Le journal de l'Arno - avril 2006

- Dimanche 30 -

Il faisait malheureusement trop froid, et la grande tablée d'anniversaire(s) s'est retrouvée à l'intérieur. Plus de convives que d'habitude, deux belle-mères agrandissant le cercle mais le chien resta, lui, fort heureusement dans la voiture ; son haleine aurait pu gâcher la fête.

Plein de convives et surtout des enfants préférant le gâteau au chocolat de mamie plutôt que les charlottes du pâtissier... et me voilà parti à faire un gâteau au chocolat. 220g de sucre dans lesquels on bat 6 oeufs et auxquels on rajoute en pluie 120g de farine. 200g de chocolat que l'on fait fondre et auquel on ajoute 200g de beurre. On trempe son doigt dans la casserolle comme un gros gourmand, on mélange tout ça, on n'ajoute surtout pas de levure et... zou, c'était trop facile, au four ! Ah flûte, j'ai oublié le thermostat et le temps de cuisson...

Et ce n'est qu'une fois tout le monde parti que je réalisai ma boulette : l'esprit noyé par les anniversaires au pluriel, j'avais oublié d'offrir le cadeau à Sandra. Crétin...

... Allez, un dernier cul de vache pour finir le mois !

- Samedi 29 -

Il faisait certes un peu frais. Mais à l'abri du vent, l'après-midi était doux, et j'otai même mes chaussettes pour lire quelques pages de Villovitch puis quelques pages d'Easton Ellis, passant avec plaisir de la folie douce de la première à la folie dure du deuxième. Mais... quelle drôle d'idée d'aposer mes pieds contre le barbecue qui avait permis de déguster de l'agneau à midi ! Si j'avais eu des poils sur la plante des pieds, ça aurait senti le cochon grillé !

- Vendredi 28 -

Pour aller de chez mes parents jusqu'à La Chapelle des Pots, il y a en gros 30 minutes de marche, le long d'une route fréquentée par des crétins qui s'imaginent seuls. Sur le chemin, il y a un lavoir réaménagé, puis un étang avec des nénuphars et des canards dont les pourtours était, dans ma jeunesse, bien moins propres. Il y a, enfin, une fois arrivés, le fameux lavoir dont j'ai déjà parlé ici, dont la fontaine fut construite par mon ancêtre. Le centre du bourg semble lui aussi plus propre qu'autrefois, et tout cela fait plaisir à voir.

Mais notre pause sur les lieux fut dérangé par une morveuse locale qui nous parla et sautilla de part et d'autre du lavoir... ine drôlesse toute cheti avec ine goule d'empeigne, o'lé pas dieu possib', asteur ! Ine vraie ajhasse qu'a gavagné not' moment sur piace.

- Jeudi 27 de merde -

...Un peu pour moi, beaucoup pour F. Ras le pompom de tous ces cons, ces voleurs, ces lâches, ces mesquins, ces profiteurs, ces salles gosses et ces crottes de chien sur le trottoir. Vivement demain qu'on retrouve la compagnie de mes parents, l'air pur de la campagne, les parties de belote et les bouses de vache derrière le barbelé. Allez, je vais faire ma valise...

- Meurcreudi 26 avril -

Le salon et la salle-à-manger — salle-à-manger qui est surtout la pièce dans laquelle on passe le plus de temps puisque elle contient le matériel informatique et musical et comme on passe beaucoup de notre temps libre à tapoter sur les claviers quand on n'est pas dans la cuisine c'est là qu'on est souvent — possède des portes-fenêtres qui ont l'avantage d'apporter beaucoup de lumière à l'appartement. Mais les portes-fenêtres ayant probablement le même âge que l'immeuble, elle laissaient passer également le bruit de la rue et l'air froid de l'hiver... Je dis "laissaient", car l'imparfait de l'indicatif a pris le pli sur le présent : aujourd'hui, quatre ouvriers efficaces ont changé les fenêtres. La circulation n'est plus qu'un négligable ronflement et l'air d'hiver frappe à la porte comme un malpropre en mal d'amour. Sinon y avait du rôti de veau Orloff à dîner.

- Mardi 25 avril -

Quel point commun y a t'il entre Pasteur et le tabouret de Ringo Star ? Incubateur.

...Voilà, c'était la deuxième blague du soir. La première blague, c'était un contrepet approximatif avec "à Derrick et persil", mais sorti du contexte, c'est moins drôle.

Ami du calembour, bonsoir et à demain. A tes risques et périls.

- Lundi 24 avril -

F retrouve ce soir ses cours de chants, et j'ai droit, à l'heure où d'autres prennent l'apéritif, à une petite répétition avant qu'il n'y parte. Au menu ce soir, une mélodie de Schubert auto-accompagnée au piano. Cela faisait trop longtemps que je n'avais pas joué à la groupie du pianiste et c'est toujours un plaisir... sauf peut-être quand F martelle une bruyante Walkyrie pour contrer le tapage diurne et nocturne provenant de l'étage au-dessus.

- Dimanche 23 avril -

Ceci n'est pas un plant de pomme-de-terreLes lilas fleurissent, les grosses gelées sont donc (normalement) derrière nous et la terre est assez réchauffée : c'est donc le moment de planter les patates. Hop, c'est parti : creuser une tranchée d'une quinzaine de centimètres de profondeur en reprenant son souffle toutes les 90 secondes, déposer les patates germées, germe vers le haut, une trentaine de centimètres entre chaque plant, et recouvrir de terre. Séparer les tranchées d'une cinquantaine de centimètres. Ayant plus de plants que prévu, j'ai même dû jouer du genou et bêcher un bout de jardin supplémentaire... Finalement c'est aussi efficace que la salle de sport mais ça laisse un peu plus de terre sous les ongles.

Par curiosité, je viens de jeter un oeil sur le web pour trouver des conseils en plantation de patatouze, et je lis : "Recouvrez-les ensuite avec de la terre fine. Il faut procéder délicatement pour ne pas endommager les germes." Ah ? Euh... J'ai fait attention, mais le terme "délicat" n'est peut-être pas approprié.

Après, il a fallu faire un peu de bricolage, nécessitant l'usage d'un escabeau. Volontaire pour redescendre l'escabeau au sous-sol... je cognai l'objet encombrant au plafond, un plafond qui venait juste d'être repeint et qui se retrouva avec une affreuse trace noire. Je suis une catastrophe ambulante...

Et puis cette femme d'une trentaine d'années. Elle faisait la queue à la boulangerie, son sac Vouithon à la main (désolé mais les sacs Vouithon, sorte de quintescence du signe extérieur de richesse et de la condescendance dorée : je déteste), et elle avait glissé, quelques heures plus tôt, la partie basse de son anatomie dans un jean ultra moulant. Elle se pencha alors vers les brioches et on put apercevoir un bout de culotte rouge. Et puis, ce qui devait arriver arriva : elle se pencha trop, et ce sont ses vergetures qu'on aperçut. Pour un peu j'aurais fait demi-tour : on aurait dit les marques sur la baguette que j'allais acheter.

- Samedi 22 avril -

oh qu'il est beau le débit de l'eau"Partons arpenter Paris...", déclarai-je à la recherche d'un peu de soleil et d'une petite allitération. Le beau temps était au rendez-vous, et nous nous promenâmes le long du canal St-Martin puis zigzagâmes dans le 3ème et le 1er arrondissements avant d'atteindre la station Hôtel-de-Ville épuisés par ces heures de marche et la foule du Marais. Nous avions cependant pris le temps d'une pause, ici ou là, pour regarder un bâteau passer les écluses du canal, acheter Etapes: chez Artazart (et avoir un petit cadeau... merci !) ou boire un orgeat infect à une terrasse à Arts-et-Métiers.

Presque 3 heures de marche dans les pattes, voilà qui ne nous poussa pas à aller à l'autre bout de Paris pour nous faire un p'tit resto en l'honneur de "nos deux ans". Un mini saut de puce, donc, pour aller dîner au resto indien d'à-côté. Moins bien que celui d'Angoulême où j'ai dîné un bon nombre de fois, mais repas agréable dans une ambiance feutrée : on s'en satisfera. Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait la compagnie.

- Vendredi 21 avril -

Tout le monde parle des 80 ans de la Queen, mais tout le monde s'en balance. Du moins je l'espère. L'anniversaire de ma mother à moi était plus important que quoi que ce soit, de toute façon. Plus important que le retour de F ? Ne comparons pas l'incomparable. M'enfin après cette chaude journée d'avril, une fois la nuit tombée et l'avion posé, j'ai pris le volant de la voiture, récupérée plus tôt sans que le garagiste n'ait trouvé la raison de ses accélérations poussives — de la poussière dans le réservoir peut-être ?

J'ai touché l'fond d'la piscine, dans l'petit pull rayéééé... Et il était là, devant la porte 13 du terminal 2F, plutôt bronzé sous l'éclairage blafard et dans sa chemise lilas, avec à ses pieds une valise pesant un âne mort. Ramenait-il avec lui le poids des jours de solitude ? Ce n'est qu'une fois à la maison que j'ai découvert le contenu de la dite valise, avec, au milieu du café Quarta, des fromages et des pots de confiture, un cadeau. Pas une vraie surprise — il n'avait pas pu s'empêcher, le bougre, de m'annoncer par téléphone qu'il m'avait acheté quelque chose chez David Mayer — mais qu'importe les surprises pourvu qu'on ait l'ivresse et je reçus donc un magnifique pull rayé et coloré que le tout Paris allait très vite m'envier.

L'être humain de sexe féminin qui habite au-dessus est également de retour. Arrêtée sur le palier parce qu'essoufflée à cause de sa valise surchargée, elle tenta de faire de l'esprit et dit au monsieur qui la précédait : "ça te parait plus haut parce qu'il n'y a pas d'ascenseur". Une belle leçon de poésie...

- Jeudi 20 ah ben non c'est aujourd'hui la Ste Odette -

"Je t'attendrai à la porte du garage", chantait Trenet, mais ce gros pourri de garagiste, lui, ne m'a pas attendu et je me suis cassé le nez sur la porte. Trenet chantant, ça n'a pas duré longtemps. Récapitulant les titres illégalement recopiés de la discothèque de papa ce week-end, j'ai préféré écouter Leny Escudero. Ses chansonnettes, elles ont vraiment bercé mon enfance, en particulier sur la route des dimanches, une cassette glissée dans l'auto-radio. J'ai donc écouté ça, plutôt avec plaisir, et même si ça ne s'était pas glissé dans mon système auditif depuis des lustres (15 ans ?), je connais presque par coeur certaines paroles. Je devrais peut-être faire une chanson avec les dates d'anniversaire de mes amis ?

- Mercredi 19 ah tiens c'est la Ste Odette -

Je n'irai pas par quatre chemins : ça m'a vraiment fait plaisir de revoir Bruno. On avait forcément plein de choses à se dire, des choses plus ou moins sérieuses, plus ou moins heureuses, et après un agréable dîner au Saint André, il fallait rejoindre le métro et moi je savais que j'allais essayer de faire du comique de répétition sur ce journal en écrivant la même chose que samedi. Il faisait nuit, Notre Dame était sur notre trajet du retour, je la regardais, une fois de plus, on s'est dit que c'était magnifique, pourtant avant il y avait eu les quais et après il y a eu l'Hôtel de Ville mais Notre Dame, c'est... soupir... parce qu'au-delà de la beauté architecturale du lieu, il y a l'Histoire qui nous y contemple. Tiens, je soupire une deuxième fois.

Quelques heures plus tôt c'est ma carte bleue qui avait soupiré, parce que le 23 avril "ça fera deux ans", comme on dit, alors deux ans, ça mérite deux cadeaux (retenez-moi ou je lui en achète un autre) mais il y a beaucoup d'anniversaires en ce moment alors j'ai acheté un autre truc (les murs ont des oreilles et les sites web ont des lecteurs/trices) et moi aussi j'avais envie de me faire un cadeau alors je me suis acheté un polo Fred Perry, un noir à rayures jaunes (mon préféré mais cela dit quand j'étais au collège mes parents m'avait acheté un FredPerry vert à rayures noires il était très beau aussi et quand un type m'avait demandé quand était mon heure d'E.P.S. j'avais compris qu'il était objet de convoitise ce polo). Voilà, c'est le printemps, il fait beau, mon compte en banque se porte bien et j'ai envie de faire des cadeaux aux gens que j'aime et de m'en faire aussi... mmm.... Y a quelle somme sur mon codevi ?

- Mardi 18 avril -

C'était bien sympa, les Vapanani m'attendaient aux Deux Abeilles, salon de thé proche du Pont de l'Alma. C'est un peu loin du boulot, le 7ème arrondissement, mais quand on me fait signe pour un thé entre amis je n'hésite pas. Alors voilà, donc, c'était sympa, on a toujours des trucs à se raconter, et puis il y avait un des frères Bougdanouf dans le salon de thé et on s'est dit qu'il avait vraiment une tête bizarre. Et puis il fallait partir alors la note est arrivée, et Va a dit à Na : "non, on t'invite pour ton anniversaire". Et quand on m'a rappelé que j'avais loupé l'événement vendredi dernier, ben, alors là, voyez, j'ai eu les boules et j'ai eu honte et j'ai eu envie de me cacher et je me suis plus ou moins décomposé. J'y avais pensé récemment, je m'étais dit "il faut que je vérifie quand c'est" et puis... et puis ben y a mon cerveau qui a été englué par d'autres choses et puis voilà. Je suis un niais, je confirme.

Mais Nathalie ne s'est pas vexée et elle m'a tendu le dernier bouquin d'Héléna Villovitch avec un "h" muet et moi aussi je l'étais. Muet. Elle me prêtait l'ouvrage, dont j'ignorais l'existence, et ça tombait bien car je n'avais rien à lire dans le métro, et ça tombait doublement bien parce que cela m'a permis de vraiment me marrer dans le métro au milieu de toutes ces têtes de gens pas drôles. Ca s'appelle "Le bonheur par le shopping" et je fais la pub mais je n'ai lu que le début si ça se trouve la suite est nulle. A suivre... Toubicon tinioude, comme on dit là-bas.

- Lundi 17 avril -

oiseau

on dirait qu'ça t'gêne pas de marcher dans la boueTroisième et dernière journée sylvo-bucolique, avec un peu de brume, des vaches toujours aussi galopi-galopeuses, quelques flaques et un tour dans le bois de muguet. Du bois de muguet, on retiendra surtout le rond de champignons découvert, au retour, par le plus heureux des hasards. Vivement le 29 qu'on retrouve leur saveur dans une nouvelle omelette.

Mais il fallut repartir et oublier pour 10 jours l'air qu'on qualifiera de "pur" par comparaison plus que par précision physico-chimique. Le train m'attendait à 20h15. A peine posé sur les tissus roses et gris de la rame, je tentai la lecture du B.E.Ellis mais Morphée m'attendait et me mit un grand coup derrière la tête, sans prévenir. Ce n'est qu'une fois dans le TGV que je repris des activités culturelles à peu près normales — est-il normal de lire un magazine sur The Smiths en écoutant la Traviata ? Mélange des genres ou excès de zèle pour avoir des originalités à raconter ici ? En tout cas, le roman d'Ellis est jubilatoire (drôle, sexué, déjanté, ivre, hallucinant, drogué...) mais à ne pas mettre entre toutes les mains (puisque sexué, ivre et drogué). On fait le pari qu'un jour ce genre de bouquin sera vendu emballé et/ou avec un "+16ans" collé dessus ?

tulipe poiluec'ets quoi le nom de cette plante ?T'as mis la rosée au frais ?

- Dimanche 16 avril -

fleurs des boisfffffffffffffUne soeur à déjeuner, une autre à dîner, et d'immuables oeufs pascaux dans le jardin, pour une fois accrochés aux branches... et pour fois vraiment sortis d'une poule. Un peu de blanc colla alors sur les petits doigts et les moues en furent mi-amusées, mi-dégoûtées.

Quatre neveux et nièces dans les bois, histoire de cueillir quelques fleurs — les clochettes sont de retour — et surtout de rompre la quiétude des lieux, les trois plus grands grimpant, sautant, criant, et amusant la galerie en faisant dévaler un pneu le long des pentes. La plus jeune, plus calme, préféra entre autres faire un voeu en soufflant sur un pissenlit. Ouf, il reste encore un peu de poésie dans ce monde...

- Samedi 15 avril -

et les shadocks pompaient... pompaientciel gris, arbre blancOmeletteJe n'irai pas par quatre chemins : ça m'a vraiment fait plaisir de revoir Gérard. On avait forcément plein de choses à se dire, des choses plus ou moins sérieuses, plus ou moins heureuses, et après deux cafés il était déjà 11h45, l'heure pour lui de prendre la route de Bordeaux et de me ramener à la maison. Arrivé à la maison, c'était en théorie l'heure de déjeuner, mais en pratique c'était l'heure d'aller ramasser des mousserons - qui finiront le soir même en omelette. Mon père attendait l'heure du déjeuner, que daignent enfin partir des voisins coupant du bois tout près du "coin à mousserons". Parce que les coins à mousserons, ça ne se divulgue pas, faut y aller en douce pour pas se les faire piquer. En douce, c'est aussi ainsi que je me suis glissé chez le voisin. Sa maison, à une centaine de mètres de chez nous, appartenait à mes aïeux. Mes parents ayant récemment mis le nez dans les actes et la généalogie, il fallait bien faire sortir le petit oiseau devant la façade aux volets écaillés. Petit oiseau ? Le voilà justement représenté sur une vieille pompe à eau...

course landaise ?

Et les vaches au milieu de tout ça ? Les vaches sont devenues folles. Collées les unes sur les autres, elles galopent dans le pré, sans raison. Enfin... apparemment sans raison, mais l'on sait que ce sont les sangliers qui les effraient. Les sentent-elles ? Mmmm... pas seulement, puisque les voilà qui s'enfuient quand je m'approche. Je n'ai pourtant pas l'air féroce d'un sanglier, n'est-ce-pas ? Ou alors, peut-être est-ce une petite chorégraphie pour célébrer l'anniversaire de mon père ?

- Vendredi 14 avril -

L'extraction de mes dents de sagesse ayant des effets secondaires indésirables qui perdurent, je mets enfin les pieds chez un neurologue pour avoir l'avis d'un spécialiste. Mais est-ce le diagnostic optimiste qu'il faut retenir — tout va beaucoup mieux et ça devrait aller en s'arrangeant encore plus — ou bien la magnifique cheminée Art nouveau du cabinet du médecin ? Le cabinet se trouve en effet au 93 av. Gambetta, dans le même groupe d'immeubles que la Salamandre visible plus bas. Même bâtiment, même époque.

quai de gare nocturneMême époque aussi pour la Gare de Saintes, que je retrouve, après quelques pépins d'horaires, vers 23h20. Je profite auparavant du trajet en TGV pour écouter un peu de musique mais je suis tellement fatigué que je m'endors avec les oreillettes, puis je re-profite de l'attente à Angoulême et du trajet en TER pour commencer la lecture de "Lunar Park", le dernier roman de Brett Easton Ellis. Je trainais un peu des pieds pour en entamer la lecture, surtout parce que le gros ouvrage ne se glisse pas dans ma petite sacoche et qu'il n'y a plus de place sur la table de chevet. Je crois que je vais rattraper le temps perdu : j'adôôôre !

- Jeudi 13 avril -

Ca faisait longtemps que je n'avais pas renversé un truc. Je connais ma maladresse, j'essaye de plus en plus de faire attention quand je tiens quelque chose ou quand je touche à quelque chose. L'autre jour, au boulot, j'ai pété l'aileron arrière - c'est comme ça que ça s'appelle ce truc ? - d'une voiture miniature ; j'y ai à peine touché pourtant. Le summum, ç'avait été quand le représentant d'une marque de café était venu (essayer de) vendre sa machine. Mon gobelet m'avait échappé des mains, éclaboussant avec prestance sa grosse valise et ses pompes. Bref, je suis maladroit, tout me glisse des mains, et si parfois ça débarasse de péter un peu de vaisselle, parfois ça me désespère. Bref bref, ce matin, j'ai renversé... le bidon d'assouplissant, qui s'est à moitité vidé sur le sol de la salle de bain. C'est cool, dès le matin, ça m'a permis de lustrer un peu le parquet, mais le tapis, à l'heure où j'écris ces péripéties dignes de Victor Hugo, est toujours imbibé. C'est tout ? Non : j'avais préparé un risotto pour 6 pour le déjeuner avec les collègues, ce soir j'ai planté des graines de piment doux (j'ai donc répandu du terreau un peu partout dans le "dressing" et dans la salle de bain), et j'ai réussi à réparer le bitonio du robinet de la salle de bain qui m'était resté dans les mains. Mouais... ben... c'est pas facile de remplir de petits riens le vide d'une journée banale causé par son absence.

Journée banale ou pas, ce qui est sûr c'est que je suis un gros niais : j'ai oublié d'appeler mes parents pour leurs 38 ans de mariage.

- Mercredi douzavril -

façade parisienne

C'est pour le maillot du meilleur grimpeur ?Faire du vélo d'appartement, c'est bien, mais ça ne permet pas de prendre l'air. Y a un gugusse habitant rue de l'Orillon, dans le 11ème, qui a trouvé le truc : il a installé son vélo sur le toit. La preuve en image, et pour une fois on peut cliquer sur l'image pour mieux voir...

architecture parisienneVous allez me dire : "mais que faisais-tu rue de l'Orillon, l'Arno ?". J'étais parti voir de mes propres yeux les mosaïques du bel immeuble situé dans cette rue. Mais au passage, j'ai peut-être été autant surpris par certains éléments architecturaux très modernes dans cette rue : très modernes mais très osés et assez intéressants. Alors, pour illustrer, un bâtiment du bd de Belleville (ou de Ménilmontant ?), ça n'a rien à voir mais c'est pas loin... J'aime définitivement l'architecture contemporaine quand elle ose et qu'elle évite les mornes façades comme le bâtiment en train de se construire dans la rue de la Mare. Sinon, la photo d'en haut avec les dragons, c'est rue des Panoyaux.

"Panoyaux", un nom bizarre... Et je découvre qu'on trouve sur le web la nomenclature (d'une partie) des rues parisiennes. Le nom de cette rue vient donc d'un ancien vignoble dit le "Pas Noyaux".

- Mardi 11 avril -

Bon ben c'est l'anniversaire de Raymond Barre, alors à côté de ça, le CPE ou les élections en Italie, vous comprenez... c'est pas capital. Tiens ben justement, au milieu de toutes ces histoires, j'ai eu G au téléphone, et ça m'a fait bien plaisir d'entendre sa voix. On se verra samedi, faute de pouvoir changer mon billet pour faire un crochet par Niort vendredi soir. La SNCF n'a pas trop de souci : elle remplit ses trains à fond. Le vendredi saint, il vaut donc mieux faire un hameçon qu'un crochet (bof, je voulais aussi faire un jeu de mot avec brochet/crochet mais non c'est nul)... Allez, j'ar(r)ête.

- Lundi 10 avril -

mosaïquenéo-gothiqueUn crochet, ce soir, par quelques recoins du XXème, histoire de continuer mes promenades-découvertes. Après l'imposante mosaïque du 7 rue d'Annam ou l'amusante bicoque gothico-parigote de la rue du Retrait, j'ai terminé ma traversée de ce quartier dit "populaire" par la ruelle dénommée "villa de l'Ermitage", en me demandant comment on pouvait arriver à un tel état de décrépitude. Cerise poisseuse sur le gâteau pourri : l'une des baraques ressemble fortement à un squat de sans-papiers. La ruelle va être réhabilitée, certes, c'est écrit sur les panneaux : l'amoureux de l'urbanisme parisien que je suis (de plus en plus en tout cas) est donc ravi. Mais quid des pauvres gens qui logent ici ?

- Dimanche 9 avril -

"Ma vie cesse quand tu pars", chantait Serge Lama. Si c'était le cas, je serais mort deux fois en 15 jours, mais heureusement que cela n'arrive que dans les chansons ringardes et les poèmes d'autrefois. M'enfin il est parti, loin, là où il fait beau et où les pâtes sont meilleures que celles avalées avant son départ, l'apétit plutôt coupé. Et en plus il n'a pas fait très beau. C'était gris sur la ville, c'était gris.

architecture parisienneEt pourtant j'ai glissé ma carcasse dans le métro, direction l'autre bout de Paris : le fin fond du 16ème arrondissement, arrondissement tâché, comme les autres, de merdes de pigeons, et arrondissement encore plus mort que les autres un dimanche après-midi un peu frisquet. Le 16ème, c'était proche quand je bossais quai Branly. Mais aujourd'hui, c'est loin, et pourtant j'y suis allé, histoire d'étudier l'autochtone en bleu marine et beige et de me dire que vraiment, mais alors vraiment, il fallait que j'aie une bonne raison pour passer 2 heures dans ce quartier cet après-midi...

- Samedi 8 avril -

celle-là non plusnon ça sera pas celle-ciDes fleurs, des fleurs, je ne sais pas, c'est comme ça, c'est la saison et donc la prochaine affiche de l'orchestre sera florale (ou ne sera pas ?). Un coquelicot ? Un crocus ? Des feuilles peut-être plus simplement, oui, c'est pas mal ça aussi, très lumineux... Mais non, ce sera probablement un coeur de pivoine. Les pivoines, qui, justement, commencent à pousser chez Ginou. Le tapis de primevères va bientôt s'effacer, et ce sont les pivoines qui vont enfin refleurir, majestueuses, imposantes, et glisser dans ce journal quelques pétales blancs ou roses. Contrairement au pêcher qui, lui, est totalkapout.

Il est venu le temps du lilas

Totalkapout à cause des sécheresses passées ? Peut-être, on n'en sait rien... Ce que l'on sait, c'est que le réchauffement climatique est la cause de bien des désagréments, mais qu'il peut aussi, exceptionnellement, être à l'origine d'un bon moment... cinématographique. Les héros du dessin animé "l'Age de glace 2" doivent en effet fuir face à la fonte d'un glacier et à l'inondation prochaine de la vallée. Séance de 22h, en VO, parfait : pas d'enfants dans la salle, et une salle pleine d'adultes riant à gorge déployée devant deux opposums et surtout, surtout, un écureuil. (Que serait le film sans les passages avec Scratch ? hum...)

- Vendredi 7 avril -

La recette du clafoutis est complètement adaptable, et les cerises furent donc remplacées ce soir par des framboises... et des zestes d'orange. Après un modeste foie gras et un original rôti de lapin à la forestière acheté chez le boucher, tout ça accompagné d'un capiteux vin des Pouilles, les Nathuc eurent donc le plaisir de goûter au clafoutis, plaisir doublé à l'idée de faire plein d'envieux et de jaloux, puisque l'on raconte dans les soirées mondaines qu'on grignote 3 étoiles chez nous.

On raconte ça aussi à Perpignan ? Réception, justement, aujourd'hui, du faire-part de naissance du petit Guillaume, divin enfant de J et I... I étant la seule à avouer qu'elle rit à mes vidéos du 30 mars. En plus, elle regarde ça pendant la têtée de 3h du matin. Pauvre Guillaume... le lait qu'il boit doit être un peu caillé.

- Jeudi 6 avril -

Pour écouter les cd, il y a certes un ghettoblaster. Mais il est dans la cuisine. Il y a donc surtout l'ordi de F, branché sur un ensemble d'enceintes permettant une écoute agréable. Et puis j'ai glissé le cd de "the bravery" dans mon portable, espérant l'écouter agréablement, mais... mais il est protégé. A la place de l'écoute, j'ai eu droit à deux clips, dont celui de "a honnest mistake", chanson fichtrement efficace qui me fait machinalement battre la mesure avec la tête comme un neuneu. Dont acte.

On s'en fiche : Alain Chamfort habite à côté de mon boulot. C'est Sophie qui me l'a dit.

- Mercredi 5 zavril -

Même lui, il fait des fautes de liaison mal z'appropriées... Eh oui, devillepin a osé un "Je serai z'au rendez-vous", et c'était pourtant bel et bien un futur. L'assemblée z'a-t-elle été médusée devant z'une telle glissade ?

Mais bon, faute de liaison ou faute de goût... le film du soir s'appelle Birth. Nicoulekidmanne est veuve depuis 10 ans et un soir un petit garçon se pointe en annonçant être son mari. "Ciel, mon mari réincarné", s'écria Nicoule ! Mais que faire ? Que faire ? Ben... un navet avec Nicoulekidmanne. Non, vraiment, malgré deux bonnes idées et une toujours impec Nicoulekidmanne, c'est une très mauvaise copie du fabuleux "Rosemary's baby", et c'est surtout invraisemblable et tiré par les cheveux, les personnages étant complètement passifs face à cela, le réalisateur bouchant pitoyablement les trous du scénario au lieu de trifouiller la psychologie du personnage principal (très intéressant personnage en deuil, touchant et torturé ) et de son idiot de nouveau futur mari. En plus le gamin est carrément insupportable (et avec une voix rauque à son âge, il devrait consulter un ORL). Alors, la birth ou la vie ?

- Mardikatavril -

95 avenue Gambetta...Suite de mon regain d'intérêt pour l'architecture Art Nouveau parisienne. Un petit tour, donc, après le boulot, sous le ciel bleu, l'appareil photo prêt à bondir sur le moindre détail centenaire. J'avais, là encore, aperçu quelques détails au cours de mes balades, et j'ai décidé d'en savoir plus. Alors, ici ou là, quelques fleurs de 1913, un superbe groupe d'immeubles de 1912 par l'architecte Dubouillon, mais surtout, au 95 avenue Gambetta, au coin de la rue de la Chine, une vraie bizarrerie de l'époque, déjà repérée à plusieurs reprises en passant en voiture : un immeuble de briques rouges, découpé ici ou là d'une frise de faïence représentant des algues ou je-ne-sais quel motif d'inspiration naturelle. Mais de l'immeuble en question, je retiendrai surtout la porte, surveillée par une salamandre...

Je deviens un peu chiant non ?

Et le CPE ? T'es pas allé manifesté ?? La précarité professionnelle, ça fait 9 ans que j'en bouffe : objection de conscience, RMI, emploi-jeune, CDD, chômage, CDD, chômage, CDD, chômage et aujourd'hui CNE. Allez, me demandez pas mon avis...

- Lundi 3 avril -

TournesolJ'ai décidé de lever un peu plus le nez. Le quartier abrite de très beaux bâtiments, mais j'ai plutôt tendance à regarder par terre, crottes de clebs obligent. Levant le nez l'autre jour au 337 de ma rue, un iris sculpté dans la façade (malheureusement sale) du bâtiment m'avait interpelé. Mais rien de plus ; peut-être pleuvait-il ? étais-je pressé ? Aujourd'hui, j'ai donc regardé la façade plus précisément, et j'y ai aussi découvert des tournesols et des chardons — autres éléments floraux récurrents dans l'Art Nouveau — et la date : 1906. En plein dans le mille.
De retour à l'appartement, j'ai levé les yeux, regardant avec plaisir les moulures du plafond, surtout celles de la salle-à-manger, représentant des feuilles et des coques de marronier, et que certains et certaines regardent avec envie. J'habite, pour préciser, un immeuble de 1911 absolument pas Art Nouveau... en dehors de ces fameuses moulures. Mais bref je divague. Et puis j'ai fouiné sur le web et j'ai découvert que l'immeuble du 337 était référencé sur un site européen sur l'Art Nouveau. Affaire à suivre...

- Dimanche 2 avril -

A la Ste Sandra
Reste sous les draps

... Bon je me suis quand même levé de 15h à 16h histoire de manger un truc et de tenter d'avoir une ou deux occupations, mais la migraine étant aussi coriace qu'un militant anti-CPE, ce n'est finalement à 19h que j'ai vraiment vu le jour. J'ai donc réussi à regarder La guerre des mondes, version Spielberg, avec Toumcrouze en miraculé d'un barbecue géant organisé par des tripodes mal intentionnés. Au départ je me disais qu'on allait avoir affaire à un blockbuster indigeste, mais finalement c'est un spectacle prenant et vraiment bien fichu qui nous a tenu en haleine. On regrettera tout de même une "too happy" end. Loin, bien loin de la kitschissime version de 1954 vue le 17 février 2003.

- Samedi 1er avril -

Aaaahhhh ! Il est revenu ! Il est revenu en fin de journée, tellement en fin de journée que dimanche avait déjà commencé. Ainsi j'ai eu tout le samedi pour ranger, taper les tapis, faire une sieste, manquer d'inspiration pour faire de nouvelles vidéos, acheter des produits surgelés, me ratiboiser la barbichette, faire briller le miroir de la baignoire, me cotontiger les oreilles, acheter un bouquet de renoncules, faire un clafoutis aux cerises, etc. J'ai aussi pris le temps d'aller échanger mon jean et j'en ai profité pour jeter un oeil aux chemises et hop, une jolie petite chemise aux rayures fines et colorées, très printanières en fait pourtant au départ j'étais hésitant je la trouvais un peu chère et puis j'ai réfléchi je me suis dit "mon pauvre gars tu n'as presque que des chemises unies" alors je l'ai prise. Bref bref, donc au final F est revenu et là-bas il avait pris des couleurs, des photos et un superbe vase en cristal de Bohème alors voilà tout le monde est heureux.

de Bohèmerayuresrenoncules

On s'en fiche : j'ai croisé Tcheky Kario et ce type a un nom tellement bizarre que je ne sais même pas comment ça s'écrit.

Ca fait très crème glacée, ces couleurs d'avril, vous ne trouvez pas ?