
Il avait au moins 80 ans. Il était assis en face de JP, chez Fernando. Et tandis que nous mangions de la morue, la discussion sur le CPE dévia sur ce qu'il vécut, lui, à l'âge où aujourd'hui on manifeste. Il avait fait la guerre, celle de 39-45. Les bombardements, les camps, il avait connu et l'émotion brouillait ses yeux quand les souvenirs venaient, désordonnés. Je l'écoutais, ne disais rien. Je me sentais tellement petit face à cet homme qui avait connu de telles horreurs et qui témoignait de manière tellement objective, sans rancoeur, sans haine, comparant avec humour les caractères latins et germains (sic). Voilà qui donne envie d'aller plus souvent déjeuner chez Fernando.



Et après ça, il faut quand même que je fasse le couillon. Nettoyant le PC de F et virant les dernières chansons qui y trainaient, mon oeil se posa sur la webcam et il me grimpa au cerveau l'envie de retrouver le plaisir des débilités au 15ème degré d'autrefois — souvenons-nous de la rubrique "chanteur". Alors voilà, c'est encore plus puéril que l'achat des pommes-de-terre du 4 mars... Nous avons donc en rayon une première vidéo, une deuxième vidéo et une troisième vidéo.
C'est aux toilettes du boulot que je m'en suis rendu compte, et que je me suis écrié "Oh ben ça alors ! Il en manque un !". Il faut croire que je n'étais pas très bien réveillé ce matin, car j'aurais dû m'en apercevoir en mettant ma ceinture : il en manquait un. Un quoi ? Un passant. Oui, un passant, sur mon tout nouveau jean. Y a un bug, quoi... Alors après ça, je me suis dit que j'avais de la chance, que ça allait remplir mon journal du jour, surtout quand j'allais esayer de placer la comparaison avec la belle chanson "Les Passants" de Barbara.
Tous les passants s'en sont allés,
Plus rapides que la mémoire,
Écrire un petit bout d'histoire,
Les uns debout, d'autres couchés.
Certains sont entrés dans l'histoire,
Sans avoir eu le temps d'y croire,
Pas même le temps d'y songer.
Et il faut croire que c'était la journée des passants... Sur le trottoir, un type bougonnait des horreurs racistes. Au moment où je le dépassai, le vent retourna le parapluie d'une piétonne qui passait, et il dit : "Ah ben oui, c'est pas un paravent" et il me regarda en rigolant, attendant sûrement un sourire en retour. Je ne répondis que d'une moue qui en disait long sur mon envie de rire. Et le voilà qui ajouta : "Ah s'il pouvait y avoir des para-râclures... gna gna greubleuglre...". Je criai donc un "et les para-con, on les a pas inventé non plus". L'énergumène s'énerva, évidemment, et derrère moi me balança une tripotée d'injures, parmi lesquelles un épatant "pourri de français", une étonnante critique sur le port de la casquette, mais surtout une majorité d'insultes homophobes. J'ai finalement traversé la rue plus tôt que prévu, laissant sa face pourrie de vieux fasciste d'1m10 (Ben oui, ç'aurait été un jeune gaillard à l'allure de rugbyman, j'aurais rien dit) maugréer de l'autre côté de la rue. Bon bon, quand même, la prochaine fois je me tais, car c'est quand même un peu risqué de parler grossièrement aux vieilles crevures : ça peut encore se rebiffer.
Je me rendis le coeur joyeux chez les Natof, histoire de fêter comme il se devait l'anniversaire du bout de gras rigolo qui leur sert de fille. Un petit tour au Printoche pour trouver une petite robe ; j'en profitai pour me trouver un jean pour 42 € puisque avec les 8 jours en or du Printoche le jean ne coûtait plus que 42 €. Voilà, voilà, donc le coeur joyeux, je bisai, nous blablatâmes jusqu'à... ben jusqu'à ce que j'apprisse que l'anniversaire de la petite... c'était hier.
C'est un peu la zizanasse dans les stradas. En revanche, au boulot, y
avait pas foule : on était trois et demi. "Et demi" parce
que le boss a fait une apparition, et qu'il est reparti en nous disant de
partir plus tôt ce soir. Ah ouais, ben tu parles, quand le client
t'appelle à 16h50, tu peux courir pour partir à 16h45.
En tout cas, face aux manifestants, il reste de glace, Villepin. Villepin
de glace, me direz-vous... En tout cas il a l'air grillé, pour la
présidentielle : été 2007, il pourra aller dormir sur
la plage, sous son Villepin parasol.
Bon alors y a vraiment des frapadingues sur cette planète, mais s'ils
n'existaient pas on se marrerait moins. Allez,
cliquez sur le lien... et cliquez ensuite sur "view clip".
Let's go !
Il
est parti. Dans des contrées germano-slaves. Il est parti et il a
fallu sauter du lit à 4h30... De retour dans mon lit, une heure plus
tard, impossible de me rendormir, les persiennes du voisinage tapant sur
les fenêtres et sur mes nerfs. La nuit fut donc courte, mais la journée
ne fut pas tant un acte de résistance que ça. Comme quoi je
me surprendrai toujours.
Il est de surcroît parti avec mon appareil photo, et afin d'illustrer
ce lundi dans le gaz, me voilà obligé de rebrancher la webcam,
pauvre petite cam noyée dans un carton au milieu de cables informatiques.
Mais après tout, pour un jour de solitude, c'est de circonstance,
puisque la cam isole.
A l'heure où les pigeons viennent roucouler devant la fenêtre de la salle-à-manger et où tout volatile est soupçonné d'avoir la fiente grippée, une colombe était à l'affiche aujourd'hui... Un agréable moment sur la musique de Charles Gounod, pour qui aime la fraîcheur de cette musique françêêêêze... Un agréable moment avec un bémol : il est regrettable de faire chanter les chanteurs dans la salle, because ça fait chûter le nombre de décibels atteignant les conduits auditifs. C'était déjà, à mes oreilles, une évidence à l'opéra Garnier pour Così Fan Tutte... A bon entendeur...
Parmi
les dernières chansons téléchargées illégalement
sur Internet et qui attendaient depuis plusieurs mois d'être copiées
illégalement sur un cd, il y avait cette chanson de Sylvie Vartan
où elle parle de la pluie qui tombe. C'était de bonne augure
pour aujourd'hui : le temps était si maussade qu'il aurait pû
infiltrer la Palestine — fouyaya t'as vu le jeu de mot.
Bref, donc il y avait cette chanson mais Sylvie chante tellement mal dessus
que j'ai préféré la pousser dans la corbeille (la chanson,
pas Vartan). Ce sont donc d'autres ritournelles, frisant parfois la ringardise,
qui nous accompagnèrent jusque chez Ginou : "Comme un garçon"
et "2min35 de bonheur", mais aussi des chansons de Gloria Lasso,
Luis Mariano, Marie Laforêt, etc. et qui nous accompagnèrent
seulement sur l'aller, tellement la route fut longue à cause de la
circulation. Finalement, dès qu'il pleut, il y a deux choses qui
sortent en nombre : les automobilistes et les vers de terre.
Dimanche,
y a concert, disais-je hier. Mais ce matin aussi, avec une représentation
pour les scolaires. J'ai la tâche de jouer à l'ouvreuse, et
ensuite au photographe. Hier, j'avais pris mes clichés depuis la
salle, et ce matin je grimpe au balcon pour un autre point de vue. C'est
toujours un peu difficile de prendre des photos de spectacle. C'est peut-être
un peu dû à mon appareil qui, malgré toutes ses qualités,
ne me semble pas très sensible à la lumière... Mais
le problème, surtout, c'est le mouvement
des
chanteurs et le perpétuel changement d'éclairage, qui obligent
à prendre de nombreux clichés avec différents réglages
pour obtenir un résultat satisfaisant. Me voilà donc avec
267 photos, il me reste à faire le tri.
Faire le tri ? Justement, j'ai pu constater une fois de plus, en sortant
du travail en fin d'après-midi, que certains ne se posent pas de
questions sur les déchets qu'ils jettent. Le coin du passage des
Soupirs et de la rue de la Chine est un lieu de désolation où
les riverains entassent souvent ce qu'ils souhaitent voir disparaître
via une benne. Hier, c'était un meuble désossé. Aujourd'hui,
un pot de peinture et un sapin. Un sapin ? Moi j'vous l'dis : y a plus d'saison
!
Ca approche à grands pas ; d'ailleurs en ce jeudi 23, c'est la générale. Alors n'oubliez pas : dimanche, y a concert !
Il y a du cinéma dans ces pages là : un style semblant fait
pour un écran noir, du suspense, de l'amour et des anti-héros
— j'allais écrire des "nantis-héros" mais
je devrais m'abstenir parfois d'écrire des jeux de mots. Et voilà
terminée la lecture de ces pages là, du court mais efficace
— et insoupçonnable, c'est marqué dessus — roman
de Tanguy Viel. Terminée ? Sprintée, oserais-je dire !
L'installation de l'action étant un peu longuette, j'avais un peu
traîné des pieds au début de la lecture (commencée
le 14 de ce mois : ça date). Et puis, ce bougre de Viel sait l'installer
l'ambiance mieux que l'action, tellement bien que, quand ça commence
à devenir intéressant, quand on sent que ça va tourner
au vinaigre, on dévore l'objet pour connaître la fin, on hésite
même à lire les dernières pages tout de suite pour se
débarasser de cette angoisse qui nous étreint. Enfin... je
dis "on", mais moi j'ai bel et bien failli lire la fin. Et le
pire, c'est que le dénouement est tel que je suis encore plus angoissé
qu'avant. Ah la la, c'est pas de tout repos, d'aller au cinéma.
Une petite réunion professionnelle m'entraîne en terrain inconnu : la Porte de la Chapelle, via la Place Pigalle, puisque le métro Pigalle est en travaux et qu'il faut ressortir, faire quelques mètres et reprendre une autre entrée de station pour passer de la ligne 2 et à la ligne 12. Et vice-versa. Plus de vice que de versa, d'ailleurs, à Pigalle. Me trompe-je ?
M'enfin, heureusement que j'avais mon permis de conduire tout coincé-plié dans mon portefeuille, parce que je n'avais pas vraiment prévu qu'un grand gaillard dans une petite guérite me demanderait une pièce d'identité. Je me demande d'ailleurs ce qu'il serait advenu de mon sort si je n'avais point montré patte blanche et papier rose. M'aurait-on renvoyé manu-militari dans mes pénates et épargné un chaotique aller-retour dans un ascenseur rouge ?
Ca a l'air anodin d'acheter un pantalon. Ca l'était, en tout cas, quand je l'ai acheté, l'autre jour, à Saintes. Et puis il fallait ajuster la longueur, alors, comme on dit, F a fait mes bas de pantalons, parce que je vous rappelle que F sait coudre, et quand je dis coudre je dis qu'il s'est même fait des vêtements et tout et tout ah la la quel homme complet ! Bref, donc hier, voilà, ce fut une grande nouvelle qui a complètement désanodinisé l'aspect anodin de l'achat de ce fichu pantalon mal coupé car finalement il n'était pas cher du tout et même encore moins cher que pas cher grâce au soldes mais pas cher ça voulait dire pas très bien coupé ce pantalon mais je sens mes lecteurs impatients de connaître la nouvelle en question. Voilà : j'ai appris que j'avais une jambe plus courte que l'autre. Fichtre. F m'a dit que c'était normal. Vous le croyais, vous ?
La
Flûte Enchantée tournait depuis une
semaine dans l'auto-radio, et la voici ce dimanche en bois et en os. L'ENMD
de Montreuil fêtant actuellement ses 30 ans, elle donnait aujourd'hui
le "Singspiel" de Mozart, joué et chanté par les
élèves — on notera pour être précis la
présence de quelques profs dans l'orchestre ou les choeurs. Le résultat
était fort agréable (soyons positifs et oublions les quelques
défauts musico-récitativo-directivo-vocaux), détérioré
cependant par la présence derrière nous d'une petite peste
posant sans cesse des questions à sa mère, une mère
offrant une mauvaise éducation à sa fille, une mère
indifférente à notre espoir d'écouter l'opéra
dans le silence. M'enfin... ça m'a quand même fait un peu bizarre
de retourner à Montreuil, et encore plus de passer devant mon ancien
appartement. Ca a fait un peu bizarre, aussi, d'entrer enfin dans ce bâtiment
montreuillois sur lequel mon coeur balançait, face à une architecture
aussi audacieuse... jugez par vous même.
La journée commença matinalement ; il fallait s'occuper des décors du prochain concert, décors stockés chez Ginou et à emmener à Clichy... L'occasion de vivre une grande aventure urbaine : louer un camion, prendre l'autoroute A1... y a pas que dans les westerns qu'il se passe des choses incroyables.
Pour clore la matinée par un peu de réconfort après l'effort, une pause brocante où j'aurais facilement acheté des petits bibelots à 71 euros pièce si F n'avait pas été là. F s'étant dégoté deux beaux ouvrages (dont un admirable bescherelle de 1867) pour une bouchée de pain (10 euros le bouquin, une rigolade autant qu'une bouchée de pain), c'est par procuration que mes envies de dépense prirent forme.



M'enfin, on n'était pas là pour rigoler, et il advint alors,
au beau milieu de l'après-midi, un événement extraordinaire
: l'Arno bêcha. Oui oui, j'ai retourné 2 ou 3 mètres
carrés de terre avec une bêche. Après ça, je
me suis longuement questionné sur le sens de ma vie, et j'ai dû
avouer quelque chose à F : c'était la première fois
de mon existence de petit-fils d'agriculteur que je bêchais. J'avais
déjà biné, sarclé, taillé, ratissé...
mais point bêché.
- Mon bère, j'ai bêché...
- Vous me réciterez trois bater noster.
Et hop, de mon jeu de mot au film du soir il n'a qu'un pas. J'avais vu Mystic River à sa sortie, et ce film m'avait beaucoup plu. Aujourd'hui, il m'a profondément marqué, ayant beaucoup plus fait attention à la psychologie des personnages, à la morale et à la religion qui imprègne le film. Une religion bien sale, en tout cas, se vautrant dans la boue sanguinolante de la rivière.



Du
boulot à la maison, le chemin est assez rapide : une petite dizaine
de minutes. Un petit bout de la rue de la Chine, un petit bout de la rue
de Ménilmontant et puis la rue des Pyrénées. J'ai souvent
tendance à lever le nez — ou à le baisser pour détecter
les crottes, et quand il fait beau comme aujourd'hui la balade est agréable.
Sortant l'appareil photo pour immortaliser l'aterrissage d'un wc au pied
d'un arbre — un bon moyen pour apprendre la propreté aux chiens
? — j'en profitai pour canarder le paysage
immobilier. La jolie place du Guignier et ses façades pastels, le
gymnase Pyrénées en brique et sa tour (cheminée ? mirador
?) démesurée, l'ancienne usine électrique désafectée
aux fenêtres parpainguées, les tags du franprox, les belles
façades du début du XXe siècle, les immeubles
pourrito-modernes... un petit condensé de Paris, le pire cotoyant
le meilleur.
Aujourd'hui, je suis également passé par le passage des Soupirs
et deux sexagénaires discutaient. J'appris donc, l'oreille glissée
furtivement dans la conversation, que le jeune Lucien Ginzburg habita ici.
1. A vérifier. 2. On s'en fiche un peu...
Bon alors j'ai failli oublié d'en parler, voilà, je l'avoue quand même : on a regardé "Batman begins". Fondamental ? Fondamentalement con. Ah mais alors là, si vous voulez un avis objectif, allez lire toutes les bonnes critiques sur www.allocinoche.com, mais si vous voulez mon avis c'est du flan de chauve-souris. Bonne nuit.


L'amaryllis
vit ses derniers instants ; il va bientôt faire de la place pour tous
les objets ou les pieds d'aillet* qui encombrent le plan de travail devant
la fenêtre de la cuisine.
L'amaryllis vit ses derniers instants et s'assombrit à l'agonie.
Son rouge est comme lui :
plus très vif.
*Pour info, l'aillet est un légume, et plus précisément
une pousse verte d'ail (Un mini poireau, en apparence). Pour faire pousser
ça, ben... plantez des gousses.
Les Inrocks nouvelle formule débarquent après avoir viré les empattements du logo, glacé le papier et pondu une nouvelle maquette d'un classicisme triste, sorte de brouillon de Télérama avec une pincée de contenu à la mode Technikart pour faire (encore) jeune. Va pourtant falloir le lire...
Bon
ben à part jouer à Prince of Persia, vous savez, j'ai pas
fait grand chose. On va dire que je perds mon temps, m'enfin décapiter
des monstres et des grognasses en combinaison rouge miaulant "mmmm...
cette position te va si bieeeennnn" quand le Prince est par terre,
ça défoule. Le plus fort, c'est que le jeu est interdit aux
moins de 16 ans, et pas seulement parce que ça gicle un max de l'hémoglobine.
Peut-être aussi parce que, quasiment au début du jeu, on a
un gros plan sur une paire de fesses d'une guerrière court vêtue
(de dos en tout cas, c'est comparable à un string) et que les grognasses
en combi rouge (que j'ai tendance à surnommer d'un terme fort grossier)
elles font comme des sous-entendus. Mais le Prince il s'en fout, il est
pas là pour la bagatelle, et quand les grognasses se retrouvent coupées
en deux dans le sens de la hauteur, elles miaulent moins. SSscchhhhlaaaaaaaaaa
!
Un peu de culture dans ce monde de brutes avec la lecture de "Insoupçonnable". Tanguy Viel retrouve le thème de son précédent roman - le petit banditisme - et moi je retrouve une écriture pointue arrondie par la narration de Sam. Un petit plaisir de table de chevet.
Bonne fête à tous les Rodrigue, et à tous les Rodriguez de France qu'on surnomme un jour ou l'autre ainsi : Rodrigue. Avec option "Rodrigue, as-tu du coeur ?" pour ceux qui veulent extraire 3 grammes de culture de leur cerveau polyphosphaté. Franchement, je n'ai jamais aimé qu'on me surnomme "Rodrigue", un peu parce que je n'aime pas la sonorité de ce prénom, mais principalement, parce que, fier comme un hidalgo, je suis trop attaché au signe hispanisant qui termine mon patronyme. Pigé ? Alors le premier pue-du-bec qui m'appelle comme ça, je lui glisse des cure-dents sous les ongles.
J'ai un train de retard avec Camille, la chanteuse dont on parle depuis longtemps et encore plus depuis les victouares de la musique. J'ai rattrapé le train ce soir, et alors je crois que ses arrangements à la "ouap dou ouap clap clap" m'agacent un peu. Mais sinon, j'avoue que c'est assez hypnotisant...
Mais j'ai beau changer de sujet pour faire diversion, les casse-pieds ne vont pas me lâcher après le premier paragraphe de ce lundi13 et me dire : "et l'orthographe de ton prénom, tu y es moins attaché ?" Et ta soeur, elle a un blog ?
Sombre dimanche, chantait-elle autrefois... Et pourtant, en ce bleu dimanche, on reste chez soi. Ou presque, puisque... Je suis sorti faire des courses, j'ai acheté le nouveau Tanguy Viel (avouons-le : je suis impatient de le lire), je suis sorti acheter du pain et une salade, j'ai préparé le déjeuner (magret-patatouzes-cèpes sortis du congélo gniarf gniarf), je suis sorti acheter des clopes, j'ai lu les 10 dernières pages de Ravel (au final, avouons-le le suis déçu : il y a comme un goût de ni fait ni à faire dans ce livre), j'ai un peu joué à "Prince of Persia", j'ai un peu travaillé, je suis à nouveau sorti acheter du pain, j'ai préparé le dîner (saumon fumé - salade) et j'ai joué à "Tourne en rond, mon couillon", complètement paumé dans le jeu.
A la Saint Elphège
T'as l'cul dans ton siège.



Il a beau ne pas faire beau, on y va quand même, chez Ginou. Parce que c'était prévu. Alors on enfile du bleu et sous le ciel gris — et même sous un peu de pluie, on désherbe, on bache, on range... Mais le labeur ne dure qu'un temps, et si Tof pouvait m'envoyer sa recette de la tartiflette au saumon et à la fourme d'Ambert, il contribuerait à la rubrique recette de ce site. Merci d'avance, je passe du coq à l'âne si je veux, c'est mon journal...
L'oeil bleu, le deltoïde ultra-développé, le sabre affûté et le sang bouillonant, il m'attendait ce matin dans la loge du gardien. Je l'ai mis sous mon bras, ravi de son arrivée, et je ne lui ai pas laissé le temps de dire ouf qu'il était déjà glissé dans l'ordi. Lui, c'est Prince of Persia, un gaillard prêt à en découdre avec des monstres et des grognasses aux mélopées bien moins douceureuses que les sirènes d'Ulysse. Lui, il va me faire passer des heures carrées devant mon écran dans les semaines qui viennent. Tenez-vous le pour dit.
J'ai déjà glissé ici que le dernier Échenoz
s'appelait Ravel, non ? Je l'ai en tout cas enfin posé sur
la table de chevet, et j'en ai bien entamé la lecture. Voilà
longtemps que je n'avais pas lu l'auteur, c'est donc avec un divin plaisir
que je retrouve son écriture (dite "blanche") et sa malice
pour une bio, mais une bio sauce blanche sur laquelle est judicieusement
appliquée le mot roman. Une bio tellement romancée qu'on y
verrait presque de nouveaux personnages, bien chanceux d'être portés
en héros. Car tu as du bol, héros de Ravel.
De la bio du musicien, on ne retiendra pas grand chose, sauf ses insomnies
et son style vestimentaire. On s'étonnera cependant du silence fait
sur l'aérophagie du maître. Car ils étaient beaux, les
rots de Ravel.
Allez... ça suffit avec mes jeux de mots.
Il y a vraiment des infos sans intérêt : j'apprends donc qu'un champion olympique de lancer de disque, qui possédait une vache répondant au nom de Dora, a abandonné celle-ci pendant qu'elle mettait bas un joli petit veau ; il a préféré aller randonner dans les hauteurs alpines. Moralité : tandis que le discobole erre haut, Dora vêle.
Tiens, d'ailleurs, Échenoz est en couverture du Matricule des Anges, et Placebo en couv' des Inrocks. Kiosquiers et autres vendeurs de presse, vous avez correctement prié pour le salut de votre âme : l'Arno revient vers vous.
Après avoir joué autrefois à "Où est Charlie ?" avec mes neveux, j'ai joué ce soir à "Où est Karelle sur le site de la Galerie MR ?". Bon, il a d'abord fallu trouvé le site en question, extrêment mal référencé... mon journal arrivant avant dans les résultats de gougueule, et - comble de tout - celui de mon ancien employeur aussi qui justement faisait un lien vers la galerie mémère. MR / mèmère, évidemment, le jeu de mot était facile, mais cela n'a jamais été par manque de respect. Car Karelle et moi (ou d'autres comme Philippe, d'ailleurs je me demande si ce n'est pas Phlippe qui la surnommait ainsi), on adorait la galerie MR.
La galerie MR, c'était (c'est toujours, mais je suis plutôt contraint d'en parler au passé), une galerie d'art contemporain d'Angoulême, mais aussi et surtout un magasin d'objets design, le magasin où j'ai le plus souvent mis le nez quand j'habitais la préfecture charentaise. C'était devenu ensuite un mini-resto où l'on pouvait bruncher dans l'arrière-cour et dans de la vaisselle design*. Et ce pour un prix... un poilichon élevé peut-être, mais qu'importe, nous étions jeunes, nous étions fous, et à l'époque j'allais au restaurant extrêmement régulièrement, c'était assez impressionant. Et puis la Galerie MR inventa... l'exposition verticale. Des escaliers métalliques menaient au 3ème ou 4ème étage du lieu, et l'on pouvait, tout en montant les escaliers admirer les oeuvres... (que les angoumoisins me pardonnent si je me trompent dans ma description, ça fait 3 ans et demi...). La galerie MR, finalement, c'était un de mes repères du vieil Angoulême, tout comme "Côté Art" et ses fleuristes sensibles, le "restaurant des Artistes" et son foie gras, "chez Paul" et son jardin, le "Café Chaud" et son balcon... Que sont les dîners avec Philippe et les terrasses avec Karelle devenus ? Je les ai de si près tenus, et tant aimés. Tiens, j'ai cru voir passé un brin de nostalgie...
* Tiens, ça faisait longtemps que je n'avais pas placé un zeugma.
Ils proposent dorénavant le prélèvement mensuel ; ils offrent avec tout abonnement un coffret (100 morceaux, tout de même) qui va paraître très bientôt parce qu'ils ont vingt ans ; ils vont être sur papier glacé. Alors je me suis réabonné aux Inrocks. Serait-ce le grand retour de la presse-addiction chez l'Arno ?
Tecknikart
a 10 ans. Ce bon vieux Tecknikart
dont je ne manquais jadis aucun numéro. Ca fait une paye que je ne
l'ai pas acheté mais l'occasion faisant le larron en foire, je dépense
aujourd'hui 4,50 € pour un peu de souvenirs imprimés. Souvenirs
de lectures dans les trains régionaux de Poitou-Charentes, souvenirs
de top5 amusants, de critiques stupides, de piges trashes, de romans-photos
absurdes, de débats inédits, d'articles de fond sans intérêt
donc complètement indispensable. Mais finalement, après un
premier feuilletage, qu'en retins-je ? La parution du nouveau roman de Tanguy
Viel, les retrouvailles avec Helena Villovitch et les paroles de Herman
Dûne : “Je n'écoute même plus d'indie-rock [...]
j'ai l'impression que chercher obstinément trois bons titres dans
un album c'est une perte de temps.” Tu m'étonnes... c'est bien
pour ça que je n'ai pas acheté ton dernier disque mon grand.
T'as qu'à faire comme moi et réécouter Supper
de Smog en écrivant ton journal.
Il est 10h31. La radio tente de couvrir le bruit du moteur. Nous roulons en direction de Ginou's Garden, the sunday place to be. Francinfo vient de passer une inutile chronique jardinage blablatant sur je-ne-sais quelle réunion horticole à l'autre bout de la Beauce. Je tapote sur un bouton de l'auto-radio et j'arrive sur Nostalgie. Je crois reconnaître Jaunialidé mais je ne connais pas la chanson. Et puis débarque un truc qui ressemble au concerto d'Aranjuez, et comme j'étais super fort à "Fa si la chanter" je trouve tout de suite que c'est Michel Sardou qui va chanter cette chanson qui doit s'appeler "je vais t'aimer" puique Michel il répète "je vais t'aimer" une brouettée de fois dans la chanson. Voilà, ça y est, il commence à chanter : "A faire pâlir tous les Marquis de Sade, à faire friser le moindre bout de salade, je vais t'aimer...". Ah flûte, on n'est pas en avion, y a pas de sac à vomi...
En revanche, je ne me souviens pas si c'est avant ou après qu'on a eu droit à Demis Roussos.
Faire
des courses à la supérette, c'est, pour moi, presque un hommage
à Pavlov. Je rentre, je jette un oeil aux légumes, je prends
machinalement un paquet de pains au lait, je prends machinalement deux boîtes
de sauce tomate, je prends machinalement trois paquets de pâtes et
ainsi de suite jusqu'à la caisse. Presque toujours le même
parcours, presque tout est machinal, quasiment aucune seconde n'est perdue.
Mais aujourd'hui, mon coup d'oeil aux légumes
déclencha dans mon cerveau un petit tilt : il fallait acheter des
patatouzes. Je pris un sac plastique, je m'accroupis devant les roseval
et j'en vis une avec une forme bizarre. Et là, c'est un tilt d'une
puérilité absolue qui se déclencha : je ne pris presque
que des pommes-de-terre tordues, parmi lesquelles un magnifique spécimen
de patate-pied avec trois orteils atrophiés (cf. la photo). Franchement,
ça va être dur de faire quelque chose plus stupide ce mois-ci.
Je ne suis pas qu'un gars puéril, c'est pour cela qu'en allant à la fnoc (pour me faire rembourser mon billet pour le concert annulé de CatPower), j'ai fait un détour du côté des bouquins d'art. J'avais une irréprécible envie de m'acheter un bouquin (de plus) sur le graphisme, et après moultes hésitations mon choix s'est porté sur "Les 100 plus belles images de l'imprimerie", petit bouquin présentant un joli panel de publicités pour des imprimeries, datant de 1830 à 1950 (avec évidemment une mise en avant de l'époque Art Nouveau). Les cordonniers n'étant pas toujours les plus mal chaussés, les imprimeurs ont offert à cette époque des bijoux de graphisme. Non, ce n'est pas qu'un avis subjectif : pour ne prendre qu'un exemple, n'oublions pas que Mucha travaillait chez un imprimeur quand le hasard lui a fait réaliser sa première affiche pour une pièce de Sarah Bernhardt. En tout cas, subjectivement, je ne sais pas si visuellement il y quelque chose qui m'émeut plus que certaines affiches des années 1890. Oui ça m'émeut, c'est complètement physique, toutes ces volutes, ces fleurs, tout ça tout ça... c'est... hhhh.... soupir...

Il
y a toujours, par-ci par-là, tôt ou tard, une occasion de revoir
les amis. Ce soir, c'est l'anniversaire de Pa qui rameuta
le clan à Asnières. Le clan s'étant agrandi, ce fut
une joie de faire la connaissance de Flo ou de retrouver par exemple le
rire de Gamiki ou la douceur de Ni. Des gens qu'on aimerait voir plus souvent,
mais qu'on ne voit pas souvent, c'est dommage mais qu'est-ce-qu'on peut
y faire ? Je vous le demande sans attendre de réponse. Et sinon,
il y aurait plein de choses à dire sur cette soirées, sur
la mémorable guimauve, sur le dévouement de VaNa (ayant moi-même
fait l'expérience de l'achat d'un sac pour ordi portable, je ne peux
que reconnaître leur courage dans cette affaire de cadeau) ou sur
le... ah non, flûchtre, on n'est pas à OK-Corral ici.
M'enfin le plus embêtant c'est que j'ai oublié mes gants là-bas et avec le froid qu'il fait ça va faire craqueler mon vernis à ongles.
-
Tout de suite on retrouve Nelson Monfort en direct de la boulangerie "chez
Pol", rue des Pyrénées. Alors Nelson, vous êtes
face à une nouvelle championne ?
- Oui oui, mon cher Jean-Michel, je crois que je tiens la championne du
monde de la fille la plus désagréable, qui avait échoué
l'an dernier au pied du podium de la Connasses Golden League, mais
qui s'est bien rattrapée aujourd'hui avec un triple tirage de tronche
suivi d'un je-me-force-à-sourire-mais-je-vous-méprise ! Oh
la la ! Magniifiiiiique!
- Elle est vraiment championne ?
- Ah ça oui, c'est vraiment une bonne grosse conne, d'ailleurs je
vais lui coller sa médaille à travers la tronche ça
va lui faire du bien.
- Merci Nelson...
Il y a des gens qui ne sont pas à leur place dans leur emploi. On en connait, j'en ai connu. On dit qu'ils devraient changer de métier, partir à la retraite, disparaître, laisser leur place à d'autres et arrêter de polluer le travail de leurs collègues et la vie de leur entourage professionnel. Quand ces gens-là sont gratte-papier, ça va, on relativise, ils ne gênent pas trop de monde. Mais quand ils sont chanteurs lyriques, ben, tout de suite : ça fait désordre.
Je n'irai pas conseiller au baryton qui tenait le rôle de Monterone d'aller se faire vendeur de moufles aux Gallapagos, mais le pauvre, à côté de la prestation du rôle titre - Rigoletto - et même à côté du petit rôle de Sparafucile, il faisait pitié. Monterone, heureusement, on l'entend peu, mais comme il oeuvre affreusement dès le début, ça fait craindre le pire. Le pire, on l'atteint presque avec une pauvre mezzo qui va finir par en vendre, des moufles, et avec un pénible Duc qui malheureusement, lui, chante à de nombreuses reprises, dont le célèbre "La donna e mobile". Comme la plume au vent, nous dit-il. Ouais, ben bon vent... Et puis il y a Gilda, qui, fichtre, malgré sa silhouette fragile, en mettra du temps à mourir à la fin, après un coup de poignard et un tour en sac.
Et
sinon, à par des rigoletteries, j'ai quoi à dire ?
Pour une fois, j'ai plutôt préféré la deuxième
partie, en particulier musicalement (l'air de la pub pour du jambon, c'est
trop top), et pour une fois la mise en scène (de Jérôme
Savary) était "classique" (un décor plutôt
neutre, des costumes d'époque...). Le décor aurait peut-être
mérité un peu plus de couleurs parmi les 4 tableaux... mais
bon... Des mises en scène de Jérôme Savary, je ne connais
que les extraits passés à la télévision à
chaque fois qu'il débarquait avec nouveau spectacle, et je m'attendais
donc à voir Elvis Presley débarquer dans une explosion de
plumes. Mais non. Rien de tout ça. Ouf... En résumé
: satisfait.
Ah flûte j'oubliais le chef d'orchestre. En général je n'ai aucun avis sur le chef, mais celui-ci, sautillant et manquant par ses gestes gigantesques d'éborgner le tymbalier (hi hi hi), était ridicule.