Jeudi 31

J'avais préparé mes petits calculs, mes petits euros de salaires, mes petits euros d'allocation chômage, mes pauvres heures de travail, ma petite déduction pour don, ma petite croix pour le téléviseur que je n'ai pas. Alors assis sur les marches du centre des impôts, après avoir récupéré une déclaration vierge, j'ai tout bien rempli, et je l'ai glissée dans leur boîte spéciale, ma déclaration bien remplie... Zou... Car pour des raisons indépendantes de ma volonté, je ne suis pas dans la possibilité de déclarer mes revenus via le web...

Nathalie a-t-elle déclaré ses revenus par Internet ? Je ne sais pas. En tous les cas, elle était là vers 13h20 pour déjeuner, regarder quelques photos, mettre son site à jour, aller aux fripes d'en face, et boire un thé. C'est tout ? Ah non, ce n'est pas tout : elle m'a aussi offert le livre sur le travail de Michal Batory. Ce n'est pas tout... Et ce n'est pas rien !

Mercredi 30

La voiture cabossée, laissée hier soir à Rueil-Malmaison, nous oblige à aller voir le garagiste. Dans un garage à Rueil, oui oui, car Sylvain y travaille. Sylvain ? Ben... C'est le frère du mari de ma soeur, évidemment ! Et ça faisait un baïl que je ne l'avais pas vu... Mais on n'est pas là pour évoquer les souvenirs. On est là parce que la voiture a mal aux dents... Il semblerait même que le mal aux dents soit transmissible au propriétaire de la voiture.

A propos de douleurs, dépêchons-nous d'aller chez la kiné. Sale moment pour moi quand elle met l'appareil électronique en phase "décontraction". Décontraction tu parles ! J'ai l'impression d'être une grenouille de laboratoire traversée par un courant électrique. Pardon ? Ah oui : je suis bel et bien un crapaud traversé par un courant électrique. Et dans chaque cuisse en plus.

Dernier jour d'exposition de Gilles Bruno, alors direction le métro Chateau-Rouge et la rue Ramey. Gilles n'est pas là. Dommage. Vraiment. Mais il y a quand même ses photos. Ses photos que j'aime tant. Vraiment. Vraiment vraiment. Les couleurs. Les regards. Les lumières des villes...

La photo du jour, justement, c'est ce charriot de supermarché dans un camion-poubelles. On pourrait commenter longtemps cette vision, partir sur une critique de la société de consommation et voir dans ce cliché un juste retour des choses, une boucle bouclée. Allez... Je vous laisse faire vos commentaires : moi, je vais aux impôts.

Mardi 29

Aaaaahhhhhhh ! Ca y est !!! Le Tof m'appelle pour m'annoncer que le nat-oeuf a été pondu. 51 cm. 3,6 kg. Un beau bébé d'après les statistiques mais aussi d'après les photos envoyées par Tof. Vite, vite, je me dépêche d'aller à la Maternité, c'est un peu la course aujourd'hui, vite il faut que je passe acheter un cadeau, oh la la j'ai envie de tout acheter... Bon ben voilà. Les deux mamies et le papy Ray sont là. Et elle est là, elle s'appelle Lisa-Marie, elle est dans les bras de la Nat. Elle regarde mon pull à rayures et mes lunettes... Va falloir t'y faire ma cocotte, je suis tonton l'Arno.

Et pourtant il y aurait plein d'autres choses à dire sur cette journée tumultueuse. Mais bon... Est-ce aussi important que ce petit poing fermé ?

Lundi 28

Quelques gouttes sur l'herbe. Mais la rosée ne suffit pas et bientôt les restrictions d'eau tomberont. Déjà. Nous ne sommes qu'en mars. Finalement, ma mère va pouvoir planter un olivier : il s'y fera, au climat du coin.

Et puis voilà, il est fini ce doux moment chez papa-maman. Il faut repartir. Ne pas oublier de glisser dans le coffre mes vieilles haltères qui ici prennent la poussière et qui, à la maison... mmm... ne la prendront pas si je suis courageux.

Dimanche 27

La pluie retient les oeufs, cloches, et autres chocolateries à l'intérieur de la maison. L'appel de l'estomac et le plaisir de jouer aux cartes nous retiennent également à l'intérieur. Belote, belote, belote, le Cara n'a que ce mot à la bouche depuis notre arrivée...

Samedi 26

Mme Météo s'est trompé dans ces prévisions. Nous ne nous en plaindrons pas, afin de prendre l'air, le chemin des bois, et le temps de jardiner.

... Jusqu'à ce qu'il pleuve.

Vendredi 25

Ouf. Il y a des circonstances qui font que certains départs en week-end se voient affublés d'un ouf de soulagement plus gros qu'à l'habitude. Un autre gros ouf sera poussé, accompagné d'un aaahh et de diverses onomatopées joyeuses et décompressantes, à l'arrivée chez mes parent, à 13h.

Un petit saut à Royan, histoire de voir la mer, les vagues, et tout ces éléments maritimes qui manquent à Paris et qui me poussent toujours à mitrailler... C'est la seule fois où nous utiliserons la voiture : on ne va pas risquer un accident, hein ?

Jeudi 24

Le verdict du garagiste... n'aura pas vu le jour. Nous avons récupéré les clefs de la cinquecento en fin de journée avant même qu'il ait eu un neurone libre pour s'occuper de notre petit bout de tôle noire. Et nous partirons en vacances grâce à SOS-Jteprêtemacaisse, association gérée d'une main tendue par nos amis remplissant deux conditions : avoir une voiture et ne pas être dans une expectative pré-partum. Ouf... A l'heure où je rédige ces lignes, j'ai tout de même quelques symptômes comparables à ceux d'une appendicite et j'ai un peu peur.

M'enfin, la vie est parfois moins bourrée de rebondissements, et je suis allé à la Sécu. J'ai eu le numéro 152. Aaahh un truc banal, ça fait du bien.

Et puis il a plu, avec un très beau ciel, après la pluie, qui est passé par plein de couleurs différentes. Alors j'ai pris plein de photos différentes. Aaaahhh ! Un autre truc banal ! Et puis on a mangé du saumon fumé avec une salade. Et puis je n'ai pas trouvé d'offre d'emploi intéressante. Et puis je me suis promené avec plaisir dans le quartier. Et puis à midi j'ai mangé des pâtes au thon. Et puis voilà. Finalement la banalité, ça peut remplir un journal...

Mercredi 23

Ca ne fait pas encore la une de Libé, mais on reparle des genoux de l'Arno. Ceux-ci ont enfin vu un vrai spécialiste aujourd'hui. Non, pas un genoulogue, mais un kiné. Une kiné, pardon. Elle a diagnostiqué un syndrôme rotulien, mais ça mérite confirmation après plusieurs séances de tortures. Moi qui suis raide comme un passe-lacet, c'est pas la fête du slip...

Peut-être plus douloureux que mes genoux : le sort fait à notre voiture. La voilà au garage après un accrochage, le ventilateur coincé... coincé comme nous risquons de l'être au lieu de partir en week-end. Dépités nous sommes. Verdict jeudi soir.

Discrète intervention sur ce site : l'icône dans la barre d'adresse. Si vous naviguez avec Internet Explorer, vous ne la voyez pas, raison de plus pour conseiller l'utilisation de Mozilla Firefox pour lire ce journal. Enfin bon, je ne sais pas si je conseille de voir l'icône en question, parce que dessiner un bidule de 16 pixels de large, c'est pas drôlissime...

Mardi 22

C'est la journée mondiale de l'eau. Alors j'éclabousse encore plus les contours de l'évier en faisant la vaisselle, puis je plonge sur apec.fr pour mettre mon CV àjour, avant de patauger un peu pour la mise en page de mes enveloppes... J'essaie ensuite de lier cette journée avec ce champ lexical humide voire aqueux, mais je me noie...

Lundi 21

Ebouriffé. L'un des deux piafs était ébouriffé ce matin. Ce n'est pas bon signe pour un piaf exotique. En plus, il était complètement inerte, posé sur sa branche. Il a tout de même bougé quand j'ai suspendu une branche de millet rouge - ils adorent le millet rouge. Il s'est envolé et il a essayé de s'y accrocher pour en manger... Mais il n'a pas tenu et il est tombé. Que faire ? Je l'ai attrapé, et lui ai collé le bec dans de l'eau vitaminée, puis dans du millet rouge - ils adorent le millet rouge, vous ne le saviez pas ? Mais rien n'y faisait. Il ne voulait rien de tout cela. Alors ? Alors je l'ai remis dans la cage, au fond de laquelle il n'a plus bougé. J'imaginais le retrouver mort peu de temps après. Et puis, après avoir joué au vétérinaire, j'ai joué à l'ornithologue, étudiant l'attitude de l'autre oiseau, ses sortes d'appels désespérés pour que le malade remonte sur sa branche, son désintérêt soudain pour le millet rouge... J'aurais été une femme enceinte, j'aurais pleuré, submergé par l'émotion. Et je ne dis pas ça sans preuve : une future maman de mon entourage, qui tient probablement à garder l'anonymat, pleure devant sa télé en regardant les mamans poulpes nettoyer leurs oeufs. J'vous jure qu'c'est vrai !

Mais à 20h14, heure à laquelle je rédige cette ligne, il a l'air d'aller beaucoup mieux. Ouf... Les revoilà tous les deux sur leur petite balançoire, prêts à s'endormir l'un contre l'autre. J'aurais été enceinte j'aurais encore pleuré.

Dimanche 20

On était parti relativement tôt ce dimanche pour aller jardiner chez Ginou. Pour jardiner, se dépenser, tailler des branches, prendre l'air et le soleil... Jardiner le dimanche des Rameaux, cela pouvait peut-être même avoir du sens, mais on n'avait pas jeté le moindre coup d'oeil au calendrier.

Mais le travail que l'on a entrepris, à savoir couper le résineux placé devant la maison, a demandé beaucoup de temps et d'énergie. Trop de temps en tous les cas pour pour se rendre au vernissage de Gilles.

Car Gilles Bruno expose 36 rue Ramey jusqu'au 30 mars... courez-y, c'est forcément très bien.

Samedi 19

La plante avait des fleurs blanches, mais je ne me rappelle plus son nom. Il me semble ça commence par un C, mais après ? Décidément, je suis assez nul en botanique. J'aurais dû amener des gâteaux à ce goû-thé organisé chez Pa, ou lui offrir un livre : ma mémoire ne m'aurait pas joué des tours. Ou alors, si j'avais su, j'aurais apporté des clous : le maintien de son multi-photophores mural a occasionné bien des interrogations...

Vendredi 18

Pauvre Benoist. Il s'est retrouvé bien déconfi quand il a découvert que son thé-citron serait extrait d'un sachet aux extraits chimiques achetés dans une supérette discount. Il s'était, quelques minutes auparavant, interrogé sur l'existence du demi-citron, boisson que j'avais choisie à la terrasse de ce café de Belleville. Le sirop de citron a pour qualité de masquer le mauvais goût des bières bas-de-gamme servi dans les troquets. Mais le mauvais sirop de citron, provenant probablement de la même supérette discount, n'arrangeait finalement rien à l'affaire.

Pauvre Liz Taylor. Son beau-frère est un grand nigaud qui miroite l'héritage, sa belle-soeur est une véritable garce, ses neveux et nièces sont d'insupportables monstres sans cou, son beau-père est un ours et surtout son mari... ne joue pas comme il devrait son rôle conjugual. C'est qu'elle le trouve fichtrement beau avec ses beaux yeux très clairs dans lesquels passent des éclairs quand au ciel passent des orages. Mais lui, lui... il serait un peu... comment dire... du genre à dormir sur le divan... et désespéré par la mort de son meilleur ami. Le genre d'homme dont les sentiments amoureux sont remplacés par des points de suspensions dans les conversations gênées. Bref. Liz Taylor, cette chatte sur un toit brûlant, se tue à vouloir mettre à jour une dissimulation, parmi toutes celles qui hantent cette famille. Dissimulations des envies, des jalousies, des sentiments... et des corps, qui ne s'exhibent ici que quand les esprits se dévoilent. Enfin bon... tout ça pour dire que j'adore ce film.

Jeudi 17

14h30. Plus de yaourts dans le frigo. Cela a fait défaut au petit-déjeuner de ce matin. Il faut donc aller faire des courses : je descends les trois étages, jète les détritus dans les poubelles, prends le courrier, blablate un peu avec le concierge dont la dentition aurait pu inspirer les Misérables, ouvre les deux portes qui séparent l'escalier de l'extérieur, traverse la rue, tourne à gauche, remonte la rue du Jourdain, jète un oeil aux cartes postales puis aux fleurs sur le trottoir... Mais, une fois face à l'église du Jourdain, je décide de tourner à gauche. Ca me prend, comme ça, au lieu d'aller dans la direction prévue au départ. Puis je tourne à droite. Me voici rue de la Villette, rue calme d'un coin tranquille aux volets colorés, où je flâne. Tout au bout de la rue, c'est le parc des Buttes-Chaumont. J'y entre, et là aussi je flâne, m'arrêtant ou m'asseyant ça et là pour pouvoir prendre discrètement quelques photos de chiens, de vieux, d'inconnus vautrés dans l'herbe...

16h20. Il y a quatre yaourts nature dans le frigo : je suis tout de même passé par la supérette au retour du parc. Puis par la boulangerie. Entre les deux, j'ai vu de très près l'homme à la veste à carreaux se tailler les poils de barbe. Je n'ai pas osé le prendre en photo.

19h10. Cara a le gros orteil du pied gauche brûlé par les brocolis plongés dans l'eau bouillante vers 18h50 et tombés à côté de l'assiette au moment de servir. En écrivant ça, je me rends que non seulement je suis extrêmement maladroit et que le Cara souffre à cause de moi, mais en plus, les brocolis étaient probablement trop cuits : 20 minutes dans l'eau bouillante, c'est trop.

Mercredi 16

Parmi les divers bidouillages de ce mercredi, une petite mise à jour de ma rubrique Art postal. Mais toujours pas de poste de gribouilleur sur enveloppe à l'ANPE. Et les commissaires européens, ils en font de l'art postal ? Ils devraient, non ? Parce que franchement, ça nous changerait la vie s'ils nous envoyaient leurs idées de directive pourrie dans des jolies enveloppes.

Après ma petite mission du matin - à savoir des petites impressions de très bonne qualité chez CopyTruc - j'ai eu l'impression (de très bonne qualité) qu'il faisait vraiment beau, que c'était génial, que j'aurais presque pu sortir sans chaussettes, qu'au moins le chômage ça me permettait de remonter tranquillement la rue des Pyrénées, peu engorgée de circulation aujourd'hui, et de faire les vitrines, sans les franchir parce que de toute façon j'ai pas le droit de dépenser de l'argent inutilement. Un panneau de la Ville m'a même appris que l'air était de qualité moyenne et puis les infos m'avaient déjà prévenu que les neiges éternelles ne le seraient bientôt plus. Il fait vraiment beau, mais... c'est pas une bonne nouvelle je crois.

Mardi 15

Les températures printanières reviennent en même temps que les parisiens sur les pelouses et les bancs publics du Parc de Belleville, et sur les quais du Canal St Martin. Sur les autres quais aussi, j'imagine. Sur celui de Valmy, en tous les cas, j'ai glissé ma pâle silhouette derrière la façade rose d'Artazart. Pour y trouver Etapes:, bien sûr. Pour y trouver aussi un bouquin géééniâââl bourré d'ornements graphiques. Et pour découvrir que le magazine Images était passé de 4 à 5 euros. 1 euro de plus. 25 % d'augmentation... Ah ben ils sont gonflés...

Comment nettoyer des têtes d'impression d'imprimante ? En bousillant une cartouche noire et une cartouche couleur sans obtenir un résultat satisfaisant à la fin. Gloups.

Lundi 14

Dès que plus de deux personnages s'entrecroisent dans un film, j'ai du mal à suivre. Mais cette fois, ça va, j'ai à peu près tout compris de ces Liaisons dangereuses. J'avais déjà vu ce film il y a bien longtemps, peu après sa sortie. Peut-être n'avais-je même pas 18 ans à l'époque, et ces costumes et ses histoires brodé(e)s de cruauté et de trahison m'avaient laissé le cerveau de marbre. Aujourd'hui, c'est autre chose : quelle bonheur de contempler une oeuvre de cinéma comme celle-là, où la musique, les costumes, les acteurs, les dialogues - Ah ! Les dialogues ! - vous titillent toutes les cordes sensibles. Un bémol pourtant : un séducteur comme Valmont ne méritait-il pas un doublage plus approprié, une voix plus... séductrice, roucoulante, envoûtante, gorgée de phéromones ?

Dimanche 13

Quelques arbres morts ou trop vivants, dans le jardin de Ginou, tombent sous le joug de jardiniers sans scrupules pour être élagués, tronçonnés, arrachés... Mes mains fines et délicates, après la peinture d'hier, subissent donc un sort encore plus traumatisant.

Samedi 12

L'homme à la veste moutarde a changé... de veste. Le voici dorénavant en veste à carreaux très colorée. Il a également changé de bagages. Son gros sac plastique marron a été remplacé par plusieurs sacs aux logos publicitaires bien visibles.

La cuisine de Fabienne doit changer de couleur elle aussi. Je rejoins donc les deux F en fin d'après-midi pour une séance peinture blanche.

Vendredi 11

Il s'appelait Miecislas Kamienski. Il est mort à la bataille de Magenta. Sa tombe est au cimetière Montmartre. Une jeune femme à l'imper rouge est passée devant, tandis que nous le photographiions. S'est-elle interrogée sur la raison de notre intérêt ?

Elles ont l'air de sortir de chez un coiffeur à 100 euros le shampooing. Elles vont chercher à la sortie de l'école leurs petites filles habillées proprement ou leur petit garçon qu'elles ont appelé Pierre-Aymeric. Elles habitent le 9ème et on les a dévisagées à la terrasse d'un café.

Elle a les cheveux gris avec une mèche blanche. Elle gère sûrement d'une main de fer cette boutique de taxidermiste de la rive gauche. Elle n'a même pas dit bonjour. Et pourtant, c'est un monde tellement magique cette fichue boutique...

Jeudi 10

De chez Benoist, aller chez les Natof. Ce n'est pas si loin... La chambre de la future Natofette est prête. Les futurs parents aussi... Après ces heures si amicales, je tente de rejoindre mon domiciel par le biais des transports en commun. La grève (que je soutiens) a anéanti le bus 26 et a sérieusement ralenti le trafic du métro... J'ai trop mal aux pieds pour monter at home à pieds... alors j'attends 30 minutes à Belleville où ça sniffe l'urine de vieille vache malade. Et en face de moi, un SDF, couché sous une pub pour les produits Bourjois. Cherchez l'erreur...

Mercredi 9

Ca y est, j'ai écrit tout mon journal de vacances... avec toutes les photos et tout et tout... Ouf... Cette fois, il est inclus dans le journal habituel : pas de page(s) spéciale(s).

C'est au BHV que je retrouve Nathalie pour lui donner les photos prises lundi soir. J'essaie depuis lundi de faire un jeu-de-mots entre le "sous-bois" de Fontenay-sous-bois et le mot "vernissage", mais rien de valable ne vient... A propos de verni, c'est au rayon couleurs que je la retrouve ; elle vient de s'acheter des enveloppes. Moi, je regarde à peine les rayonnages : ne tentons pas le diablotin dépensier qui est en moi. Nous allons ensuite dans une crêperie. Elle a envie d'une crêpe. Au sucre. Avec un bol de cidre. A 18h30. Je ne sais pas si c'est normal...

Mardi 8

Le vernissage du jour est au musée Carnavalet, pour l'exposition "Au temps des merveilleuses - la société parisienne sous le Directoire et le Consulat". Une expo vraiment fournie, très intéressante : de beaux objets, des dessins, des tableaux, des costumes, etc. Là, vous allez me dire, oui : dans une expo historique il y a de beaux objets, des dessins, des tableaux, des costumes... Pfff... Faut toujours que vous fassiez la fine bouche, hein ?

Lundi 7

Le régime soupe porte ses fruits, ou peut-être devrais-je dire ses légumes. Je me sens donc léger pour aller à Fontenay-sous-Bois, où Nathalie expose ses photographies.

Le vernissage est surtout l'occasion de papoter avec les copains et de se demander pourquoi je n'ai pas encore exposé.

Dimanche 6

De la soupe. Pour faire suite aux 15 jours passés à manger de la friture, des gâteaux, et peu de choses légères, je déjeune et dîne de soupe poireaux / pomme-de-terre et de crudités, repas semblables au dîner de la veille. Même la vue des lardons, au rayon frais de la supérette, m'a donné envie de vomir et de pleurer.

Le trentenaire que je suis devenu devra-t-il dorénavant regarder son ventre avec la crainte de le voir se transformer en un monticule graisseux et indestructible ?

Samedi 5

Retour à Paris. Lever plus matinal que les précédentes journées, température (17°C) et humidité plus élevées. Cette fichue humidité qui est - avouons-le, n'ayons pas peur des mots - pénible.

Maria nous dépose à Lecce et nous laisse entre les mains d'Edo... Au revoir et grazie Maria ! A l'aéroport de Brindisi, Edo parvient à faire passer notre excédent de bagages comme une lettre à la Poste. Un excédent de bagages dû à tant de bocaux de confitures et d'artichauts...

Du voyage, on ne retiendra pas grand chose : pas mal d'attente à Rome, le malaise d'une femme et un peu de retard à l'arrivée. On retiendra peut-être que j'aime définitivement prendre l'avion : l'ambiance des aéroports, le sourire crispé des hôtesses, les fausses valises Vuitton, les invraisemblables consignes de sécurité, la vue par le hublot, la sensation de défier l'attraction terrestre...

Voilà... Sono finite le vacanze. Fa freddo a casa, dov'è la termocoperta ??

Vendredi 4
Les valises. Une veille de départ on doit faire les valises. Mais une veille de départ de chez Tata Maria, on doit se demander comment remplir les valises avec tous les bocaux... Après quelques allers-retours sur le père-personne on y parvient.
Jeudi 3

Bleu, fichtrement bleu, tellement bleu le ciel aujourd'hui. Alors nous prenons la Litoranea, route qui longe toute la côte du Salento, pour en parcourir un petit bout... La litoranea ne peut pas se faire en un jour, on en survolerait les atours.

Premier arrêt : le Cap d'Otrante. La vue y est encore plus dégagée que l'autre jour, et les fleurs ont profité de la pluie pour se faire encore plus présentes au milieu des rochers blancs. Peut-on apercevoir les côtes albanaises ?

Deuxième arrêt : Porto Badisco. Petite plage encastrée au milieu des rochers, petite plage idyllique avec quelques barques, quelques ragazzi locaux, un pêcheur dans sa barque et beaucoup de souvenirs d'enfance pour F.

Troisième arrêt : au pied d'une tour, une de ces tours qui bordent la côte. Souvenirs d'une époque moins pacifique ? Il y a de quoi admirer le paysage, cette côté escarpée dont la beauté ne sera rendue par aucune photo.

Quatrième arrêt : Santa Cesarea Terme. La cité balnéaire respire à cette saison... malgré les odeurs de soufre qui proviennent des thermes. Il fait si beau qu'on prend même un verre en terrasse !

Le soir, nous allons à Lecce, retrouver Fabio et lui rendre son PC. La Reine de la Nuit pousse d'abord son cri, et nous partons en direction de... Natale bien sûr. C'est exceptionnellement fermé car ils refont la vitrine... mais c'est exceptionnellement ouvert pour nous.
En effet, je n'ai pas envahi mon récit du séjour en parlant du "feuilleton Natale", mais la fille de la patronne viendra sur Paris bientôt et nous essaierons (et avons essayé en lui fournissant de numéro de tél d'un informateur italophone) de lui rendre service au niveau du logement. Pour nous remercier, la patronne (j'oublie toujours son nom...) nous offre une colombe, gâteau de Pâques... Un truc énorme, soi-disant en forme de colombe... en fait ça ressemble plus à un trèfle.
On part alors, une colombe sous le bras, boire une bière à la Tipografia. Bruyant... Mais ce bruit et cette jeunesse, ça change du calme et des mamies de l'après-midi : il faut de tout pour faire un journal.

Mercredi 2

Le soleil semble vouloir percer. Et ce sera bien le cas, une fois montés dans la voiture : il est de retour. Sur la route : Galatina, Galatone, les petites villes regorgent de maisons où les grecs, les maures ont laissés de splendides façades. Je devrais jeter un oeil au dictionnaire des synonymes. "Splendide" suffira cette fois.

Et revoici Gallipoli. Il fait vraiment beau, et le soleil me pousse ENCORE à faire des photos. Comme l'an passé, je mitraillerais cette ville sans cesse. Les bâteaux bleux, les petits clochers, les surprises colorées, les façades blanches, les pierres, les icônes aux coins des rues, les recoins pauvres, les coins riches, l'imposante cathédrale (je découvre que le plafond n'est qu'un trompe-l'oeil)...

Mais je tente là encore de capter la vie locale, les gens et leurs habitudes : la befana encore pendue par-ci par-là, le linge dans les rues, les vieux qui discutent, les jeunes sur leurs scooters... Des vieux qui discutent, des jeunes sur des scooters, il y en a aussi à Saintes ou à Paris. Et pourtant. Pourtant on a ce fichu sentiment qu'ici, ils sont différents.

Mardi 1er mars

Le feuilleton PC se termine aujourd'hui... Ouf ! Tout marche ! Le froid de canard, après la pluie, nous retient à l'intérieur de toute façon.

Le soir, c'est le festival de San Remo : plusieurs soirées sur la RAI Uno pour la 55ème édition de cette célébration la chanson italienne. Des types à la voix éraillées vont alors succéder à des brailleuses et nous horripiler assez rapidement. Umbertozzi qui se pourlèche les babines, la voix d'une girafe qui reste coincée sur son dernier cri, d'abominables gros plans, des vois atroces... Au secours ! Ah... et puis toute cette pub qui saucissonne le moindre programme sur la télé italienne. Heureusement, on zappe sur Ally Mac Beal : c'est autre chose !

Sans comparaison, j'entame "La honte", d'Annie Ernaux (oui oui, toujours le même auteur), livre qui commence par : "Mon père a voulu tuer ma mère un dimanche de juin, au début de l'après-midi". Elle y raconte avec précision, mais surtout sans nous submerger de détails, sa douxième année : le village, le commerce de ses parents, les relations avec le voisinage, l'image que l'on donne autour de soi, comment l'évènement cité dans la première phrase a transformé son enfance, et le pensionnat dont elle dit : "Tout, sauf la cour de récréation et les cabinets, est lieu de prière". Le point central de l'ouvrage est une photographie d'elle et son père, à Biarritz. Amusant parallèle avec "L'usage de la photo", lu la semaine dernière.