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Dimanche 31
Ces
dernières années, les déménagements auxquels j'ai
participé étaient... mmm.... les miens. Une fois n'est pas coutume,
donc, je donne un peu de bras pour le changement d'adresse de S qui quitte la
toute proche rue des Couronnes pour la pavée Cité de l'Ermitage
(et surtout pour une vue imprenable sur Paris). Après quelques échanges
de carton dans les escaliers, je parviens par chance à obtenir mon rôle
préféré dans ce genre de regroupements : celui du gars
qui optimise le remplissage du camion. Un rôle surtout bien plus reposant
pour mes rotules de sexagénaire. Evitant honteusement (pour une courgette
farcie m'attendant dans mon assiette) l'emménagement dans le nouvel appartement,
j'y arrive pour porter le canapé et la machine à laver. Cela suffit-il
à sauver mon honneur ?
Samedi 30
Florence Foster Jenkins (1868 - 1944) était une hystérique pleine aux as (une hystéfric ?) qui chantait des airs d'opéras une fois par an au Ritz-Carlton de New York. Seulement voilà : elle chantait horriblement faux. La foule se ruait donc dans ses récitals pour... rire. Pour un extrait, suivez le lien... Cette historique figure lyrique fit partie des sujets de conversation de notre soirée americano - tapenade - soupe au pistou - gambas - compote - cidre. Et pous les gambas : sautées dans un wok avec des épices... un délice.
Vendredi 29
Le scroubabble (orthographe vraiment approximative) est un jeu rigolo réalisé par L'Association, où les lettres du scrabble sont remplacées par des cases de BD et où l'on doit constituer des strips. L'absurde y a donc toute sa place. De quoi me procurer un fou rire pour une histoire de truc dans le nez. Et pendant ce temps-là, la puppa ronflait.

Jeudi 28
Dans
les films adaptant un livre que l'on n'a pas lu, on ne sait pas si c'est le
film ou le livre qui nous plaît ou nous déplaît. Le dernier
conte de fée réalisé par Tim Burton, Charlie
et la chocolaterie, subit donc cette incertitude. L'histoire : un mec
mégalo et pâlot invite des enfants dans son usine de chocolat.
Ca vous rappelle pas la vie de Mickael Jackson, vous ? Bref... Nous voici face
à un conte de fées au dualisme foisonnant (riches/pauvres, gentils/vilains,
couleurs/noir et blanc), où la morale dégouline un peu trop et
où la folie et le 4ème degré nous sont servis par bombonnières
entières. Au final, j'ai eu l'impression d'avoir vu quelques bonnes idées
(la scène inspirée de Kubrick par exemple) collées entre
elles par du nougat indigeste et inutile. Et en rentrant du ciné, j'ai
mangé un yaourt nature.
Mercredi 27
La possession d'un ordinateur en Italie m'a permis de travailler et de rédiger au fur et à mesure (sur un clavier qwerty aux accents circonflexes fantômes) mon journal. Le voici donc déjà en ligne, même si je suis peu prolixe sur les derniers jours... Peu de photos en comparaison avec le nombre de clichés pris. Je réaliserai une page spéciale un peu ultérieurement...
Mardi 26
Aujourd'hui, j'ai traversé une aire d'autoroute suisse tout en me brossant les dents. Les vacances sont définitivement remplies de grands souvenirs.

Sinon c'est quand même très long, 2000 km, en voiture. Très long. Même en chantant Bambino à tue-tête.
Lundi 25
Après une longue journée de préparatifs, d'emballage de pots de confiture et de repos, nous partons vers 20h... Trop courtes, ces vacances, mais le devoir (les devoirs ?) m'oblige à rentrer. Trop courtes mais bien agréables.
Dimanche 24
Pas un chat dans les rues de Lecce ce matin, mais un peu trop de monde à Porto Selvaggio pour notre dernier bain là-bas.

Depuis les hauteurs de notre lieu de baignade préféré, le panorama offre une vue sur Gallipoli. Nous y retournons d'ailleurs le soir car on y célèbre Santa Cristina... Cette fois, il y a énormément de monde...


Samedi 23
Samedi, c'est jour de marché à Maglie. Un marché où je me trouve une ceinture et surtout un chapeau pas trop de saison. Il ne me sera donc pas utile dans l'après-midi pour notre baignade à Porto Selvaggio. A ce sujet, savez-vous que sur la route, entre Galatone et Porto Selvaggio se trouvent de magnifiques villas ? Souvenirs d'une époque où une autre culture s'intalla dans la région après avoir traversé la Méditerranée.


Vendredi 22
Vendredi, c'est jour de marchè à Corigliano. On aurait aimé trouver des citrons pour faire du limoncello, mais finalement je me trouve deux pantacourts/shorts de plage pour 10 euros : on évite de regarder la qualité de la chose.... De la pita de patata à déjeuner, une sieste, un tour à la plage à Alimini en fin d'aprés-midi, un rouleau de mozza pour dîner, et puis voilà, une journée pèpère quoi...
Jeudi 21
La litoranea longe les côtes du Salento ; nous en avions fait une petite partie en février. Cette fois-ci, nous allons de Santa Cesarea Terme à Santa Maria di Leuca, soit la partie la plus au Sud de la côte Adriatique. D'un point à l'autre, on admire le paysage, qui grimpe, qui grimpe, et offre des points de vue imprenable sur la côte escarpée et sur la mer qu'on voit danser avec ses reflets d'argent.

A l'issue du périple, un pasticiotto à Leuca, ville dédiée à Marie, qui tourne le dos à la mer du haut de sa colonne. Alors Marie, on a le vertige ?
Nous reprenons donc la route... Et puis un bruit dans le moteur. Non, ça semble venir de la roue. Le bruit se fait de plus en plus fort, ça crisse, ça grince... et ça fait flipper. On s'arrête : rien à la roue... Mmmm... on essaie de redémarrer : impossible. Impossible ! Nous voilà dans la campagne salentine, la macchina en rade ! Un coup de fil immédiat à Inter Mutuelle Assistance... mais on n'a pas le numéro. Par chance, G. y travaille, alors je l'appelle et par chance il est joignable et me renseigne. Pas le temps d'appeler leur correspondant local : par chance, un policier passe à motocyclette. Il nous dit qui appeler, mais ça ne passe pas alors il part chercher un garagiste. Par chance, le garagiste en question débarque en deux minutes. Il diagnostique d'abord un moteur foutu, mais cette histoire de bruit lui met la puce à l'oreille. Hé, vous y croyez, vous, qu'il cause un peu le français, ce type ? Bref, il nous tracte jusqu'à son garage (par chance trés proche, nous étions très inquiets car les feux stops du garagiste ne fonctionnaient pas). A peine arrivés, il nous rassure : a priori, c'est l'alternateur, rien de grave, nous repartirons ce soir. Par chance, un bureau de tabac se trouve à 10 minutes à pieds : on va pouvoir passer nos nerfs sur un mégot. M'enfin, s'en suivent deux heures à attendre... et à espérer. Deux heures à faire des photos aussi, histoire de passer le temps. On hésite même à prier Padre Pio, dont une statue se trouve dans la cour du garage. Par chance, après deux heures d'un travail exemplaire, la voiture redémarre. Et comme dernière chance, cela nous coûte 45 euros. Le même truc t'arrive à Paris, tu poirotes 5 jours et tu raques un max... Et puis par chance, ç'aurait pu nous arriver en pleine chaleur, en pleine nuit, en VRAIE pleine campagne, etc. Elle est pas belle la vie ?
Mercredi 20
La France s'inquiète de l'invasion du textile chinois. Cependant, la situation est bien plus inquiétante chez nos voisins transalpins, où l'industrie de la chemise et du slip en coton est très importante. Nos amies les manufactures italiennes nous permettent à chaque voyage d'acheter à prix convenable des vêtements de qualité plus que convenable. Ainsi, aujourd'hui, nous allons à Maglie afin de m'y acheter un costume. Je le veux noir, classique mais pas trop pépé, si possible à quatre boutons. Celui de mon choix en a finalement trois, mais classique et classieux pour 120 euros, je le garde... On essaie ensuite de remercier de nos amies les manufactures de godasses par l'achat d'une paire de bottines... mais ce n'est pas trop la saison et je m'en vais penaud après avoir fait une dizaine (une quinzaine ?) de negozi de calzature...
Mardi 19
Départ à 7h du matin pour visiter Bari (qui se trouve à 200 km de Corigliano), les Grottes de Castellana et Alberobello... Le soleil est de plomb (nous apprendrons le lendemain qu'il faisait 42°C à Bari !) mais chaque visite est magnifique et complètement différente l'une de l'autre.
Le trajet permet de découvrir également, d'un point à l'autre, un autre coin des Pouilles, un peu plus vert, avec moins d'oliviers, plus d'arbres fruitiers, de conifères, de vignes... et un peu plus de collines pour un panorama admirable sur la vallée.
Lundi 18
Lever
fort matinal pour arriver à Porto Badisco dès 8h. Le lieu, découvert
en février dernier, mériterait une description gorgée de
superlatifs (cadre splendide, eau divinement limpide, etc.). Lorsque nous arrivons,
il n'y a qu'une demi-douzaine de personnes, dont une grosse mamie en maillot
orange, les cheveux teints en noir. Elle me fait penser au personnage de BD
Mafalda... avec 60 ans de plus. Le terme de "grosse mamie" est d'ailleurs
presque un pléonasme, l'obésité étant un peu un
sport national ici. Evidemment cette notion prend une autre proportion sur la
plage, et si nous allions à la plage en France, nous penserions peut-être
la même chose. On se dit tout de même qu'il y a un gros problème
de santé publique... (on se dit ça parce que sinon, franchement,
on s'en fout, on s'inquiète juste un peu pour les enfants qui semblent
gavés comme des oies). Avec mes 58kg tout mouillé, la population
locale doit avoir pitié de moi...
Avec quel oeil, objectif ou subjectif, regardons-nous nos proches ? Je termine aujourd'hui la lecture de Une Femme, d'Annie Ernaux, dans lequel AE nous parle de sa mère, de la vie de celle-ci et de la relation qui les unissait. Dans ce livre témoignage, le peu d'analyse, la quasi-froideur avec laquelle les événements sont décrits, laissent les sentiments se dégager eux-mêmes du récit. L'auteur témoigne, présentant sa mère comme une femme parmi les autres, une femme comme les autres avec ses défauts et ses qualités (une femme particulièrement portée par le regard des autres et son regard sur les autres). Mais cette femme était sa mère : l'objectivité d'un tel récit a donc ses limites et la distance que voudrait prendre l'auteur présente régulièrement des failles émouvantes : celles de l'amour d'une fille pour sa mère.
Dimanche 17
J'ai
hérité de mes ancêtres celtes une peau dont certaines parties
sont plus envahies par les taches de rousseur que par un "vrai" bronzage.
J'ai surtout une quantité industrielle de grains de beauté qui
m'oblige à être prudent avec le soleil. Après 10 jours de
crème indice 20, je passe à un in-dix, car j'imagine que ma peau
commence à être habituée. Pas de coup de soleil après
trois heures à Porto Selvaggio : ma nouvelle crème a bien joué
son rôle.
Il reste encore de la granita di limone. Au rythme où on la mange, on
a la confirmation que Maria en avait préparé une quantité
industrielle.
Le stéréotype du jour : les italiens conduisent comme des cinglés.
Ils n'utilisent jamais leur clignotant, ils klaxonnent tout le temps (et surtout
pour te signaler que le feu est passé au vert il y a 3 milli-secondes),
ils te doublent sans s'inquiéter de qui vient en face, ils te doublent
meme quand tu accélères apres le passage du feu au vert, en vérité
ils te doublent tout le temps, ils prennent les STOP pour des "cédez
le passage si le coeur vous en dit", etc. Mais que font les carabiniers
?
Samedi 16
Il faisait chaud hier, ça continue aujourd'hui. On évite d'être trop écrasés par le soleil en se rendant à Porto Selvaggio en milieu d'après-midi.
Vendredi 15
Les
soldes commencent aujourd'hui. Vite, vite, direction Lecce, où l'on va
d'abord chez Benetton-Sisley. Décevant par rapport aux deux autres éditions,
je me limite à l'achat d'un tee-shirt violet. Les autres magasins ne
valent pas plus la peine de dépenser de l'argent inutilement. Restons
raisonnable. Retour tout de même à Cutrofiano. F avait repéré
des scarpi hier, et il profite des 20% de soldes aujourd'hui. Moi ? Cette fois
je repars exaspéré : pas
ma pointure pour une paire enfin à mon goût.
Troisième (donc dernier) jour de Tramontane. Vent virulent : pas de plage.
Mon bain de soleil quotidien (reviendrai-je vraiment bronzé à
Paris ?) se fait par un peu de jardinage. Nous avons pris en main le désherbage
du jardin depuis notre arrivée et aujourd'hui j'ai également pris
à pleine main une plante qui s'avérait pleine de minuscules épines
blanches.
Jeudi 14
Aucun impact de la fête nationale française au fin fond de l'Italie. Mais la Tramontane, qui s'est levée hier, souffle bien fort aujourd'hui. A Alimini, nous voilà face à un inconvénient majeur de la plage de sable : être transformé en poisson pané en cas de vent fort.
Cutrofiano
est le village à chaussures du coin. On y trouve en effet de grands magasins
à grolles à prix intéressants voire très intéressants...
souvent parce qu'elles sont une imitation (qui a dit contrefaçon ?) de
chaussures de marque. Seulement voilà : je n'aime pas m'acheter des chaussures.
Ce n'est pas exactement que je n'aime pas, disons que c'est carrément
un calvaire... je termine toujours ma recherche exaspéré et bredouille.
De Cutrofiano, je suis reparti bredouille, mais pas trop exaspéré.
A Galatina, en revanche, point de chaussures, mais une basilique aux fresques
époustouflantes.
Ritorniamo à Alimini le matin, car de la pluie est prévue l'aprés-midi. Pas manqué : il pleut dans l'après-midi. Un coup d'oeil à mes e-mails après une semaine sans web... C'est moins dur que d'arreter de fumer.
Mardi 12
Les
plages de sable ont quelques avantages, et afin d'établir un tableau
comparatif entre sable et rochers, nous allons aujourd'hui à Alimini,
grande plage de sable fort populaire auprès des familles et des copines
de Maria. La plage est également squattée en partie par quelques
plages privées. A cette époque, elle est nettoyée, contrairement
à février où les bidons de plastique et de couleurs lui
offraient un visage de poubelle. C'est en tout cas plus agréable que
les rochers pour bouquiner, et je finis la lecture (commencée hier) de
Un Secret, de Philippe Grimbert.
Je laisse aux futurs lecteurs de l'ouvrage la découverte, au fil des
pages, du secret qui fait le titre, d'une écriture calme et délicate,
d'un récit autobiographique et émouvant. Très émouvant.
Lundi 11
C'est la pluie qui nous réveille, et c'est elle qui nous accompagne, en trombe, jusqu'à Lecce. Je m'y dégote une paire de chaussures qui seront plus pratiques que les autres pour aller à la plage. Optionnellement, je les porterai avec des chaussettes pour me transformer en touriste germanique.
Face
aux spécialités locales, j'ai parfois les yeux plus gros que le
ventre. A la trattoria de Maglie, les yeux noisettes plus gros que le ventre
pas encore trop bronzé, j'ai donc pris un rustico et una pizzetina frita...
Mmmmm.... J'allais me régaler une fois rentrés pour diner.
Auparavant, nous étions allés à Otranto car la basilique
et la cathédrale méritent chaque fois une visite. La ville en
elle-même est bien jolie, mais les boutiques trop touristiques (et les
touristes trop boutiquiers) nous lassent vite : nous préférons
les vitrines de Maglie ou surtout de Lecce.
Au
retour de Maglie, c'est un ciel sombre, couvrant de jaune la ligne d'horizon,
qui nous accompagne. Celui-ci apportera quelques gouttes, mais le temps sera
clément dans la soirée pour aller voir une fête de village
à Cursi.
C'est l'occasion de retrouver alors ces ambiances festives et lumineuses...
et de découvrir que l'homme italien qui prend soin de lui-même
ne se limite pas à un peu de gel dans les cheveux : il s'épile
les sourcils. Intéressant, non ?
Dimanche 10
Aller
à Porto Selvaggio le matin présente un intérêt non
négligeable : on n'y est pas dérangé par grand monde. Deux
personnes seulement s'installeront dans le coin, pour ramasser les moules accrochées
aux rochers et les manger sur place. Nous arrivons vers 9h30, et la chaleur
s'installe vite sur les rochers. Nous ne sommes donc pas vraiment mécontents
de quitter les lieux à 12h : il commence à faire vraiment chaud.
Malgré la crème solaire, quelques rougeurs font d'ailleurs leur
apparition dans l'après-midi et sur mon dos.
Patates
et artichauts à midi, auxquels s'ajoute un peu de fatigue : optimal pour
une longue sieste. Senza vergogna, je me réveille à 17h... complètement
dans le cirage. Nous allons ensuite faire un tour au cimetière.
Le dîner du soir est composé d'un roulé de mozarella garni de...
de choses et d'autres. Divin... Divin comme tous les repas de Maria, dont je
parlerai peu au cours de ce journal. Ce serait un peu redondant de rendre hommage
deux fois par jour à sa cuisine.
Samedi 9
Fabio
vient déjeuner chez Maria à midi : pasta alle cozze. Nous allons
ensuite à Porto Selvaggio, où les deux F retrouvent quelques (anciennes
et futiles) connaissances... Tout ce beau monde prend un peu de place sur les
rochers mais, avouons-le, nous permettent de nous gausser ouvertement de leurs
manières et blablatages...


Vendredi 8
Matinée
studieuse, puis direction Porto Selvaggio. Le temps est extrêmement dégagé,
on voit très bien Gallipoli au loin. La mer est toujours aussi belle,
le décor toujours aussi carte-postalien... de quoi dégoûter
le pire des blasés. Allez, pour le premier jour, j'vous épargne
la vue...
Après les moules du dîner, petit tour à Lecce pour y voir
Fabio (et lui prendre, lui aussi, un PC puisque la vieille rouille récupérée
la veille ne fonctionne pas).
Jeudi 7

Rien de particulier sur la route : une pause pipi, une pause essence, une pause café... et nous roulons toujours alternativement, mais F tiendra plus souvent le volant que moi. L'autoroute du Sud est très belle, longeant la mer, bordée de lauriers roses. Vilaine cerise sur le gâteau, l'autostrada est bloquée avant Lecce et nous nous retrouvons dans des bouchons dans des bleds salentins. Tout de même, nous arrivons à Corrigliano à 11h, bien contents !
Scène surréaliste et mémorable : je suis grimpé sur un escabeau, dans un bureau bordéliquissime et poussiéreux orné de la photo dédicacée du Pape, en train de chercher un écran de PC, tandis que dans le couloir une transexuelle se prend pour une chanteuse lyrique. Non non, ce n'était pas un rêve. Une heure avant, nous avions retrouvé Edo (qui devait nous prêter deux PC) , et j'avais fait la connaissance d'Emily, qui sera peut-être un jour officiellement une femme.
Mercredi 6
Nous nous levons assez tard pour ne pas prendre la route déjà fatigués, et une fois tout en place, nous partons vers 12h. Enfin ! Nous suivons l'itinéraire conseillé par Michelin, et après notre première pause casse-croûte, nous quittons l'autoroute pour la N19 entre Langres et Belfort. Cela casse un peu le rythme de l'autoroute, cela permet d'apercevoir Vesoul, cela fait gagner un peu de temps, mais c'est tout de même fastidieux.
L'arrivée en Suisse, à Bâle, ne donne pas une image très reluisante du pays : plutot industriel, gorgé d'immeubles décrépis... mais une fois arrivés sur l'autoroute, entourés par les montagnes, les lacs et les chalets, on se dit que c'est très beau malgré la pluie et ça donne envie de chanter le générique d'Heidi...
L'arrivée (nocturne) dans le Tessin nous donne un avant-goût de l'Italie, et dès la frontière passée, nous nous arrêtons pour dîner. Le magasin de l'aire d'autoroute et toute la charcuterie qu'il propose nous font baver mais la glacière contient dèjà notre repas. Nos voisins de parking sont des musulmans qui font leur prière dans leur voiture... Image insolite, ma foi. Leur foi ? Allez, on repart...
Mardi 5
Ca y est, la voiture est prête... Pour de bonnes raisons de logistique, nous partons dormir sur le matelas mou de chez Ginou.
Lundi 4

Un
bond durant la nuit, un véritable bond, surpris par un terrible coup
de tonnerre. Au réveil, la pluie. Dans la journée, un peu de labeur
et du web à la pelle : créer le site de M, coller des stats sur
le site de N, penser au site de l'E, mettre à jour de site de l'O, pondre
des CSS, s'imaginer (vrai) blogueur, bidouiller du javascript et jouer au graphiste
qui essaie de mettre un peu de couleur sur le web. Sans grande satisfaction.
Donc, aucun bond durant la journée, même pas un James. Si Sainte Rita file un coup de main au carrossier dans la journée, nous prenons la route demain soir. La route. La strada per il Salento. Alors, une fois n'est pas coutume, j'ai collé un post-it (©?) sur mon écran. Pour ne pas oublier d'appeler L ou les A. Ne rien oublier, ne rien oublier, ne rien oublier. C'est un peu angoissant ces départs en vacances, vous ne trouvez pas ?
Dimanche 3

La
voiture étant chez le carrossier, on remercie Ginou de faire le taxi
pour notre visite dominicale au potager. Le temps des derniers jours (pluie
+ chaleur + soleil) étant propice au développement des plantes,
nous sommes impressionnés par la transformation du jardin en une semaine
: les pieds de courgettes sont devenus des mastodontes, les pieds de tomate
sont gorgés de petits fruits verts, le basilic verdoie, les cornichons
cornichonnent, les fraises remontent... Pas de soucis pour l'aneth non plus,
mais qu'importe... Car, comme dit la chanson : Aneth aime les soucis.
Samedi 2
J'ai horreur de généraliser : noyer le contre-exemple dans la masse n'est pas mon jeu préféré, loin de là. Et pourtant, aujourd'hui, je vais y aller de ma petite généralisation obtue : les skyblogueurs sont des ados dégénérés. Le blogueur adulte blablate, délire, discutaille, échange ses idées, s'épanche, raconte ses souvenirs, se montre... avec toujours un minimum d'intelligence, de modestie, d'humour ou d'intérêt (idéalement les quatre en même temps). Mais le blogueur de 15 ans qui squatte la toile sur skyblog.com accouche de nuisances visuelles et intellectuelles, bourrées de haine (anti-pédé et anti-moche principalement), qu'on ose appeler "blog". "Bleeuurrk" serait plus adapté. L'ado d'aujourd'hui peut s'exprimer, tant mieux pour lui... mais ses parents devraient peut-être lui expliquer qu'il n'est qu'un enfant qui devrait se limiter aux rédactions de français.
Le cinéaste asiatique doit avoir dans l'oeil un filtre chromatique. "Le secret des poignards volants" est donc un film avec un titre stupide, avec un scénario un peu léger, mais avec deux ou trois belles scènes (la bambouseraie ! quel bonheur !) et des couleurs hyper travaillées. Mais pour pondre un éloge chiadé du cinéma asiatique, je devrais sûrement aller plus souvent au cinéma.
Vendredi 1er
O rage, ô désespoir, ô chauffard ennemi
Le départ en vacances, d'une semaine est remis.
Bon ben sinon j'ai vu Pierre ou Gilles de Pierre & Gilles. L'un des deux, mais j'ai toujours confondu le Pierre et le Gilles. Un peu comme ma droite et ma gauche...