Lundi 28

Après un aller-retour à Lecce pour récupérer une unité centrale et un CD de Windows XP, on passe un bonne partie de la journée à se prendre la tête... Bah ! Il ne fait pas beau, alors...

Dimanche 27

Le ciel bleu du début de semaine n'est décidément plus de la partie. Fabio vient déjeuner et apporte avec lui un ordinateur... Mais ce n'est que le début des galères pour que tout fonctionne correctement et que F puisse travailler. Et à déjeuner, c'est encore orgiaque : je ne sais pas si mon estomac ne va pas bugger, lui aussi.

Un tour dans Corigliano. L'église n'est pas visitable - il y a une messe - mais les caves du château le sont... Et je tente encore de photographier le troisième âge local. Ce séjour pourrait donc s'intituler "L'usage de la photo de vacances".

Samedi 26

Le marché de Maglie de ce samedi matin correspond en fête aux foires de chez moi, et est vraiment très étendu pour une si petite ville. Le but de notre venue était de trouver un costume pour F, il sera surtout pour M de montrer qu'elle galope encore. Moi, dans ce genre d'endroit, j'aime flâner : c'est loupé pour cette fois. En plus, c'est dans une boutique que le costume sera trouvé. C'est aussi l'occasion de découvrir qu'ici les flics vérifient si vous avez un ticket de caisse pour prouver "l'honnêteté" du moindre achat... Quel pays étrange...

Pour la deuxième journée consécutive, nous allons à Lecce par le train de 14h37 qui part en réalité à 14h46. Le temps est couvert depuis ce matin, mais il reste agréable. Nous allons et venons dans les rues du cetnre historique, suivis un moment par un chien errant. En ce début d'après-midi, la ville est calme ; les boutiques n'ouvrent souvent qu'après 16h.

Santa Croce n'est plus en travaux cette année mais le château Carlo V est fermé... Si toute ville se visite le nez en l'air, je crois que Lecce le mérite encore plus, pour découvrir sous un balcon ou au-dessus d'une porte des détails baroques, des rondeurs souriantes, des terrasses qui font envie. Mais la plus belle surprise ne sera pas architecturale : ce sera un ficus gigantesque dans la cour du conservatoire.

Un caffè vraiment serré (à l'italienne, quoi) servi par une ragazza pas du tout aimable... et quelques tentatives pour prendre l'autochtone en photo, en général vieux, l'autochtone. Je me demande alors pourquoi. Pourquoi prendre les vieux en photo ? Peut-être parce qu'ils semblent porter sur eux, en eux, l'histoire locale. Peut-être aussi, de manière plus pragmatique, parce qu'ils bougent peu et qu'on a peu de chance de se faire repérer par leur vision déficiente. Et pourtant, les jeunes italien(ne)s, parfois fashion-vistim à outrance, mériterait bien un ou deux clichés.

Fabio nous rejoint piazza Sant'Oronzo et nous découvrons de nouveaux recoins, dont un si joli théâtre à l'italienne aux fauteuils si rouges. Et puis, ENCORE un coup des soldes : une paire de chaussures... et ENCORE un arrêt chez Natale.

Allez... repartons de cette ville où toutes nos envies prennent vie. Tiens, le train est ENCORE en retard.

Vendredi 25

Le temps est grisâtre aujourd'hui. Un tour au marché pour acheter du tissu. Le marché ? Des étals de bric-à-brac insensés, une ambiance bien locale grâce au dialecte... Nous allons aussi voir un lopin de terre qui appartient à F (ses racines italiennes sont donc aussi celles de pissenlit et d'oliviers).

Après déjeuner, nous prenons le train pour Lecce. Le train a du retard, et les habitués diront : "Evidemment". Toujours ces vieilles michelines, mais celle-ci me berce : je dors tout le long du trajet. Il pleut sur Lecce, et Edo nous attend à la stazione ; il doit nous prêtre un ordinateur. Le bureau d'Edo est dans un bordel incommensurable. Nous avons le temps d'en épier les moindres grains de poussière puisqu'on y passe une heure tandis qu'Edo se bat avec l'ordi en question... qui finalement ne fonctionnera pas.

Oublions ça et partons nous balader. Je profite en core des soldes avec un manteau noir... et contente aussi mon estomac avec un pasticcioto de chez Natale. Malgré le temps maussade, F, lui, prend une glace.

Jeudi 24

Auguri ! C'est l'anniversaire de Maria aujourd'hui. Beaucoup de visites ; je m'éclipse le plus possible, on évite ainsi les questions et mon niveau d'italien ne me permet pas de toute façon de participer aux conversations. La dernière visite sera celle d'Edo, qui vient pour le dîner.

Nous continuons un peu le jardinage entrepris les jours précédents, avec une pause pasta al forno pour le déjeuner. J'entrecoupe également ce travail terreux et herbeux par un peu de lecture. Je dévore ainsi L'usage de la photo, dernier ouvrage d'Annie Ernaux en collaboration avec Marc Marie. AE et MM y décrivent les photos prises de leurs vêtements laissés à terre et les souvenirs liés à cette époque : leur relation, le cancer d'AE... sans atermoiement, de manière clinique (sans vouloir faire de jeu de mots) et juste, surtout pour AE. "Je ne sais pas me servir de la langue du sentiment", dit-elle page 121.

Un tour, tout de même, au cimetière. Comme tous les cimetières italiens, il est constitué en majorité de caveaux familiaux, semblables à que ceux que l'on trouve en France. Mais ici les dimensions sont plus imposantes. C'est assez étrange car on frise parfois la mégalomanie post-mortem mais on y ressent peut-être plus que chez nous l'hommage rendu aux disparus et la force des liens familiaux.

Mercredi 23

Il fait encore plus beau qu'hier. On raconte au telegiornale qu'à Paris on se pèle...

Tandis que Cara jardine, je décore quelques enveloppes qui expédiront quelques cartes postales (quelques cartes postales seulement, j'ai pris la lourde décision d'en envoyer très peu). Je ne suis pas forcément satisfait du résultat, mais cela m'amuse... Et puis, il faut bien que me serve l'attirail de crayons et de feutres que j'ai ramené. Je termine également la lecture de Dans la vraie vie, d'Héléna Villovitch. L'auteur reprend les mêmes ficelles que dans ses précédents recueils, dans des nouvelles à la silhouette autobiographique et à l'oeil aiguisé. Si les ficelles sont peut-être un peu trop grosses, si on a comme un impression de déjà-lu, ce bouquin léger aux personnages attachants m'aura quand-même offert quelques éclats de rire.

Nous partons vers 15h. Vers l'Est... pour un moment qui mérite une page spéciale...

Au dîner, des pissenlits ravissent Maria et F ; les voilà en pleine forme pour jouer aux cartes toute la soirée.

Mardi 22

Le Carajardinier devrait faire attention : il s'est scié un bout de pouce ! Mais malgré la souffrance, il faut profiter du beau temps.

Nous allons donc à Lecce... Sur le chemin, nous allons à l'hypermarché Carrefour, retrouver un bout de la France qui s'exporte jusqu'au fin fond des Pouilles. Même architecture, mêmes rayons, mêmes produits, à part tout de même quelques spécialités. Je doute également que l'on trouve au rayon boucherie des supermarchés français des têtes d'agneau coupées en deux...

A Lecce, je profite des soldes en m'achetant un pull, un pantalon et une chemise pour 36 euros. Qui dit mieux ? Mais surtout, nous courons chez Natale pour manger un pasticcioto. La patronne nous reconnait, nous fait goûter deux ou trois petits gâteaux, et nous repartons la papille ravie. Nous profitons des si jolies rues de la si belle Lecce, et de la piazza del Duomo... vide.

Nous retrouvons ensuite Edo et trois de ses amis, dont l'un passionné de lyrique, prendra la tête au Cara... et à toute la tablée une fois au resto. On tend à l'exaspération, d'ailleurs le temps est à l'orage et nous nous abriterons plus tard dans un pub où les tifosi picolent en regardant la Juv' jouer contre le Real. Les bars et restos italiens étant dorénavant non-fumeurs, raison de plus pour ressortir et s'abriter dehors...

Lundi 21

Le premier petit-déjeuner italien permet de goûter le jus provenant des oranges du jardin, jardin que nous ne tardons pas à investir. Il fait beau, alors on fait un peu de jardinage, mais je passe surtout mon temps à prendre des photos...

L'après-midi, nous allons à Otranto. A cette saison, la plus orientale des villes italiennes est calme, très calme. Aucun touriste en vue, voilà qui change la perception d'une città engorgée en août. Un arrêt poissonnerie, un arrêt pour admirer le "Capo d'Otranto", et nous rentrons. Le soleil se couche tôt, là-bas...

Je me plonge ce lundi dans "Le dictionnaire du graphisme", qui date malheureusement de 1998. Indispensable, ce bouquin, indispensable... malgré les illustrations en noir et blanc, ce qui laisse pantois, pour un tel sujet.

Dimanche 20

Des préparatifs pour un voyage ne sont jamais clos. Alors, même quand on se lève en avance, on part quand même en retard. Nous partons donc, vers 9h30, un peu en retard, mais surtout fébriles, stessés, enthousiastes... et étourdis. Les bras autant chargés que l'esprit, nous oublions le PC portable et nous nous en rendrons compte beaucoup trop tard.

Direction chez Ginou pour laisser la voiture et les piafs, qui ont droit à des vacances à la campagne... Le timing est réussi : elle nous emmène à Roissy où l'attente s'avère raisonnable. Roissy est vraiment un endroit fascinant par son architecture, par son flux de personnes, par le brouaha étouffé, par son gigantisme et par l'espace qui règne malgré la foule.

Et puis l'avion décolle, et après l'éblouissement causé par la blancheur des nuages, c'est le spectacle qui m'éblouit. J'adooooooore survoler les nuages...

A Rome, l'escale nous permet juste de courir dans les couloir et de suivre une italienne habillée... à l'italienne. Grande chance (hi hi hi !) entre Rome et Brindisi, il y a le chanteur Albano dans l'avion. Cette fois, il fait nuit, et le spectacle est différent à travers le hublot : les lumières des villes, les éclairs au loin...

Et enfin, nous aterrissons à Brindisi à 18h30. Maria et son amie Uccia nous attendent. En voiture ! Direction Corigliano d'Otranto, pour 2 semaines salentines, pleines d'huile d'olive et de parties de cartes...

Samedi 19

Un lever trop matinal, la queue pour deux baguettes, un froid de canard, un stationnement qu'on croyait payant, on se caille, un Tof, une Nat, un poulet rôti, un cara crevé, un l'arno fatigué, une sieste, une valise bourrée d'interrogations (blouson ou imper ?), du dindonneau, un rhume qui pointe vraiment le bout de son nez (qui coule), un compte en banque déplumé et une rapide mise à jour de journal... Malheureusement, on n'a pas croisé la pintade du dessus aujourd'hui : j'aurais rajouté qu'elle cocotte.

Bon sinon, ça ne va pas du tout, ce prénom, faut changer ça... Non non non ça ne va pas, la future poulette des Natof ne s'appellera pas comme ça !!

Vendredi 18

Tout départ en vacances nécessite un peu d'organisation, et, pour ma part, un ratiboisage en règle. Aujourd'hui, c'est le coiffeur le plus proche de l'appartement, derrière sa devanture rose bonbon, qui s'est coltiné la déchevelurisation de ma nuque, deux heures après avoir fait subir le même sort à la Cara-tignasse. Un peu longue cette phrase, non ?

Il s'agissait ensuite de prévoir un peu d'occupation dans l'avion et sur place. Direction donc quelques librairies plus ou moins spécialisées. Celle de Beaubourg pour dégoter les utiles "Réussir un projet de site web" et "dictionnaire du graphisme", puis Mona Lisait pour "La honte" d'Annie Ernaux. 3 euros la honte, c'est pas cher pour un sentiment désagréable.

La librairie du quartier, joli bijou commercial au parquet luisant, n'avait malheureusement pas les autres ouvrages que je voulais m'offrir. A savoir : "L'usage de la photo", d'Annie Ernaux (encore elle !) et Marc Marie, et "Dans la vraie vie", le dernier bouquin d'Héléna Villovitch ; j'avais fortuitement découvert ce matin qu'il était paru sans que l'on m'ait prévenu. Me voilà donc, comme un nigaud, retournant dans le même quartier pour aller à la Fnache des Halles parce que, oui oui oui, afin d'être sûr d'assouvir ce besoin, je vais à la Fnache des Halles un vendredi soir : z'avez compris que c'était presque une question de survie pour moi d'avoir le dernier Villovitch dans la journée. Bon bref, on va pas passer des heures sur cette histoire de bouquin, en plus je fais vraiment des phrases trop longues aujourd'hui, alors j'ai fouiné dans les rayons de ce fichu magasin, j'ai réussi à me retenir d'acheter le DVD de Cat Power qui vient de paraître et puis j'ai acheté mes bouquins avec ce petit bouillonnement de cervelle qu'on ressent quand on achète deux livres qu'on est sûr d'aimer. Ouf...

Après ça, j'ai fait ma valise, c'était moins l'extase de cerveau, un peu de stress grignotant le ravissement causé par notre départ dominical et aéroporté. Benoist & Pablo nous ont appelé de l'aéroport : ils partent en Argentine. Fabienne est venue dîner : elle part demain en Thaïlande. Finalement, on a l'air "petits bras" avec notre escapade dans les Pouilles...

Jeudi 17

Vais-je renouveler mon abonnement aux Inrocks ? Vais-je leur refaire un chèque de 88 euros ? Avec la réception du numéro 481, la question est cruciale, puisque c'est le dernier. Je ne voulais pas renouveler la réception hebdomadaire de ce magazine, les compils offertes ne m'excitant plus autant, le programme télé m'étant peu utile, les critiques disques me laissant froid, les news du début étant en ligne sur le site web... et tout cela laissant en travers de la gorge ce chèque d'un montant non négligeable. Alors il y a 15 jours, j'étais formel : pas de réabonnement, mieux vaut dépenser cet argent ailleurs... voire même ne pas le dépenser. Et puis... Et puis la semaine dernière, j'ai dévoré les interviews de The Kills et d'Annie Ernaux. Et puis aujourd'hui mes yeux se sont grand ouverts en voyant Cat Power page 50 ou Françoiz Breut page 106. Alors ? Réabonnement ? Bah, les vacances porteront conseil... Oui ! Les vacances ! Dimanche, Alitalia nous emporte jusquà Corrigliano. Ce qui sous-entend : Le journal de l'Arno va prendre une pause de 2 semaines. Un peu de sevrage pour les fans...

Mercredi 16

Une autre canette aura osé pointer sa carcasse, belle et grasse, aujourd'hui. Le sort aura été plus dur pour elle que pour sa comparse de dimanche, puisqu'elle se sera fait remplir de farce à la tomate. Fait pas bon traîner par ici pour les volailles.

Nathalie expose. Plus précisément, elle exposera ses photos à la Maison du citoyen et de la vie associative de Fontenay-sous-bois, du 7 au 18 mars. J'ai l'honneur et la lourde tâche de lui mitonner pour l'occasion un petit site web. J'avais carte blanche, mais le blanc en question s'est retrouvé légèrement tâché du rougeoiement de ses cheveux... A voir donc sur ncaclard.free.fr.

Sinon on s'est enfin décidé à jeter le bouquet. Aimer la délicatesse des fleurs fanées, c'est très poétique. Mais il y a un moment où c'est très malodorant.

Mardi 15

Un tour chez Fabienne pour le déthésage de son salon et la déplacardisation de sa cuisine. Nous faisons ainsi connaissance avec son nouveau garage, dans un immeuble situé à quelques pas du sien. De quoi rendre jaloux le moindre propriétaire de Fiat 500. Manque de pot, nous n'avons pas un ingénieur en Génie Civil sous la main, sinon il aurait pu nous éclairer, dans ce sombre sous-sol, sur la construction de ce genre d'endroit et sur l'embarras géométrico-manoeuvral du propriétaire de voiture dite "familiale".

Lundi 14

Certains lecteurs végétariens et/ou à l'estomac fragile ont dû se demander hier comment nous avions pu nous goinfrer d'une canette à nous deux. Je les rassure : il en restait pour ce déjeuner de Saint Valentin. Ce jour des amoureux m'aura justement vu me pencher un peu sur "L'amour et la vie d'une femme" de Schumann, pour un projet à venir.
Seit ich ihn gesehen, glaub ich blind zu sein;
Wo ich hin nur blicke, seh ich ihn allein;
Wie im wachen Traume schebt sein Bild mir vor,
Taucht aus tiefstem Dunkel heller nur empor.

La Saint Valentin, d'ailleurs, jour où résonnent avec déraison de nombreux diminutifs : "mon minou", "mon lapinou", "mon chaton", "mon canard". Et ma canette ?

Dimanche 13

Si la dinde fait tous les jours entendre ses bruits de pas au-dessus de nos têtes, un autre volatille fit parler de lui dans notre douce demeure en ce jour du Seigneur : une canette. Cara eut en effet la bonne idée de se procurer chez le volailler un tel animal, guillotiné, déplumé et gras. Bien gras. Quelques doutes résidant dans le mode et le temps de cuisson de l'animal, j'appelai ma mère, incollable en termes de bêtes à plumes puisqu'elle mit au monde, il y a 30 ans, le poulet qui caquette ici chaque jour. Une fois terminée notre discussion au champ lexical chaud et gras, la bestiole fut enfournée dans une atmosphère qui allait lui réchauffer le croupion. Il faut dire que le temps était à la neige et à la grêle. Mais qu'importent ces détails météorologiques : il fallut ensuite faire preuve de patience. En effet, l'heure de cuisson s'écoula aussi lentement que le gras de la bête... Mais au final... vous savez quoi au final ? On s'en est foutu plein la panse !!! Plein les doigts aussi. Aaaahhh !!! Dans cette ambiance survoltée, j'ai même oublié de prendre une photo souvenir de l'animal. Allez... il reste un peu de viande sur la carcasse, j'vous en fais cadeau.

Samedi 12

Beaucoup de débats font la Une des journaux en ce moment. Quel avenir pour l'école ? Oui ou Non à la Constitution européenne ? Exclure ou pas Christian Vanneste de l'UMP pour ses propos homophobes ? L'Arno doit-il garder son chapeau ? Les prochaines vacances : au Togo ou en Irak ? Loi Fillon ou pas ? Mais tout cela, c'est peanuts à côté du débat crucial qui secoue le web : des poils ou pas de poils ?

Aucune histoire de poils, en revanche, au Tango. Juste des histoires de pas. Et de drogue. Oui : de drogue. Car derrière la chanson L'École est finie de Sheila, se cache un message plus que subliminal. La pauvre chanteuse en plein sevrage, n'y crie-t-elle pas : "l'alcool est finie... le cône est fini... la coke est finie... la colle est finie..." ?

Vendredi 11

Deux soeurs est un film coréen. Une jolie musique, un joli travelling de temps à autre, une photo qui m'a énormément plu, les couleurs vives se mariant parfaitement avec d'autre plus ternes. Et puis, au milieu d'un joli paysage : une jolie maison. Et tant de fleurs : sur les papiers peints, les rideaux, les draps, les gilets. C'est joli... mais malheureusement pour les protagonistes, c'est film d'horreur. La vie est mal faite, hein ?

Jeudi 10

D'abord, évidemment bien sûr comme de bien entendu : bonne fête à tous les l'Arno.

Et sinon ? Sinon un petit tour aux Editions Choudens histoire d'aller récupérer quelques kilos de partitions pour l'orchestre. C'est rue Mermoz. C'est bien calme la rue Mermoz, on n'y rencontre quasiment personne. J'y ai cependant néanmoins pourtant c'est dingue croisé une autochtone, dont les bottes, recouvertes d'une fourrure constituée de longs poils, lui remontaient jusqu'aux genoux. Manque de bol par malchance malheureusement , un officier de police était tout proche, et je n'ai pas osé prendre la jeune femme en photo. Ce que je regrette amèrement. Amèrement à Mermoz... Hi hi hi !

Un détour par Beaubourg, endroit divin où l'on ne fait jamais la queue pour poster son courrier. J'en profite pour acheter quelques (beaux) timbres qui viendront orner quelques (belles ?) enveloppes. A ce sujet, merci à Jacky pour son enveloppe reçue cette semaine...

Mercredi 9

Quand on aime les affiches, l'Art nouveau et le rock, on doit courir à l'expo qui a lieu jusqu'au 27 mars au Musée de la Publicité. Je m'y rends avec Nathalie, qui aime les affiches, qui aime beaucoup l'Art nouveau, et un peu le rock aussi... La caractéristique principale (et le problème) de ces affiches, ce sont les couleurs. Agressives, hallucinantes, criardes pour la plupart elles prennent souvent trop de place et font de l'ombre (c'est un comble pour des couleurs !) aux éléments graphiques, souvent splendides... Tous ces mélanges rendant même parfois le texte illisible. Mais c'est bien là toute l'âme passionante de l'art de cette époque. On en est bien loin aujourd'hui.

Profitant de notre présence dans ces lieux, nous allons également à l'expo "Le cas du sac". J'avais effectivement aperçu l'affiche. Mais bêtement, je n'y avais jeté qu'un oeil, au point de croire que cela signalait... l'ouverture d'un nouveau magasin. Ne rions pas. Et l'expo ? Des sacs. A main. Besace. Très vieux. Très moches. Très beaux. Trop Vuitton.

Bien entendu, avant de partir, je me fais une petite série d'autoportraits dans les toilettes du lieu... et nous bavons devant les rayons de la boutique. Des livres, des livres...

Pour info, le musée de la publicité, c'est 107 rue de Rivoli, aux Arts Décoratifs, qui s'appelait encore récemment l'UCAD. L'UCAD qui a vraiment foiré son lifting : qui a pondu un logo pareil ?? Je n'ose même pas parler de leur site web. Aucune recherche graphique. Aucune. Que dalle. Nib. Rien.

Un petit tour ensuite au Palais Royal, pour boire un chocolat chez Muscade. Ce n'est pas la saison des milk-shakes, alors Nathalie se rabat sur le même choix que moi : un chocolat à l'ancienne, avec du chocolat fondu. Beaucoup de chocolat fondu. Peut-être un peu trop, non ? Ouh la la, c'est un peu écoeurant.

Mardi 8

Cette journée est marron. Comme la viande grillée du kebab, comme le carrelage de la cuisine, comme la tâche qui reste au bout d'une manche, comme la garniture du pain au chocolat, comme les noyaux des olives de la sauce du poulet et surtout comme la veste dégotée aux fripes. Une trois-quart. Une affaire. Un coup de foudre. Un coup de bol : la bonne taille. Un poil trop grande ? Mais non, regardez, avec un pull en dessous c'est parfait. C'est demi-saison de toute façon, ce genre de veste, non ? Alors j'mettrai un pull.

Pas marron mais marrant, ce disque intitulé "Un vague extrêment précis". Sur cet enregistrement datant de 1985, Delphine Seyrig et Sami Frey lisent du Marguerite Duras tandis que Carlos D'Alessio pianote. Ca fait branchouille, hein ? C'est en effet assez branchouille. Certains morceaux sont donc zappables, mais certains textes sont très beaux. Et ce qu'il ne faut pas manquer, c'est "La soupe au poireau", un texte qui parle  vous l'aurez compris, de la soupe au poireau. Poireau / pomme-de-terre bien sûr. Complètement décalé et vraiment drôle. Enfin bon, moi ça m'fait rire...

Lundi 7

Une belle-mère et un coiffeur à domicile, de la choucroute, une courroie de distribution qui lâche, une fesse sur le siège et l'autre dans le vide, un lancer de trombone, un reste de soupe et de la daube. Non, pas de la daube au dîner : de la daube en DVD. Nous osons louer Van Helsing, avec l'infîme conviction que ce film de vampires va être vraiment nul. Et en effet, heureusement que j'aime les combats invraisemblables de monstres et le côté kitschouille de ce genre de cinoche parce que oui : c'est vraiment nul. Le gloubiboulga kitscho-gothico-sexuel des histoires de vampires atteint ici son paroxysme. On pourrait passer des heures à décortiquer ce truc, mais signalons simplement un casting hors du commun pour remplir le scénario :
- Dracula, qui n'effraierait même pas un enfant de 2 ans,
- les trois femmes de Dracula, encore plus insupportables que d'habitude à pleurnicher et chouiner,
- un justicier semblant venir du far-west,
- un moine décoloré,
- une héroïne qui court comme une vieille jument pleine d'arthrose,
- un Mister Hyde matiné de Quasimodo et de Hulk perché en haut de Notre-Dame,
- un Frankenstein sous LSD,
- des Loups-Garous qui ont la chance d'être dans un film où il y a une pleine lune tous les deux jours,
- des Gremlins volants (inspirés des gargouilles ?)...

Dimanche 6

Petit cours de rock à domicile. Petit calcul... Cela fait 12 ans que j'ai pris des cours. 12 ans ! Pfff... Ca ne nous rajeunit pas c't'affaire. Mais c'est un peu comme le vélo, ça ne s'oublie pas vraiment. C'est en fait mieux que le vélo : si on se trompe, on ne tombe pas.

Dévédé-visionnage de Ocean's Eleven. Je suis très bon public pour ce genre de film à suspense avec braquage et costards bien coupés, j'ai donc trouvé cela très bien. Certains points sont un peu difficiles à gober, mais l'humour, les acteurs et la réalisation nous font tout avaler. En voyant cette histoire de casino, je pensais évidemment à "Mélodie en sous-sol", petit bijou bien taillé de 1953. Mais cela me faisait penser à autre chose. Et soudain, en rédigeant ces lignes, ça me saute aux neurones : cette brochette de gugusses, c'est l'Agence tout risque !

Samedi 5

J'apprends que l'homme à la veste moutarde sévit aussi devant la glace de l'opticien voisin des Natof. C'est incroyable. Non, pas trop incroyable, mais on peut se demander s'il se limite aux extrémités de la rue des Pyrénées, cet homme ambulant.

Ambulant ? Comme le château du dernier film de Hayao Miyazaki. Je n'avais jamais vu de long métrage de ce maître du cinéma d'animation japonais contemporain. De lui ni d'aucun autre d'ailleurs. J'avais pourtant été tenté à plusieurs reprises mais... mais... mais j'étais resté chez moi. Séance de 11h pour Le Château Ambulant. Une petite frayeur en ne retrouvant plus les places avant de partir, une petite nausée en sentant l'odeur du pop-corn une fois assis dans le fauteuil rouge... Mais dès les premières images, c'est comme la madeleine de Proust. Combien d'heures pour le petit Arnaud, rivé devant le téléviseur, à regarder des dessins-animés japonais ? Une fois l'adolescence passée, j'étais passé à d'autres distractions visuelles, laissant dans un coin de ma mémoire Albator, Goldorak, Cobra, Dragon Ball... Depuis, rien n'a vraiment changé graphiquement, et malgré ma réticence concernant les contes de fées et autres histoires de sorcières, ce film m'a bien plu. C'est p'têt' un peu longuet sur la fin à mon goût, avec plein de bons sentiments et de petites fleurs, mais c'est tout de même bien amusant. Voilà voilà...

Après le reste de la journée passé à emmagasiner de l'énergie (sieste + pâtes), nous partons en fin de soirée en direction de la Salle Wagram pour être, dès l'ouverture, au Carnaval Interlope.

C'est quoi donc le Carnaval Interlope ? Ce carnaval réunit des centaines de participants déguisés ou non. Il reprend la tradition du Carnaval Interlope des années folles. Il se tenait au Magic City, haut lieu gay et lesbien lancé en 1922 près du pont de l'Alma. Seul moment de l'année ou le travestissement n'était pas un délit, cette soirée attirait le Tout-Paris, venu s'encanailler et admirer le concours de costumes.
Les danses à deux (tango, valse, rock, danses latines...) y sont à l honneur, mais les madisons, danses en ligne, le disco et les variétés françaises font aussi partie de la fête.

Et nous ? Déguisés ? Non. Mais amusés : oui ! Il faut voir ça, et n'étant pas le Zola du web, je ne décrirai pas ici les couleurs, les sourires, la folie, la joie, le lieu, les plumes et les paillettes, l'exubérance qui pourrait même être quelques degrés au-dessus. Bref, j'aurai un peu dansé (j'espère mieux faire l'an prochain), pas mal regardé voire admiré les danseurs et les costumes, beaucoup photographié (pour obtenir beaucoup de flous non artistiques) et un peu blablaté avec les copains. J'aurai même croisé Grégory et Jacky... et aperçu de loin mon ex-futur remplaçant de colocation qui par bonheur ne m'aura pas vu : j'aurai donc évité de me retrouver dans un soap-opéra de mauvaise facture.

... Et à 4h, nous quittons les lieux, les pieds rêvant de repos mais n'ayant pas trop souffert dans mes nouvelles chaussures si belles et qui vont si bien avec mon beau pantalon italien.

Vendredi 4

Le Cara-grosse-flemme aura passé ce vendredi à répéter «J'ai envie d'rien fout'». Il aura tout de même réussi à corriger quelques copies, cuisiner un sympathique dîner, perdre à la scuba et m'écraser au triomino. C'est déjà pas si mal...

Moi j'aurai réussi à mettre le point de colle final à quelques enveloppes. C'est déjà pas si mal...

 

Jeudi 3

Le chef de Carrefour s'en va. On aurait alors envie de faire plein de jeux de mots : il a loupé le carrefour, il est sorti de la route, il a pris un virage à 180°, il a bouffé le terre-plein... voire le bitume. On pourrait même le recouvrir de goudron et de plumes. Mais non, mais non, on n'osera pas faire des jeux de mots.

J'ai bien travaillé ce jeudi, suite à la découverte de l'offre dont je parle un vingtaine de lignes plus bas. J'ai bien rédigé ma lettre, bien lu et relu l'offre, bien vu un conseiller ANPE (une fois n'est pas coutume), bien rajouté des infos sur mon CV en ligne, bien corrigé ma lettre, bien été motivé par le profil qui me correspondait bien, bien rempli ma journée de quelques autres activités nécessaires... Mais au moment d'aller sur la page web qui permettait de postuler, à 0h16... l'offre n'était plus disponible. Aaaaaaahhhh (ça c'est un cri de rage, je précise). Pour mes lecteurs inquiets : il restait une bouée de sauvetage. Mais sera-t-elle utile ?

Existe-t-il des statistiques sur les chômeurs cardiaques ?

Mercredi 2

Il y a depuis quelques jours un homme à la veste jaune moutarde qui se regarde souvent dans la glace de l'immeuble d'en face. Je ne l'aurais peut-être jamais remarqué si, de temps en temps, il ne se mettait à pousser des cris. La première fois que je l'ai entendu, j'ai cherché par curiosité la source des cris, et je l'ai vu en bas faisant des gestes étranges : il avançait penché, hurlant, faisant des gestes saccadés avec les bras, comme s'il repoussait un animal. Quand il arrête ses mouvements assez violents et inquiétants, il se regarde donc dans la glace, et il semble s'épiler les poils du nez, peut-être se maquiller, se scruter les comédons... Ce genre de personnage, qui semble vivre dans un autre monde, a tendance à autant m'attendrir que m'inquiéter. Qui sont-ils ? Où vont-ils ? D'où viennent-ils ? Que vivent-ils ? Cela me fait penser à cette femme que je croisais souvent à La Rochelle, et qui hurlait dans la rue comme dans le bus, comme si elle engueulait quelqu'un en face d'elle. Mais là, de ma fenêtre de chambre, je peux regarder cet homme à la veste jaune moutarde. Ca tombe bien, j'ai toujours aimé regarder les gens par la fenêtre.

...Mais je n'y passe pas des heures carrées non plus. Je tiens également parfaitement mon rôle d'homme au foyer. C'est le cas ce matin, en rangeant soigneusement la salle à manger avant le déjeuner professionnel du carachef. Ayant ressorti la veille mon attirail d'art-postal, la table s'était retrouvée envahie par de multiples dossiers, pochettes, magazines entaillés, tubes de colle, plumes, feuilles séchées... L'homme au foyer voit donc ses activités culturelles menacées ! C'est un scandale !

Mais le soir, après avoir découvert une offre d'emploi très intéressante, la table se voit recouverte de documents autrement plus sérieux et qui rappellent à l'homme en question pourquoi il est au foyer.

Mardi 1er

Après un resplendissant déjeuner composé d'un duo jambon-farfalle, diverses recherches m'entraînent vers la Cité des Sciences. Quelques lectures courtes et vaines à la Cité des Métiers, quelques blablas avec d'anciens collègues, un pseudo expresso et pour terminer un plongeon dans le calme de la Médiathèque et dans de vieux numéros d'Etapes, de Novum (le cousin germanique d'Etapes) et de Print (le cousin anglais). Ces magazines sont vraiment un plaisir pour mes petits yeux, cachés derrière mes carreaux, et mon petit cerveau caché sous d'autres carreaux : ceux de mon chapeau.

Yeux et cerveau auront d'ailleurs fonctionné à plein tube pour le carabrico et moi, afin d'essayer de réparer l'imprimante. En vain.

Tiens, et puis je fais un petit coucou à l'ex-québécoise et néo-perpignanaise, puisque j'ai appris qu'elle lisait ce journal. Ca va faire des jaloux c't'affaire.