des tables gigognes de Gallé, des meubles Majorelle, des vases aux motifs fleuris en veux-tu en voilà, etc.

Et donc ? Et donc voilà, allez au Louvre des Antiquaires...

Néanmoins j'ai pu faire la connaissance de l'auteur du livre Lé métropolitain d'Hector Guimard. Les spécialistes de l'Art Nouveau sont décidément des personnes très sympathiques.

lundi 12 mai 2008

41 rue de Bagnolet - 75020 Paris

41 rue de BagnoletJ'ai habité rue Ligner (une petite rue en U frôlant le Père Lachaise au sud) il n'y a pourtant pas si longtemps : il y a 4 ans. Ne levant pas forcément les yeux à l'époque, sur les constructions un peu anciennes, je n'avais jamais remarqué le bâtiment faisant le coin de la rue de Bagnolet, c'est à dire au 2, rue Ligner - 41, rue de Bagnolet.

Il faut dire que la rue Ligner est très étroite (et par conséquent le manque de recul dessert l'immeuble de ce côté), et que côté rue de Bagnolet, il n'y a rien qu'une étroite façade éclectique sur deux travées (cf photo ci-contre).


Mais en me promenant, récemment, j'ai remarqué les ferrures de la porte, constituée de fleurs d'arum.

41 rue de Bagnolet

Évidemment, une telle décoration ne pouvait que m'intriguer et je me suis un peu approché, pour découvrir que l'immeuble était signé... Champy ! Champy ? Oui, Champy, l'architecte du 10 rue Belgrand.

Trouvant bien fade la façade de ce 41 rue de Bagnolet, j'ai évidemment tourné dans la rue Ligner, et là, ce fut beaucoup plus intéressant. Car de ce côté, le bâtiment n'est pas du tout symétrique :


Le côté droit (faisant l'angle avec la rue de Bagnolet) n'a qu'une travée de petites fenêtres, tandis que celui de gauche a deux travées dont l'une est constituée de grandes fenêtres partant du sol (et pas alignées sur les autres). Ces deux côtés sont séparées par un renfoncement (y a-t-il un terme pour ça ?) de trois fenêtres. On constate également que les deux derniers étages ne sont pas construits de la même manière, et que deux fenêtres ont un balconnet blanc (en béton ?) :
Mais l'élément le plus amusant de ce côté est sûrement cette petite porte :
Je réalise qu'il manque une photo rendant vraiment compte de l'intégralité de la façade, qu'il aurait fallu prendre de biais étant donné le peu de recul pour admirer la façade. Mais vous ne m'en voudrez pas, n'est-ce pas ?
Il est également noté sur le bâtiment le nom "H.D. de Folleville", nom probable de l'entrepreneur, puisque le propriétaire, d'après "paris en construction" s'appelait Chauvard. Ce même "paris en construction" m'a appris que l'immeuble date de 1911. Or celui de la rue Belgrand date de 1900 : l'artiste se serait donc assagi au fil des ans, ou ces propriétaires là auraient été simplement plus classiques, dans la logique de l'intérêt pour l'Art Nouveau, en déclin à cette époque ?
J'ai en tout cas envie d'aller voir de plus près les autres constructions de cet architecte... Affaire à suivre.


NB. Si vous connaissez un site web avec le vocabulaire de l'architecture (accompagné d'illustration), merci d'avance pour l'info !

samedi 10 mai 2008

Une affiche russe

Si aujourd'hui on écrit partout que "fumer tue", on ne s'en préoccupait pas autrefois. Une affiche russe laissait même une femme préférer le parfum du tabac à celui des roses :



L'affiche est sur la vitrine d'un café de la rue Saint-Maur, décorée de nombreuses affiches.

dimanche 4 mai 2008

Ojos de Brujos

Un commentaire de Guillaume, il y a déjà quelques semaines, me parlait du dernier album d'Ojos de Brujos, inspiré par Mucha. Je n'avais pas encore pris le temps d'en savoir plus, mais aujourd'hui, enfin, j'ai googlé... et j'ai trouvé ça :
Ojos de brujo

Cela s'avère être l'affiche du groupe en concert, l'album reprenant le même visuel recadré autour de ce cette forme en croissant ouvert vers le bas, tellement caractéristique de l'oeuvre de Mucha.

Je n'ai pas retrouvé les motifs à l'intérieur de ce croissant dans les créations de Mucha, peut-être sont-ils tirés d'une affiche peu connue, mais ils sembleraient plutôt inspirés de l'affiche "La Danse" que l'on voit ci-contre.

Un gros plan (pas propre) pour comparer :



Mise à jour du 4 mai - 19h : Merci à Jiyone pour son commentaire, en effet les motifs en haut et en bas sont repris de "Rêverie" :

samedi 3 mai 2008

Montparnasse 1900

Jeudi 1er mai, j'ai dîné au Montparnasse 1900, brasserie dont le nom suffit pour comprendre qu'elle se trouve quartier Montparnasse et qu'elle date des années 1900.

Inscrit à l'inventaire des Monument historiques en 1984, le lieu a été créée en 1858 et la décoration actuelle date de 1906 après son rachat par Édouard Chartier. Le bouillon Chartier en question devient en 1923 propriété de Rougeot, et ce jusqu'en 1977. Il fut ensuite tenu par Michel Oliver, sous le nom de Bistrot de la Gare. Il fait actuellement partie des restaurants Gérard Joulie, sous le nom Montparnasse 1900.

Comme nous ne sommes pas là pour parler cuisine, tournons-nous vers le décor.
La façade elle-même est d'époque, les encadrements des vitres reprenant les mêmes motifs que l'on verra à l'intérieur. Évidemment, le nom du restaurant utilise la police Boëcklin pour vous accueillir... il faut faire "Belle époque", hein ?
En entrant dans la grande salle où nous avons dîné - il y a une première petite salle à l'entrée -, je fus assez surpris par la "surcharge" des décors. Cette décoration pourrait semblait assez lourde, mais la grandeur de la salle aère tout cela, surplombée par une très belle verrière.



On retrouve les principaux éléments décoratifs caractéristiques de l'Art Nouveau français :
Tout d'abord les motifs floraux dans les céramiques et la verrière.
Les éléments en céramique sont signés Louis Trézel : motifs floraux ou paysages représentent peut-être des paysages de régions accessibles au départ de Montparnasse, tout comme les céramiques de chez Mollard, face à la Gare Saint-Lazare. Les styles sont très différents, je me demande donc si toutes les céramiques sont de Trézel. Car si les paysages évoquaient à François l'école de Pont-Aven, les décors en bas de murs sont plus géométriques, et les motifs floraux sur les murs autour des miroirs représentent de manière plus classique des volubilis et des mûres accrochées à des ronces grimpant le long d'une pergola.
 



Quant à la verrière, sa flore délicate dans des tons oscillant entre le rouge-brun et le jaune contraste avec de grandes fleurs blanches ou d'un bleu très pâle :


Deuxième élément incontournable de l'Art Nouveau local : des lignes ondulantes dans les encadrements des miroirs et vitres, ou plus discrètement les porte-manteaux ;


- Et enfin des personnages féminins dans les sculptures supportant certaines lampes.


Voilà, c'était une petite visite de cette brasserie au charme indéniable... J'ai aussi visité les toilettes, mais je n'y avais pas emmené mon appareil photo : Nathalie m'avait dit que cela était inutile. Et pourtant, les toilettes des hommes, porte de droite, ont un vasistas qui permet de voir de près un vitrail (côté verso) du même style que la verrière. Moralité : toujours emporter son appareil photo dans les toilettes.

jeudi 1 mai 2008

Gustav Adolf Mossa au Palais Lumière d'Evian

En feuilletant dans l'avion le magazine d'Air France la semaine dernière, une illustration m'interpela. Elle représentait un personnage étrange, des pavots lui bordant le visage, habillé d'une sorte de toge décoré de cranes et de fleurs, avec en second plan deux profils de femmes en deuil et en arrière-plan un vol de chauve-souris : cela avait quelques similitudes avec Aubrey Beardsley. Lisant le tout petit texte qui accompagnait l'image, j'appris que l'auteur était Gustav Adolf Mossa et que - je cite - "ses peintures, aquarelles et écrits nous entraînent au cœur de l'Art Nouveau, dont il fut le chantre le plus assidu". Le but de l'article était en fait de signaler une exposition sur l'artiste actuellement à Évian.

Après quelques recherches sur internet j'apprends donc que Mossa, né en 1883, fut un peintre symboliste des années 1903 - 1918, qui s'inspira surtout d'œuvres littéraires et des mythes bibliques ou grecs. Il devint ensuite notable, en particulier conservateur du musée Chéret à Nice où son œuvre fut cachée, avant d'être redécouverte dans les réserves après sa mort (en 1971).
Alors Mossa, chantre assidu de l'Art nouveau ? A priori la formule semble un peu exagérée. Mais il fut effectivement très influencé par les mouvements préraphaélites ou par l'Art nouveau. Le dépliant de l'exposition précise que l'on retrouve dans ses toiles des éléments provenant de Lalique, Guimard ou de Macintosh.

Le palais Lumière de la Ville d'Évian lui donc consacre une exposition depuis février, et elle se termine le 18 mai... Rendez-vous sur www.ville-evian.fr pour plus d'informations. Le Palais Lumière consacrera d'ailleurs une exposition sur Jules Chéret du 14 juin au 21 septembre 2008.

Télécharger le dépliant de l'exposition.

mercredi 30 avril 2008

Un tour chez un antiquaire...

Je continue de parler ici de mes vacances passées du 20 au 27 avril dernier dans le Salento... vacances pendant lesquelles nous sommes allés voir deux antiquaires.


L'un d'eux, qu'on qualifiera plutôt de "débarras poussiéreux" possédait des chaises en bois clair apparemment d'époque (sauf l'assise refaite à neuf)... mais peut-être me trompè-je complètement.
Il faut quand même savoir qu'ils vous glissent là-bas facilement un "Liberty" même si c'est années 30 voire 40, espérant berner le premier venu. C'est de bonne guerre...


Mais nous sommes surtout allés dans un immense magasin d'antiquités : Visconti, à Surano.
Au milieu des nombreux meubles de salons, salles à manger ou chambres, se trouvait une salle à manger d'époque assez "lourde" (que je n'ai pas photographiée dnas son sombre recoin), quelques détails de-ci de-là tels de jolis boutons de tiroir, une lampe Gallé (ben voyons...)

... et surtout un ensemble salon / salle à manger qui nous plaisait énormément :

Le charme de cet ensemble (complété de deux fauteuils que l'on n'a pas vus) venait tout d'abord de la table, étroite, dont les pieds en oblique était complétés par un élément de soutien arrondi qui rejoignait la table. Mais l'éléments principal était le canapé, avec miroir au-dessus du dossier et bordé de chaque côté d'une console avec vitrine et miroir. Le tout était décoré de très jolies plaques en laiton représentant des marguerites. On retrouvait ces mêmes plaques en laiton, en plus petit format, en haut des dossiers des chaises et sous le plateau de la table :


On en aurait eu besoin sur place on l'aurait acheté mais le plateau de la table était abîmé, les chaises étaient branlantes et il aurait fallu changer tous les tissus défraîchis et pas à notre goût. La console cassée à gauche sur la photo (sur laquelle était posée une sculpture affreuse) méritait réparation, mais le magasin pouvait s'en charger et en effet ils possédaient tous les morceaux.
On pouvait même se le faire livrer sur Paris (pour le prix global franchement ça valait le coup) mais il faut savoir raison garder.

mardi 29 avril 2008

Balcons du Salento

Les ferronneries industrielles de type Art Nouveau sont assez nombreuses, en France, sur les bâtiments de l'époque, mais on retrouve toujours un peu les mêmes, avec fleurs d'iris ou surtout feuilles de marronniers. On les a pour la plupart déjà aperçues sur ce blog.

J'ai remarqué à Lecce et à Corigliano trois balcons identiques, en plus ou moins bon état. Les voici :




Celui en meilleur état est sur la piazza San Nicola à Corigliano :


Le jeu, pendant mes prochaines vacances là-bas, va-t-il être de répertorier leurs jumeaux ?

dimanche 27 avril 2008

Corigliano d'Otranto

Me voici de retour de vacances... Pour ceux qui l'ignorent, j'étais dans le Salento, tout là-bas en bas du talon de la botte italienne, petit coin des Pouilles dont la ville principale est Lecce.
Résidant à Corigliano d'Otranto pour ces vacances (et pour les prochaines en août), je me suis un peu promené dans les rues, et comme dans de nombreux villes et villages du Salento on retrouve ici et là quelques détails de style Liberty disséminé sur les façades. J'avoue ne pas avoir tout photographié, surtout parce que j'en ai repérés alors que nous circulions en voiture. Mais cela me permettra d'avoir de nouvelles choses à montrer en septembre...

Voici donc un linteau dans le style "liberty" assez représentatif du style local, quelques éléments floraux et/ou géométriques se glissant dans une base décorative classique.

mercredi 16 avril 2008

Musée d'Agen - suite

Pour compléter le petit billet de la semaine dernière sur le musée d'Agen, voici la photo d'un Lachenal envoyé par un fidèle lecteur...

Edmond Lachenal - le père - et Raoul Lachenal - le fils - furent de très importants céramistes dont j'ignorais l'existence (je débute hein, je débute...). J'imagne que c'est Edmond l'auteur de ce vase.

En recherchant quelques informations sur ce nom, j'ai découvert le site ceramique1900 : profitez donc pour aller y faire un tour :
www.ceramique1900.com/

Attendons à présent les photos de Spicynico pour un troisième tour...


mardi 15 avril 2008

Poitou-Charentes : une région s'affiche

On m'a offert récemment le livre "Poitou-Charentes - une région s'affiche", d'Arthur et Jean-Michel Saizeau.

Comme le nom l'indique, cet ouvrage retrace l'histoire de l'affiche picto-charentaise. Paru fin 2007, il semble avoir pour origine le blog affiches.poitoucharentes dont les premiers articles datent de juin 2006.
On retrouve principalement des œuvres datant de la première moitié du 20ème siècle et les affiches des années 1900 présentées dans ces pages sont évidemment le reflet du graphisme l'époque. Et l'Art Nouveau a un peu sa place dans cet ouvrage, par la présence ou l'influence des graphistes les plus célèbres de l'époque, ou par quelques éléments décoratifs floraux ou ondulant.

Comme l'expliquent les auteurs dans l'avant-propos, l'ouvrage est né de leur amour pour ces supports mais aussi de leurs rencontres avec des collectionneurs, des experts, des archivistes, etc. De surcroît l'ouvrage aurait pu se limiter aux affiches du cognac - que l'on peut considérer comme le produit phare de la Région -, puisque l'on en répertorie en tout plus de 300, mais seules 50 d'entre elles ont été mises en avant dans la quatrième et dernière partie de l'ouvrage.

L'ouvrage est en effet découpé en 4 parties thématiques :

1. La part de l'eau.
J'en ai déjà parlé dans mes petits billets royannais : le tourisme s'est développé sur la côte dans la deuxième moitié du 19ème siècle, et surtout dans le dernier quart. Les chemins de fer de l'état sont d'ailleurs à l'origine d'un nombre très important d'affiches - comme ce fut le cas dans de la plupart des régions françaises à potentiel touristique. Royan, Fouras ou encore Rochefort était alors mise à l'honneur par des graphistes comme Champseix, Pal, Lacaze, Boudet ou encore Jacques Palyant qui signe l'affiche "Grande semaine de La Rochelle" où les volutes des vagues, des drapeaux ou des tissus pris dans le vent tranchent avec la rigidité de l'encart informatif.

2. La part de la terre :
L'intérieur des terres avait certes moins d'intérêt pour le touriste attiré par les bains de mer, mais en s'éloignant de la côte les affiches cherchaient à faire découvrir les beautés de la région. Là encore, les chemins de fer de l'état ont produit de nombreuses réclames où sont représentées Saintes, Poitiers ou la Marais Poitevin. Parmi les représentations au style un peu moderne, j'ai surtout noté celle pour les fêtes de charité de Melle, le 19 août 1900. Réalisée par Minos, elle me fait penser à l'affiche de la Revue Blanche de Bonnard.

3. La part de marché :
La région ne vivant bien sûr pas uniquement du tourisme, les affiches locales ont également eu comme objet la promotion des industries régionales (telles que l'industrie du papier en Charente ; cf. mon billet sur le musée du papier) mais aussi de petites entreprises. Jacques Abeillé, pour les biscuits Rouchier, entoure un personnage féminin de volutes, tout comme des graphistes anonymes pour la chapellerie Bruyas ou la lessive La Violette. Mais c'est l'affiche pour "Paris Niort", par Louis Hingres, qui sort définitivement du lot. L'affiche - un calendrier plus précisément - n'a probablement pas été créée pour le magasin de nouveautés de la rue Victor Hugo de Niort, puisque cette même affiche existe pour "Paris voltaire" et est en vente sur plusieurs sites web spécialisés.

4. La part des anges :
C'est en effet donné le nom poétique donné à la part d'eau de vie qui s'évapore et cette parri est donc consacrée au cognac.
Tiens tiens, une affiche Comandon serait donc attribuée à Mucha ? Je ne voudrais pas mettre en doute les écrits des auteurs (qui disent que le cadre décoratif est caractéristique du style de Mucha) et certains sites en disent autant, mais pas les deux livres que je possède sur l'auteur. Et je suis perplexe car on est très loin de son style.
Bref, je préfère en tout cas me fixer sur les affiches de Cappiello, qu'elles datent des années 1900 ou qu'elles soint plus bien tardives, mais également admirer ceux qu'il a semble-t-il inspirés (tels Stall, ou Stéphane pour le cognac Briand ) qui ne ce sont pas embarrassés, comme leur "maître", de toutes ces volutes et fanfreluches.
Cappiello a d'ailleurs réalisé en 1912 la plus connue des affiches pour le papier à cigarettes Le Nil, que l'on retrouve dans la 3ème partie.

Voilà... c'était une fois de plus une plongée dans les années 1900 de ma région d'origine.
Pour être le plus honnête possible, ce livre contient une ou deux coquilles (dont une en quatrième de couverture, Cappiello se retrouvant "figure de l'affiche au XIXème"). Mais je conseille fortement cet ouvrage d'une très grande qualité, où chaque illustration (et combien d'illustrations dans ces 140 pages !) est décrite et replacée dans son contexte...

Toutes les illustrations de ce billet ont été prises sur http://affiches.poitoucharentes.over-blog.com/

mercredi 9 avril 2008

Les réserves du musée d'Agen

Chickenbaby a visité lundi le musée d'Agen.

Ce lieu a récemment déménagé ses réserves pour enfin les exposer dignement. Parmi les œuvres à présent mises en valeur, on trouve quelques vases Art Nouveau...

Et comme Chickenbaby est très gentil, il a pensé à moi et il m'a envoyé des photos pour illustrer ses propos.
(SpicyNico, qui l'accompagnait, est lui aussi très gentil et il a lui aussi des photos pour moi, je dis parce que bon je voudrais vexer personne, hein...)



mardi 8 avril 2008

Mucha a donc son resto ?!

A l'issue de la conférence sur Charpentier et l'Art social, pour laquelle Nathalie et/ou moi ferons un billet (très ?) prochainement, nous sommes allés dîner à proximité du musée d'Orsay... au Mucha café.

Cette brasserie est un lieu assez cosy et agréable, les velours violacés sont très jolis, mais ne vous attendez pas à y trouver une ambiance Art Nouveau. Quelques imagettes de Mucha et des caractères "Boëcklin" à outrance ne font pas tout... Et ne me demandez pas mon avis sur la cuisine, on n'est pas là pour ça.

lundi 7 avril 2008

Saintes - rue des Jacobins

Ma courte promenade de samedi dernier dans les rues de Saintes avait pour but d'aller voir de plus près le Temple, construit en 1905-1906. En attendant un billet sur ce sujet, en passant rue des Jacobins, voici ce qu'on peut voir :

Saintes - boîtes au lettres - rue des Jacobins

dimanche 6 avril 2008

Saintes (Charente-Maritime) - Primerose

Si vous arrivez à Saintes depuis Cognac ou Saint-Jean-d'Angély, et que vous prenez le pont Aristide Briant, jetez un coup d'œil sur la gauche au début du pont. Vous pourrez y voir ceci :

Saintes - Primerose

La maison est très classique, j'ignore si elle date de l'époque, mais le léger ovale creusé en haut de porte et fenêtres, et surtout cette jolie petite plaque en céramique méritent bien un accueil sur ce blog.

lundi 31 mars 2008

Roma - piazza del Parlamento

Je n'ai pas eu le temps, ces derniers jours, de mettre en ligne le moindre billet. Mais en fouillant dans mes photos italiennes, j'ai trouvé deux photos d'un bâtiment de la piazza del Parlamento à Rome. Le bâtiment est des plus éclectique :
... Mais il arbore ici ou là quelques éléments floraux, tel que cette jolie frise qu'on peut admirer à hauteur du haut de la porte :

Je n'en sais pas plus sur le bâtiment, mais décidément Rome regorge de surprises...

mardi 25 mars 2008

Conférences gratuites à Orsay, à ne pas manquer !

Vous savez déjà grâce à ce blog qu’Orsay nous fait redécouvrir un artiste méconnu, Alexandre Charpentier, et ce jusqu’au 13 avril 2008.

Vous savez aussi que, le 10 mars, nous avons visité l’exposition dans des conditions exceptionnelles grâce au mateur de nouilles.

Mais vous ne savez peut-être pas encore qu’Orsay organise des conférences gratuites autour de Charpentier.

Donc, le lendemain de la visite, je suis retournée au musée pour la conférence : « Alexandre Charpentier, naturalisme et art nouveau » d’Emmanuelle Héran, conservateur au musée d’Orsay et commissaire de l’exposition.

Et je peux vous dire que c’était exceptionnel !
J’avais déjà assisté à une conférence d’Emmanuelle Héran à l’Ecole du Louvre et apprécié ses talents d’oratrice.
J’aime tout particulièrement sa simplicité, sa clarté, ses parallèles parfois osés entre Charpentier et Fernand Léger et surtout son sens du partage.

Tout au long de la conférence, elle distille de précieuses informations d’actualités.

On apprend qu’une exposition sur Victor Prouvé se prépare à Nancy, que le château d’Agde, construit entre 1898 et 1901, par Emmanuel Laurens, est entièrement décoré art nouveau et est actuellement en cours de restauration, qu’une frise de Charpentier (bas-relief des “Boulangers” - 1897) est visible au square Scipion dans le 5ème arrondissement - mais notre mateur de nouilles en avait déjà parlé - et qu'il faut rendre visite au discret musée Chéret à Nice.

Ces informations nous mettent l’eau à la bouche quant à de prochaines escapades…

Elle nous fait découvrir également les coulisses de l’exposition avec quelques photos du montage du billard : les quatres pieds se dévissent – Ikéa avant l’heure !

Mais revenons à notre sujet, et à cette rétrospective qui rassemble environ 180 œuvres, dont une grande partie est conservée au musée d’Orsay.

Brillante, la carrière de Charpentier est brève : son premier succès date du salon de 1883 (La Jeune Mère), mais il est véritablement lancé au début des années 1890 et crée sa dernière œuvre en 1905 (La Famille heureuse, disparue).

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il mélange les genres et les styles. Artiste protéiforme, il décline souvent ses œuvres en plusieurs combinaisons : grande plaque, petite plaque, carton d’invitation, sculpture… Il travaille toutes les techniques : grès, étain, bronze, argent, papier gaufré… C’est un touche-à-tout à qui tout réussi.

Et ce n'est pas tout, violoncelliste, la musique joue un rôle important dans son œuvre.

Dans la salle d’exposition consacrée à ce thème, vous trouverez le pupitre aux quatre nervures (visuel de l’affiche, du catalogue d’expo…) et un meuble composé de quatre casiers dont l'un d'entre eux présente le violoncelle de l’artiste - le chiffre quatre faisant référence au quatuor.

Charpentier côtoie les grands compositeurs de son époque. Il fait notamment la rencontre de Debussy en 1893, grâce aux mécènes les frères Fontaine.

Imprégné de références musicales, l'artiste les transpose dans son oeuvre aux titres évocateurs : « Fantaisie sur fond de violon » en est un exemple.

En 1896, il fonde le groupe L’Art dans Tout, et crée avec ses collaborateurs des ensembles décoratifs qui pour la plupart ont disparu ; sa célèbre salle à manger commandée par le banquier Adrien Bénard (le même qui confie à Guimard, en août 1899, le soin de concevoir de nouvelles entrées pour le métropolitain) a pu néanmoins être sauvée et remontée au musée d’Orsay.

Pour en savoir plus, je vous renvoie à la critique de Jean-David Jumeau-Lafond dans la Tribune de l’Art.

Ne manquez pas non plus la dernière conférence autour de Charpentier à Orsay le 8 avril à 18h30 : « Alexandre Charpentier, un artiste engagé pour l'art social » par Catherine Méneux, docteur en Histoire de l'art, à l'université Paris-IV Sorbonne.

Ah ! "L'Art dans Tout"... et si la devise d'Alexandre Charpentier était possible ?

lundi 24 mars 2008

Art nouveau à l’Hermitage

Lorsque j'ai été alertée par l'un de mes nombreux fils RSS de cette exposition art nouveau, j'ai immédiatement pensé que je ne pourrai pas y aller car Saint-Pétersbourg, çà fait un peu loin. Mais lorsque j'ai réalisé qu'il s'agissait de l'Hermitage à Amsterdam, j'étais aux anges car la visite devenait accessible. Surtout que l'arrivée du printemps s'accompagne souvent de petites escapades ! Alors direction Amsterdam pour une exposition qui rassemble quelques-unes des plus grandes œuvres russes et françaises de l'art nouveau. On y retrouvera les artistes Emile Gallé et les frères Daum jusqu’au 5 mai 2008. Ca ne vous dit pas ?

vendredi 21 mars 2008

La carte postale en Suisse au temps de l'Art Nouveau

Pour faire écho à l'exposition sur la carte postale photographique qui a lieu actuellement à l'Hôtel de Sully, un tour sur le web permet de compléter les informations sur les premières décennies d'usage de la carte postale.

Par exemple, la ville de la Chauds-de-Fonds, en Suisse, important centre d'Art Nouveau, a organisé du 7 mars 2006 au 28 janvier 2007 l'exposition "La carte postale en Suisse au temps de l'Art Nouveau"

On retrouve donc sur le site de la ville de La Chaux-de-Fonds une page web très complète sur l'histoire de la carte postale.

Première Correspondenz-Karte, considérée comme la première carte postale, en 1869. Première carte Suisse en 1871. Première carte postale publicitaire en France en 1873 pour La Belle Jardinière...
La carte postale se démocratise vraiment dans les années 1890, son développement allant de pair avec l'amélioration des techniques de reproduction et d'illustration. A Vienne, Milan, Londres ou Paris, un tel support à grande diffusion va alors intéresser les milieux artistiques (maisons d'éditions, revues telles que Jugend ou Cocorico), même s'il faut avouer que ces cartes illustrées furent alors minoritaires - 90% des cartes étaient photographiques. Les maîtres du graphisme Art Nouveau vont donc participer à l'engouement pour les cartes postales (Mucha, Moser, Chéret, Martini, Kirchner, pour n'en citer que quelques-uns) et les expositions et concours se multiplier.


Football Club de la Chaux-de-fondsEn Suisse (comme ailleurs), toutes ces petites pièces d'époque, disséminées et oubliées, sont aujourd'hui connues grâce aux collectionneurs, tels que Charles Ballif à La Neuveville et d’Armand Studer à La Chaux-de-Fonds. Mais La Chaux-de-Fonds a été un assez important centre de création par le biais de son école d'art. La page web se clôt donc par la présentation de quelques cartes suisses, où sapin et volutes s'entremêlent.

En réalité, la page web se termine par une présentation thématique de la carte postale Art Nouveau, mais faute d'un texte accompagnant ces dernières illustrations, voilà qui tombe un peu comme un joli cheveu dans une très bonne soupe. (Mais ne voyez pas derrière cette dernière phrase un avis négatif sur cette page : elle est très intéressante et très bien illustrée.)

Voilà, pour en lire un peu plus, rendez-vous sur http://cdf-mh.ne.ch

lundi 17 mars 2008

Musée du papier d'Angoulême

Lors de ma prochaine visite à Angoulême - loin d'être planifiée - je devrais peut-être aller au musée du Papier, dit "Le Nil".

En effet, ce lieu présente matériels et documents en relation directe ou indirecte avec la papeterie industrielle, depuis le début de cette aventure technique et artistique dans le courant du 19ème siècle.
Et évidemment, on y trouvera quelques pièces en relation avec l'Art Nouveau, comme le laisse entrevoir le site web du musée :


J'avais d'ailleurs déjà eu l'occasion d'évoquer brièvement ce lieu lorsque j'ai émis un petit billet au sujet du site web "Art nouveau en Poitou Charentes".


N'hésitez par à visiter le site : http://www.angouleme.fr/museep/... et à visiter aussi la jolie cité charentaise (où j'ai vécu 2 ans... mais dois-je rappeler qu'à l'époque je n'étais pas obnubilé par les années 1900).

PS. Si je peux me permettre, un musée avec une telle thématique pourrait peut-être s'offrir un autre graphisme pour son site web... Mais bon, on n'est pas là pour ça...

samedi 15 mars 2008

Art Nouveau Caps

Parmi les polices téléchargeables gratuitement sur le web, voici aujourd'hui "Art Nouveau Caps", par Dieter Steffmann, typographe fort prolifique.


Pour cette police de caractères, à mon goût, il y est allé un peu fort dans les tortillons et l'on atteint l'aspect "nouilles" tant moqué... Mais il faut de tout pour faire un blog, n'est-ce-pas ?

Allez... cliquez sur l'image, ou bien allez par ici !