... Comment finir le mois sur une note inutile, incompréhensbile et sans intérêt pour moi ni personne :
Y a un crétin de blogueur, obnublogubilé par les liens qu'on
crée via son blog, qui a inventé le jeu de la patate chaude.
Les instructions sont les suivantes :
1. Allez dans vos archives
2. Retrouvez la 23e note ou celle proche de ce chiffre
3. Retrouvez la 5e phrase
4. Affichez le texte de la phrase ainsi que les instructions.
5. Demandez à 5 personnes d'en faire autant.
Je trouve ça niais et complètement inadapté à
mon journal, mais c'est Nonal
qui m'a refilé la patate chaude, alors... je m'incline... Bon alors
je m'y colle et je triche, en piquant la 5ème phrase de la 22ème
(et dernière) note de mon ancien blog : zeugma...
" Journée sans anicroches et soirée pleine de croches
: j'accompagne les 2F à Clichy pour leur répétition."
Ca me fait surtout penser à cette scène d'un des derniers Tintin, où le Capitaine Haddock ne parvient pas à se débarasser d'un pansement trop collant... Bon, personne ne se vexera si je me révolte et si je garde la patate chaude pour moi ? C'était l'aliment principal de mon dîner alors... le 5ème point des instructions, hop, on l'oublie !
Le
site de Marion va très bientôt voir le jour... De noir et de
rouge vêtu, il est
la preuve que les extrêmes parfois se rejoignent. Car Marion, soprano
de haute-voltige, n'a rien à voir avec Jeanne M., chanteuse de variétoche
bicolore des années 80. Ou, en d'autres termes : Jeanne Mas ne fait
pas le poids ! (Masse, poids... hi hi).
Elle est vieille, assise sur un fauteuil roulant, elle sort d'une consultation d'un spécialiste lambda au 5ème étage d'une clinique. Deux hommes l'accompagnent, l'un d'eux appuie sur le bouton du monte-charge. Rien ne vient. Au bout d'une minute : rien. Au bout de cinq minutes : rien. Peut-être ont-ils attendu dix minutes ; le temps semble s'éterniser dans ces conditions. Ils se replient sur l'ascenseur. Qui arrive vite. Et qui est trop étroit. La pauvre dame devra se lever, marcher d'un pas tremblant, et tenir debout jusqu'au rez-de-chaussée, soutenue par les deux hommes. L'ascenseur est de surcroît encombré par le fauteuil replié. La scène me laisse sans voix, mais comme je ne lis pas à haute voix, ça ne change rien.
L'occasion faisant le l'arno, j'ai continué aujourd'hui
mes petits coups de fil aux amis. Ma patrie charentaise fut donc à
l'honneur, puisque j'entendis le son de la voix de K, JL et Ph. L'occasion
de faire un mea culpa (oh la la je n'ai pas pris de nouvelles) et de découvrir
que la Saintonge et l'Angoumois était très régulièrement
connectées ici. Même A la rupello-parisienne refit surface
dans mon système auditif, mais deux oeufs aux plats tout chauds l'attendaient
: nous coupâmes court.
Deux oeufs au plat ? Pour une femme enceinte ? Ca ferait bien sur skyblog...
Bon ben voilà. C'est fait. Bon, c'était prévu, depuis pas mal de temps même... après tout, ça allait dans l'ordre naturel des choses, sans avoir besoin de se demander si on était prêts ou sûrs. Et puis, ça s'est précipité en moins de 24 heures. Et donc voilà : F et moi avons conclu un pacte civil de solidarité. Oui oui, un PaCS. Le truc bancal inventé par la bande à Jospin, qu'on obtient dans un tribunal d'instance et qui donne quelques droits par-ci par-là.
Alors,
toute la journée, il y a eu les coups de fil aux
potes (pas tous... la suite demain) et aux soeurettes. Il y a eu ceux qui
ont demandé s'il y aurait une fête, celle qui a demandé
s'il fallait faire un cadeau, ceux qui ont failli s'évanouir, celui
qui en a profité pour me demander un modèle de convention
de PaCS, celui qui a envoyé des fleurs, ceux qui n'ont pas répondu
et qui l'apprendront par le bouche-à-oreilles, etc. Même pour
le nouvel an je n'appelle pas autant de gens... Mouais, j'crois bien qu'c'est
un jour important.
Le jour important en question, on l'a fêté modestement au resto japonais. On était affamé, voire impacsients, et on n'a pacs fait gaffe à l'heure, si bien qu'on est arrivé à 19h20 ; ce n'était pacs encore ouvert. Un tour à St Jean Baptiste pour pacser le temps. Ca tombait bien, on y jouait de l'orgue. Malheureusement, pas La pacsion selon St Jean. Et puis enfin, notre estomac cria victoire : arrivèrent les crudités, la soupe, et les sushis, accompacsgnés de thé au riz. C'était divin, mais... on aurait dû aller au resto pacsistanais, non ?


Quand je me suis inscrit à la (toute nouvelle) fac de La Rochelle, en 1993, les résidences étudiantes n'étaient pas légion. La municipalité avait donc" réquisitionné" les résidences de vacances (je mets des guillemets, je ne connais pas les tenants et les aboutissants de cet accord). Et Arnaud R, nouvel étudiant en DEUG Sciences de la Matière, s'installa aux Minimes, dans une résidence P&V. Kitchenette dans le petit couloir, à peine 10m² de pièce à vivre (chambre avec deux lit, une table), et une salle de bain dont je n'ai aucun souvenir. J'allais à la fac via le port de plaisance, accompagné sur le chemin par les gling-gling si particuliers des cables en acier cognant dans les mâts des bâteaux, les narines frétillant sous l'odeur de la marée. Un vrai bonheur... bonheur complété par des études tranquilles ; l'année précédente, qui s'était soldée par un échec en école d'ingénieur, m'avait doté de bases scientifiques très solides. J'avais quelques potes, ma cousine Nadège à deux pas, ma foi, c'était assez cool. Voilà. Et pourquoi je raconte ça ? Parce qu'qu'aujoujourd'hu - ouh la, sous l'émotion, je bégaye - j'ai postulé pour bosser chez P&V.
J'ai reçu mon certif, il ne manque plus que la convention à pondre. Nous sommes donc allés prendre rendez-vous... Glissons sur les tergiversations, les discussions, les détails, et le manque d'argent et de personnel dans l'administration... et venons-en vite à la conclusion : ce sera pour demain...
"Pensez-vous que la société doit forcément évoluer ?". C'est pas un sujet du bac de philo, c'est pas un test du magazine Marie-Chantal, c'était la question-qui-tue pendant un sondage téléphonique sur "Les jeunes et la banque". Bon, déjà, ils n'avaient pas trop mis leurs fichiers à jour, parce que le questionnaire était plutôt à destination des moins de 26ans. Résultat, quand j'ai dit que j'avais 31ans, la questionneuse qui était un peu gourde, elle a eu... mmmm... comment dire... un moment d'hésitation : un silence, puis un "ne quittez pas s'il-vous-pléééé", puis un blanc (genre je vais demander à ma collègue si je peux quand-même interroger le type qui a 31 ans, pour une fois qu'on accepte de répondre à mon sondage après tout je vais pas faire la fine bouche, crotte), puis elle est revenue... Bon alors moi faut pas rêver, j'écoutais d'une oreille distraite, je répondais d'une bouche presque aussi distraite, donnant au hasard du "probablement", "probablement pas"... Et puis donc, au milieu, un "Pensez-vous que la société doit forcément évoluer ?". J'avoue que j'ai quand-même été surpris, ça m'a sorti de mon demi-sommeil. "Heu... Non...", lui répondis-je. Et puis le coup de grâce : "Pensez-vous que la famille est le seul moyen d'être heureux ?" Non ! Non, je ne pense pas, mais alors vraiment j'aime mes parents et mes soeurs, mais si c'était le seul moyen pour l'être humain d'être heureux franchement, non mais franchement, c'est quoi ces questions à la noix, vous en faites quoi de l'amitié, du travail et du clafoutis aux pêches de maman ? Hein ? Sans blague...
"Sur
un arbre perché" est un joli resto rue du Quatre Septembre,
un joli et bon resto à la cuisine suffisamment originale pour que
le prix des plats soit supportable. Le lieu fut surtout de lieu de retrouvailles
avec les Osnouvalhubpanathuc, loin de ce journal depuis plusieurs mois.
Alors, l'amitié et la bouffe, c'est pas un bon moyen pour être
heureux ?
Nous délaissons plus facilement, en ces jours de
septembre, nos claviers - qu'ils soient azerty ou à touches blanches
et noires - pour ne garder du PC que l'écran, sur lequel ce soir
apparut.... HELLBOY ! La bande-annonce du film nous avait
attiré l'oeil ce matin. Après la déception due à
une Dame en noir qui cocottait drôlement, on voulait du spectacle...
Alors le début de Hellboy laisse craindre le pire : des nazis, un
autre monde, Raspoutine, un crucifix... Fouyaya, ça va être
de la belle daube. Et puis... et puis non. Parce qu'après tout, c'est
l'adaptation d'un comics, donc côté scénario il ne faut
pas s'attendre à du réalisme Bergmanien. Et parce qu'ensuite,
sous une brassée d'effets spéciaux réussis, le film
distille un peu d'humour, un peu de bons sentiments, un peu d'explosage
de monstres... Non, pas assez d'explosage de monstres.
Il nous restait deux places de cinéma à utiliser avec le 30 septembre. Nous avions vu Le mystère de la chambre jaune il y a quelques jours, alors on s'est dit : « Autant aller voir Le parfum de la Dame en noir ! ». Autant aller le voir ? Mmmmouais... ben non : autant rester chez soi. C'est mou, c'est brouillon, les personnages sont trop surjoués (j'ose un fichu pléonasme, là), c'est parsemé d'anachronismes ou de détails inutiles (le tableau rappelant celui de Rackam-le-Rouge en particulier), ça essaye d'être drôle pour rattraper la faiblesse de tout le reste, bref : c'est agaçant. Non, pardon : j'ai trouvé ça agaçant. Bruno Podalydès aurait dû se consacrer entièrement à la mise en scène, au lieu de jouer un des personnages.
L'Arno-stalgique
? Le parfum de la Dame en noir, c'est, pour Rouletabille, un souvenir d'enfance.
Pour nous, aujourd'hui, ce furent les bananes
du goûter qui prirent leurs aises au rayon Souvenirs. Pour
F : écrasée avec des gâteaux secs et du chocolat en
poudre. Pour moi : écrasée avec du sucre. Comme quand nous
étions des petits garçons. Demain, je mets des copeaux de
chocolat P sur ma tartine beurrée. Après-demain, j'étale,
sur ma tartine de "pain de deux", le pâté de foie
de la boucherie de la Chapelle-des-Pots. Comme dans le temps, quand ma mémé
m'appelait pour me dire "O'l'est l'heure de la collation !" ou
bien "Vins-tu mangher ine goulée ?". Ah la la jh'eutions
beunèze asteur quand jh'eutions in p'tit drôle. (Patois saintongeais
approximatif).
Je ne croyais pas la nature humaine capable de telles bassesses.
Alors pour oublier ce dont on avait été témoin dans
l'après-midi, on a regardé Kill Bill 2. Ainsi,
les méchants étaient dans un film, et la fiction nous faisait
oublier la réalité. Dans Kill Bill 2, Uma va à la recherche
de Bill pour le killer bicoz la vengeance est un plat qui se mange quand
on sort du coma. Car rappelons-nous, il lui a balancé une bastos
dans sa tronche de blondasse qu'il ne pouvait plus piffrer.
Après l'amusant exercice kung-fu du premier épisode, Tarantino
nous offre un scénario bien plus travaillé et sans relâchement,
un hommage aux road-movies comme aux séries japonaises des années
80, et une scène mémorable de crêpage de chignon en
mobilhome.
On raconte que Tarantino prépare une version ciné de Boule et Bill, nos deux héros de BD se retrouvant sur leTitanic. Ca s'appellera Coule Boule.
Ca va encore sautiller dans les slips en coton : Franz Ferdinand revient.
Un qui n'a pas sautillé, mais qui s'est bel et bien
effondré dans Ginou's garden (après avoir fichtrement résisté,
le cochon !), c'est ce fichu prunier, haut d'une demi-douzaine de mètres,
qui n'offrait chaque septembre que des reines-claude à moitié
pourries, l'autre moitié méritant à peine que l'on
s'y intéressât. Le problème, quand on abat un arbre
de grande taille - donc par définition un arbre, pas un arbuste -
c'est de savoir comment il va tomber. Et où. Et à quelle vitesse.
Craignant pour le grillage des voisins, pour les pieds de tomates encore
vivaces et pour les fleurs encore joviales, il fallait ruser. Car si Newton
nous a bien expliqué les raisons de la chûte, il ne nous a
pas pondu des trajectoires fonction de la forme des branches, il ne nous
a pas non plus fourni
l'emplacement
du centre de gravité du cochon en question. Négligeant donc
la physique de notre jeunesse (résistance de l'air, gravité,
accélération, etc. Tof il faudra me faire un rappel, j'ai
tout oublié) nous avons employé, pour retenir la chose, des
échelles et de la patience (un coup de scie par ici, un coup de maillet
par là) pour le laisser plier doucement, puis rompre, et faire s'envoler
F sous la magie de ses mouvements, s'effondrer sur les fleurs, écrabouiller
une échelle, décapiter un pied de tomates...On appelle ça
des dégâts collatéraux, non ?

Il faut bien avouer qu'on y aura passé du temps. Plus de temps que prévu. Il faut bien avouer qu'on aura pataugé, faute d'expérience, faute de concentration optimale, faute d'une méthode de programmation convergente, faute de $_GET. Beaucoup pataugé. Il faut bien avouer que ça m'a bouffé tout mon temps et que je n'ai pas eu le temps de chercher un CDI ou un CDD (il faut bien avouer que je mise beaucoup d'espoir sur le poste au PdlD). Il faut bien avouer que j'aurais beaucoup appris pendant ces trois semaines, et que j'chuis devenu un fucking killer en PHP. Hum... Reste à le prouver.
"C'était
un gamin, un gosse de Paris,
Pour famille il n'avait qu'sa mère.
Une pauvre fille, aux grands yeux rougis,
Par le chagrin et la misèèèreeuuh."
... Ainsi commencent Les Roses Blanches. La chanson. Les miennes,
vraies fleurs achetées en boutons vendredi, commencent quant à
elles à piquer du nez...
Après-midi amicalo-studieuse, avec Marion qui vient pour son site web. Et soirée schizo... D'un oeil, l'écran de mon ordi et le code qu'il faut encore modifier, optimiser, trifouiller... De l'autre oeil, l'écran de l'ordi de F et Uma qui gigote en baskets jaunes pour faire voltiger les bras et les têtes. Un oeil ne m'a pas suffi pour analyser la qualité de KillBill-1 au deuxième visionnage, mais je crois que j'aurais bien aimé le regarder pleinement.
17h. Les collégiens sortent de Françoise
Dolto, établissement scolaire très très proche. On
raconte que le collège en question n'est pas... heu... comment dire...
le mieux fréquenté. Je ne sais pas s'il est bien ou mal fréquenté,
je sais en revanche qu'il accueille une bande de gamins complètement
dégénérés qui, à chaque sortie des cours,
hurlent, crient, hululent, caquettent, barissent, hénissent, meuglent,
glougloutent et émettent des pelletées de décibels.
17h02. Je ferme la fenêtre du salon.
Journal de 20h de France2, regardé sur france2.fr vers 22h. Soudain, subrepticement, tout à coup... qui vois-je et qui cite-t-on ? Monseigneur David. Monseigneur David prit, l'été 1988, le même train que moi. Nous avions le même but : Lourdes, comme tous les autre pélerins. J'y allais avec ma mémé Lucette, Mme Sardain (voisine et amie de ma grand-mère) et le petit-fils de Mme Sardain. Il devait avoir 8 ans. J'en avais 14... si je ne me suis pas trompé dans l'année (n'était-ce point 1987 ?). Et Monseigneur David me demanda de distribuer des petits papiers dans le wagon. Je crois que c'était des prières... oui, il y a fort à parier que c'était des prières : je me souviens que la Vierge Marie y était représenté. Voilà. C'est tout. Je ne suis pas ressorti plus croyant après ces quelques jours là-bas, les vierges en plastique dans les vitrines me présentant une bien vilaine facette d'une Eglise qui ne m'avait de toute façon jamais attirée. Mais j'ai éprouvé une terrible compassion (le mot est-il adéquat ?) pour ces handicapés et ces mourants qui venaient là en dernier recours. De là vient sûrement mon respect des croyants. Et mon indétrônable athéisme.
On vient de le constater, mes grands-parents sont régulièrement au coeur de mes pensées. La grand-mère de F est partie aujourd'hui, glissant doucement vers le monde des souvenirs de jeunesse. Mon coeur est avec celles et ceux qui s'attristent de la nouvelle.
Les dimanches se suivent... et se ressemblent. Taillage de glycine, porc et merguez sur le barbecue. Schwein et wurtz, comme disent (presque) nos voisins allemands, ceux-là même qui ont vu Angela se faire tailler une petite veste, et Gerhardt faillir finir au grill. Un peu indigeste, les élections allemandes...
Le
cahier de F sera-t-il plus digeste ? Celui de l'an dernier était
un collage de teintes automnales. Celui de cette année uniquement
dessiné et peint, dans des tons bien plus vifs. Piquant une idée
ici, une autre là, j'ose cette fois l'Art Nouveau, changeant des
cheveux en volute et prenant surtout un plaisir immense dans une nouvelle
tentative typographique ou dans l'utilisation d'un peu de gouache
rouge carmin ou bleu
cendre... Affaire à suivre, et surtout à terminer.
Des
mois que l'Arno répétait : "je veux aller voir l'expo
Martin Parr à la Maison Européenne
de la Photographie". Ouf... c'est fait, la veille de la fermeture.
Car en ces journées du Patrimoine, penchons-nous un peu vers le patrimoine
sociétal de l'Angleterre des années 70-80 et glissons, avec
l'évolution du travail du photographe, vers une critique de la société
de consommation. La critique de la société de consommation,
vous allez me dire qu'elle est facile, qu'on peut faire facilement de la
démagogie avec deux gros plans sur un hot-dog et un M jaune. Oui
mais voilà, reconnaissons en l'artiste son humour (so brittish ?),
la beauté de ses couleurs ou son goût juste du détail.
Des différents travaux de Parr, on pourra aussi parler de la mise
en exergue (dénonciation ? ) d'une certaine vulgarité, issue
des couches bourgeoises de la société, ces mêmes couches
qui se posent justement en parangon du bon goût. Les quatre trentenaires
allemandes qui parlaient fort dans l'exposition, ou la morue qui faisait
claquer les talons de ses bottes eurent donc la joie de voir leurs semblables
anglaises en photo.
Autre joli travail sur les couleurs : le Mystère de la chambre jaune. Voilà un film bucolique et policier qui s'avère un délice cinématographique, et un plaisir romanesque pour celui qui n'a pas lu le livre de Gaston Leroux : moi.
Dans la famille C, je demande... la marraine ! Bonne pioche... Voici donc Corinne et Dominique qui viennent déjeuner. Le pâté, fait maison il y a quelques mois, nous rend craintif : ses cousins n'avaient pas bien géré la stérilisation et avaient fini pourris dans la cave. Celui-là a l'air correct, mais... mais... mais heureusement il y a du gigot d'agneau, du gorgonzola et du clafoutis pour mâcher le reste du déjeuner sans angoisse.
C'est incroyable le hasard... En achetant "Les Maisons", de Christophe Donner, je ne pensais pas lire (encore !) un livre autobiographique. Mais entre cet ouvrage et celui de Christophe Honoré, tellement d'autres similitudes : le rôle du père, l'amour des hommes, la mort de ceux que l'on aime, ou (moins courant avouons-le, et très intéressant) l'interrogation sur l'écriture de livres pour enfants (les deux auteurs ont ce point commun). Et la dure réalité de nos vies. Déchirant, ce passage où Ch. D. rend visite, à l'hôpital, à un homme qu'il a aimé. Et qui meurt devant ces yeux.
Lectures plus heureuses, Etapes vient d'arriver dans la boîte à lettres. Ah non, pas exactement. Car nous n'avons pas de boîte à lettres. C'est Monsieur A. qui réceptionne le courrier. Quand je suis arrivé ce soir, il m'a fait un beau et grand sourire dévoilant... sa dernière dent. Monsieur A. est un vieux monsieur qui fait office de gardien. Un vieux monsieur qui a l'air très vieux mais qui ne l'est pas tant que ça, un vieux monsieur qui regarde la télé toute la journée, et qui parfois s'endort devant, un vieux monsieur qui laisse parfois sa porte ouverte, l'odeur nauséabonde de son logement envahissant alors les escaliers.
Rusalka,
fille d'Ondin, avait vu un beau jeune homme près de l'eau. Elle voulut
alors devenir humaine afin de l'aimer et d'être aimée... quitte
à devenir muette, voire damnée. Mais non mais non, je ne me
suis pas plongé dans un conte de fées à l'eau de rose
(Hé ! Z'avez noté le champ lexical aqueux ?)... C'est juste
le résumé de Rusalka,
opéra de Dvorak qui nous a amené à Bastille ce soir.
Une mise en scène légère et globalement très
agréable, une bien jolie musique, et même si j'avoue un relâchement
d'attention dans le 3ème acte, j'ai beaucoup aimé.
Surprise
en arrivant à la maison : deux places d'opéra sur mon clavier.
Pour demain ?? F parfois, avouons-le, est étourdi... il avait oublié
de me prévenir de la bonne idée de Fabienne de nous remettre
sur le droit chemin culturel dès la rentrée, en attendant
Cosí Fan Tutte et La
Bohème en octobre. Et là,
vous allez me dire que je viens de faire une phrase un poil trop long et
vous allez ajouter : "Mais c'est cher l'opéra !?" Non,
il y a des places à moins de 10 euros, mais il faut : soit avoir
le courage ou le temps ou la bonne idée ou le réflexe ou la
bonté ou tout ça en même temps d'aller les chercher
; soit remercier infiniment Fabienne.
La pizza du déjeuner n'était pas mauvaise. Mais elle s'était fait attendre. Attendre. Attendre. Attendre. Tellement attendre qu'en guettant les faits et gestes des serveurs, espérant les voir arriver (les pizzas), on s'aperçut que... tous les serveurs se ressemblaient. Bon ben voilà, à part ça elle était au chorizo.
Bonne
idée d'utiliser une carte postale comme marque-page. La superficie
de l'objet est correcte pour éventer l'Arno dans les transports en
commun, en particulier dans la rame bondée du métropolitain,
étuve adéquate au petit matin pour créer sous la chemise
des torrents digne des chutes du Zambèze. C'est en l'occurence une
carte postale reçue récemment qui séparait ce matin
la page 12 dela page 13 avant de m'éventer, une très jolie
carte postale envoyée par ma soeur Olivia lors de ses vacances en
Cantabrie, et qui représente El Capricho,
monument étonnant du non moins étonnant Gaudi. Une carte postale
que je ne secoue pas trop pour m'éventer : je n'aimerais pas l'abîmer.
M'enfin... ça titille mon envie de revoir l'Espagne, cette terre
à l'origine de mon patronyme et de mon goût pour le chorizo.
Sur les pizzas bien sûr.
Retour au jardin. Je délaisse donc ce matin le PHP pour la prise du vue. Les couleurs encore présentes dans le jardin en cette fin d'été, la pluie qui a laissé traîné ses gouttes... ça m'inspire un peu. Mais il faut penser à se rendre un peu utile, alors je grimpe sur un vieil escabeau bancal pour tailler la glycine.






Christophe. Honoré le citait justement dans le beau livre terminé il y a deux jours. Christophe Donner s'installe entre mes mains pour la lecture de Les Maisons.
C'est
dans les vieux popots que l'on fait les meilleures sousoupes ? La compipil
des Inrocks de cette semaine aurait tendance à le prouver. Malgré
la présence des fascinantes Cocorosie, c'est bien le Gang of Four
qui m'aura fait éprouver du plaisir pendant la vaisselle. J'essaie
de goûter à nouveau aux joies auditives du rock, car... faute
de sous, faute de temps, faute d'une passion aussi dévorante que
jadis (et faute de goût ?), j'ai délaissé la musique
en 2005. Mais je ne peux pas vraiment dire que cela me désole : mes
plaisirs littéraires ou créatifs ne sont pas négligeables
et me permettent de glisser une litote. Je risque néanmoins de ressentir
un fort désappointement si aucune compil ne voit le jour en décembre...
Moi qui citais Dominique A 5 jours plus tôt, je le vis justement aujourd'hui à la terrasse du Zéphyr. C'est dingue, non ? C'est dingue surtout comme ça n'a aucun intérêt.
"C'est
l'époisse" entendit-on à l'arrivée des soeurs
P. Christophe, lui, était déjà arrivé. Un apéro
modeste, puis des pâtes, oui, mais des pâtes aux deux goûts,
pour satisfaire la curiosité des papilles. Arriva ensuite sur la
table l'époisse, celle dont l'odeur avait envahi la journée
de Béa. Accompagnée d'un brie coulant (un brie qui court,
c'est toujours l'occasion de faire un jeu de mots), elle se révéla
bien plus délicate en bouche qu'aux narines. Et puis, enfin, le dessert.
Gâteau au yaourt, accompagné de sa myriade de confitures faites
maison (la maison de Maria, celle des soeurs P ou la nôtre)... pêche,
citron, orange,
pomme-mandarine, mûre...
Avec tout ça, évidemment, la soirée avait bien avancé,
et nous n'arrivâmes au Tango qu'à 22h40, histoire d'éliminer
le gras et le sucre ingurgités. Cela faisait bien 6 mois que je n'y
avais pas mis les semelles... Y a pas à dire : j'ai pas progressé.
"Sur
la tête de ma communion !", a dit cet adolescent à ses
deux amis en passant à côté de moi. Les jeunes de maintenant
ont des réflexions bien étranges... Je venais justement de
lire, dans le livre de Ch. Honoré, le résumé
de sa relation avec le christianisme. Car cet ouvrage est autobiographique.
Après Ernaux ou Grimbert, je continue donc de m'introduire dans la
vraie vie des gens qui écrivent... Ch.H. parle de lui, de ses sentiments,
de son travail, de ses doutes, des épreuves de la vie... et m'émeut.
Le même récit me captiverait-il autant s'il était romancé
? Je n'ai pas envie (ni le temps, ni le courage ce soir) de répondre
ici à cette question... Cet ouvrage ne mérite pas une petite
analyse sur un coin de web...
Allez... je retourne bosser...
PS. Maman, si tu t'inquiètes de mes déjeuners constitués principalement d'un sandwitch pourri, j'ai mangé un bon couscous à midi.
Bourgeoise. C'est le qualificatif qui me vient à l'esprit en voyant cette femme (coupe au carré, pantacourt marin, mocassins crème, etc.) lisant dans le RER. Assis en face d'elle, un homme, sûrement pas quadragénaire, d'origine maghrébine et du genre armoire à glace. La femme fait tomber son marque-page et ne s'en rend pas compte. L'homme assis en face d'elle s'en rend compte. Il adresse à la femme un "hé hé" d'une petite voix, en désignant du doigt le marque-page par terre. Elle ne bronche pas. Il pense qu'elle ne l'a pas entendu alors il lui tapotte délicatement le genou en répétant son "hé hé"... Elle ne bronche toujours pas. Il me regarde, avec un sourire qui en dit long sur ce qu'il pense d'elle... et sur ce qu'on pense qu'elle pense de lui. Je suis bourré d'a-priori envers ces gens-là... Dieu me pardonne.
Peu après, deux femmes s'installent dans la rame. L'une en face de moi, jupe marron clair à motifs 1968, pull (à cette chaleur !!) bien assorti, à frou-frou avec le bout des manches en angora synthétique. L'autre à ma gauche, jupe à motifs 1978 dans les tons de bleu ciel, et pull... heu... je ne sais plus... j'ai surtout vu ses faux ongles rouges vifs et très épais. Plongé dans ma lecture avant leur arrivée, je me suis mis à les écouter et les observer, comme il est bon de le faire. Elles débitaient des bêtises sans intérêt, des conversations de collègues de bureau qui s'apprécient et se charrient (l'une d'elle passe ses journées à manger, et l'autre a décrit l'appétit féroce de la première avec un humour impeccable). Le nez dans mon livre (le nez cependant happé quelques secondes par une odeur de tic-tac que l'une d'elle sortit de son sac), je les ai ai donc écouté et leur présence m'a fait un bien fou après cette journée un peu dure, leurs blabla me faisant sourire, leur légèreté les rendant vraiment sympathiques... Je restai alors bourré d'un a-priori ENCORE PLUS négatif envers l'autre, là, la pimbêche assise au bout de la banquette. Dieu m'a pardonné.
Je vous déconseille fortement le fondant au chocolat de chez Casino. Vendu en part individuelle sous blister, il vous fait exploser le taux de glycémie à la première bouchée. La tarte aux pommes de la veille, après un médiocre sandwitch au faux saumon, était elle aussi plutôt... heu... pas bonne. Voilà, c'est tout.
L'absence
de café en journée
semble être néfaste pour moi. Pas de café ce matin,
pas de café après déjeuner... et voilà qu'à
peine installé sur ma chaise, à 13h37, me prit l'envie de
dormir. L'envie plus forte que vous, celle qui vous tenaille, vous fiche
des grands coups de massues sur le crâne, vous fait piquer du nez,
vous clot les paupières,... la bonne grosse envie de piquer un bon
gros roupillon bien gras quoi... Comme on bosse en "extrem programming"
(l'un code, l'autre surveille et propose des améliorations), je...
heu... ben j'avoue, je me suis assoupi pendant que L programmait. Mais oui,
assoupi. Oh, j'sais pas, genre 1 seconde... M'enfin, assoupi... tout de
même... Et puis le pire... c'est que j'ai dû m'assoupir comme
ça à deux ou trois reprises... Mais je n'en suis pas sûr
: entre les deux je somnolais.
Dominique A chantait "Il ne faut pas souhaiter la mort des gens, ça les fait vivre plus longtemps". Un homme haï par une majorité de gens, à savoir l'ultra-réac président de la cour suprême (de poulet) des Etats-Unis, est donc mort aujourd'hui à 80 piges.
Je ne sais pas si Dominique A chantait une chanson sur l'ennui, mais c'est le sentiment qui se dégage pendant "La Demoiselle d'Honneur", de Claude Chabrol. Lui qui sait laisser flotter d'habitude une ambiance inquiétante, m'a cette fois laissé perplexe.
On s'en fout : Bernadette est allée voir Jacques à l'hosto.
On
(article bel et bien indéfini) crève de faim du Niger à
la Louisiane... mais pas à Claye-Souilly (sourire gêné).
Entre un bout de jardinage et le périlleux montage d'une armoire
plus que centenaire : opération "plein la gueule". Le barbecue
en fonte récemment acheté par Ginou n'avait pas encore été
étrenné... c'est fait. Et un samedi, pour épargner
les supersticieux. En effet, ma mémé Raymonde, aussi supersticieuse
que croyante, me répétait sans cesse qu'on ne devait rien
étrenner un vendredi. Tout achat est donc l'occasion de penser à
elle... même si je ne respecte pas toujours ses conseils (sourire
gêné).
J'avais commencé hier "La petite robe de Paul" parce qu'avec son format poche je l'avais, à juste titre, glissé dans ma poche. Pas enthousiasmé par ce récit trop imprégné de psychanalyse, j'ai préféré glisser dans mon sac, ce matin, "Le livre pour enfants" de Christophe Honoré. Et tout de suite, je m'y suis senti à l'aise. Pas à l'aise, en revanche, en voyant au JT les noirs entassés à la Nouvelle-Orléans ou virés sans ménagement à Paris.
J'avais oublié les rames bondées aux heures de pointe. Celle de ce matin était bien remplie, et comme la pluie m'avait poussé à mettre une veste, j'ai très vite eu très chaud. Car l'atmosphère était lourde. Après tout, c'était la rentrée, mais c'était encore l'été. C'était même peut-être, dans les thermomètres et les baromètres, encore plus l'été que les semaines passées. Donc voilà, j'ai vite eu très chaud, j'ai vite sué, peut-être même qu'à la station Belleville déjà j'étais en nage, les yeux à 15 centimètres d'un fard à paupières vert et l'esprit tentant de s'inspirer de cette couleur pour penser à autre chose qu'à cet enfer matinal. J'ai ensuite eu chaud toute la journée. C'était horrible : j'ai passé la journée moite. Au retour ce fut pire. L'heure était encore de pointe, la chaleur aussi... Une journée de merde, alors ? Non. Une journée à bosser. A vraiment bosser, avec des gens autour, avec une ambiance de travail. Pas un ersatz de travail pénible, bénévole et à domicile comme j'ai pu en avoir avant l'été, pas une formation qui vous bouffe le cerveau... non non non un boulot. Bon, OK, un boulot de quelques jours mais... Qu'est-ce-que ça fait du bien !