Bari, capitale de la Région des Pouilles, souffre d'une assez mauvaise réputation : ce serait une ville dangereuse, où il faut éviter le centre historique, où les touristes ne doivent pas présenter le moindre objet de valeur (sac, collier, appareil photo, etc.). Les touristes le disent, les locaux aussi. Et alors ?

Alors, malgré cela et malgré les 200km de route, on avait quand même bien envie d'aller voir cette ville, F trépignant à l'idée de revoir la basilique et la cathédrale restaurées. Faisant fi des remarques, j'emmenai mon appareil photo et portai mes lunettes de soleil, ce qui fut fort judicieux car : nul être malfaisant ne nous agressa pour nous dérober quoi que ce soit, et de plus il fit un soleil de plomb (d'où le côté judicieux des lunettes). Nous subîmes certes quelques regards noirs, mais on ne vit pas à Paris sans être un peu blasé de l'attitude d'autrui.

En venant du Sud, c'est le lungomare (le front de mer) qui nous accueille avec ses immeubles musoliniens, aux statues colossales, aux fresques rendant hommage à la famille et au travail... et, tout au bout, l'ancien théâtre : une ruine. Il a (été) brûlé et attend toujours d'être reconstruit. Désolation...

Une fois garés (dans un parking payant et soit-disant surveillé), nous partons donc à la découverte de la città...

un château ?

Tout près de notre parking se trouve la basilique, gigantesque vaisseau de pierre blanche où repose Saint Nicolas. Sur l'extérieur très sobre, on s'amuse tout de même de la présence de deux éléphants. De l'intérieur, que dire ? Que dire du plafond éclatant de son or et de ses peintures, des arches gigantesques, de l'orgue immense ?

Dans la crypte, lieu oecuménique où repose donc Saint Nicolas, un office orthodoxe a lieu pendant notre visite. Nous faisant le plus discrets possible, nous assistons alors à cette messe bercée par la litanie des prières. Ce qui me frappent le plus ? Les femmes : leurs vêtements (un foulard recouvrait les cheveux de la plupart d'entre elles), leurs visages... elles sont probablement originaires des Balkans.

Retour ensuite dans le centre historique, où LE cliché de la ville italienne s'impose : le linge pendu aux fenêtres et balcons. D'après les dires de F, la ville est bien plus propre qu'avant. Mais ces villes aux façades colorées, même sales, gardent leur cachet malgré la crasse. La propreté, d'ailleurs, n'enlèverait-elle pas un peu d'âme à ce lieu ?

Nous arrivons ensuite à la Cathédrale. L'aspect extérieur est comparable à celui de la Basilique (même blancheur, mêmes arches) mais différent (partie ronde, clocher). A l'intérieur, la sobriété est plus de mise : le plafond est de bois. Restaurée récemment, les sièges, portes, confessionnaux au design moderne se fondent parfaitement dans le lieu. Une réussite.

Dans la crypte (assez clinquante : reliefs, dorures, toiles, etc.), point d'office, mais un groupe de soeurs en visite accompagnées d'un curé et d'un homme au polo fuschia ; on les retrouvera un peu plus tard aux grottes de Castellana

Sans carte, nous errons ensuite dans le centre historique, un peu par sens de la découverte, un peu par... mmm... errance. Qui a parlé de sens de l'orientation ?

Nous reprenons finalement la voiture (le four ?), avec dans l'idée de trouver une trattoria dans la partie moderne de la ville. Après avoir goûté aux joies des bouchons urbains, nous nous arrêtons sur l'artère face au théâtre (toujours en ruines depuis tout à l'heure) pour grignoter un morceau.

... Allez, on repart, les Grottes de Castellana et Alberobello nous attendent.