
Les suppléments publicito-culturels des Inrocks sont souvent sans
intérêt. Aujourd'hui, c'était le programme du festival
de Montreux, festival de jazz qui me passe à trois kilomètres
au-dessus du nid de coucous. J'ai bien failli le mettre directement à
la poubelle, mais par acquis de conscience et par curiosité graphistique,
j'ai quand même ouvert la chose. Et là... toutes les affiches
du festival bien alignées en petites vignettes, de quoi passer des
heures à les regarder pour s'en inspirer.
L'avantage des graphistes qui ont fait toutes ces affiches, c'est qu'ils
pouvaient les réaliser l'esprit tranquille puisque ils ne risquaient
pas d'y laisser des plumes. Au contraire... car c'est bien connu : c'est
Montreux qu'emplume. Montreux qu'emplume, plumes de zoiseaux, de zanimaux...
papapa papapapalalala !
Ce mardi ne fut pas beaucoup pluvieux ; moi non plus je ne suis pas beaucoup plus vieux. Juste d'une année.
Les bruits de voisinage sont généralement désagréables ; en ce qui nous concerne ils viennent presque tous les jours d'au-dessus, la petite moisissure faisant de la corde à sauter ou se faisant hurler dessus par sa mère, à 7h00 du matin (voire plus tôt), offrant à nos oreilles qui aimeraient dormir des phrases du genre : "tu es mal élevêêêêêêee". Perspicace, la voisine, non ? Bref, le bruit de voisinage du jour fut plus amusant : c'était la jeune fille d'en-dessous, chantant à tue-tête en même temps que la radio. Hésitante sur les paroles de "qu'est-ce-qui pourrait sauver l'amour", elle m'offrit ensuite une fabuleuse version, en yaourt mais surtout sur-aiguë, de... ah ben flûte je ne connais pas le titre de la chanson, m'enfin c'est une des chansons les plus connues de Kate Bush. M'enfin c'était vraiment aiguë, un peu comme si je chantais une chanson des Carpenters...
Enfin ! Enfin un peu de soleil ! Pas assez pour faire pousser les pieds de tomate, m'enfin assez pour mettre un peu de bomokeure.




Temps
gris, pas de pluie certes, mais temps gris quand même, et point d'escapade
espérée chez Luka Luna (ou ailleurs, je ne suis pas sectaire).
Juste une balade en ligne sur impots.gouv.fr, une longue balade pour cause
de pacs l'an dernier, ce qui oblige à faire 4 déclarations
en ligne. Pffiouhh... (onomatopée tentant de conjuguer la crainte
de se tromper avec la patience qu'il faut pour ce genre de truc qui ne nécessite
que 3 minutes en version papier).
"Un croyant, c'est un antiseptique", a dit Raymond Devos. Cet
amusant calembour fait partie du petit bouquin "Le meilleur des jeux
de mots", aux éditions Les mille et une nuits, petit
bouquin bientôt de chevet pour lequel je remercie nos hôtes
de ce samedi mais je les remercie infiniment pour tout le reste aussi, bien
sûr, je ne parle pas même pas de la soirée c'est une
évidence voilà voilà. Tiens et puis je glisse un autre
merci pour le bouquin d'Héléna Villovitch que je croyais être
un prêt mais qui en fait était un cadeau, l'autre jour, souvenons-nous...
Je suis décidément, parfois, complètement à
l'ouest. Soooomewhêêêre, ooveure zerêêênnbohhh...
Papoting
& dîning à la maison, les soeurs P ayant apporté
une quiche absolument quichissime et Ch un gros morceau de fromage. Quant
à F, il avait évidemment fait un gâteau au yaourt pour
accompagner toutes les confitures, un gâteau sur lequel il avait,
avant cuisson, déposé des écorces d'orange : mmmm...
on aurait dit des ongles de pieds.
A propos de pieds, ça s'est terminé au Tango où il
n'y avait pas trop de monde (Toutes parties en week-end ? Madonna à
la télé ?). Bon bon bon, je n'arrive pas à mettre mes
pieds en avant pour la valse, c'est quand même problématique...
Jésus-Christ ayant eu la bonne idée de monter au ciel 40 jours après Pâques, on a un jour férié un jeudi donc ne travaillant pas j'en profite pour aller faire une petite virée vers Beaubourg afin d'acquérir le dernier numéro d'Etapes à la librairie du musée où j'achète également un bouquin intitulé "Typegraphics" parce que pour 14 euros un beau et gros livre comme celui-là je prends, au risque de faire une longue phrase. Au sommaire d'Etapes, l'évolution graphique des Inrocks et le travail de leur directrice artistique : très intéressant et bien plus concret que leurs articles théorico-conceptuels. Un petit tour dans le quartier s'impose ensuite, puisque heureusement le temps est clément. Je mets les pieds chez "Luka Luna", si jolie boutique nippo-contemporaine au 77 rue de la Verrerie. J'y fais preuve d'une très grande force intérieure en ne m'achetant rien, ça doit être l'ambiance japonaise qui me zennise. Comme quoi... je ne fais pas que des bêtises quand t'es pas là...
Le concierge, bien que décati, a parfois des répliques qui
me font marrer. Qui ne font rire que moi, peut-être. Ce matin, il
était 9h30, je partais au boulot et il attendait le facteur dans
le hall. J'ai glissé les sacs poubelle à leur place et il
m'a dit, après avoir bafouillé au milieu de mon nom : "Tiens,
j'ai une nouvelle propriétaire au 5ème. Elle s'appelle Mme
Farci... comme tomate". Et me voilà parti dans un fou rire...
et parti tout court, hocquetant un "bonne journée" entre
deux "hi hi". C'était con mais qu'est-ce que c'était
drôle.
Y
en a un qui ne faisait plus "hi hi" ni "rou rrrouu"
depuis hier, en tout cas, c'est le pigeon qui s'est pris un store sur la
tronche et qui... en est mort. La preuve en image. Il est là depuis
hier, le mur qu'on aperçoit c'est celui du boulot. C'est dingue.
Bon bon bon, on arrête de rigoler, parce qu'on est allé au
cinéma et dans une bande-annonce pour un film on a vu le voisin du
dessous. Ouais, on connait des stââârs nous. Le film qu'on
est allé voir c'est X-Men III bien sûr, aucun
voisin au générique mais plein d'effets spéciaux et
de super-pouvoirs c'est complètement dingue, j'adore, ça me
rappelle quand je donnais des super-pouvoirs à mes jouets. Cela dit,
mon Big Jim il pouvait changer de visage et ça c'était un
super pouvoir de choc. Bref donc le film [...attention
là je vais parler du film...] ben, disons qu'il
y a des effets spéciaux je l'ai déjà dit mais je le
répète parce qu'il n'y a que ça. Ouais, ça déçoit
car on aurait pu attendre, par la force des thèmes principaux (la
meuf aux pouvoirs ultimes, le gamin annulant les pouvoirs des mutants, le
choix de redevenir humain) un scénario vraiment intéressant
sur fond de thérapie génique ou de je ne sais quoi d'autre,
nappée d'une sauce psycho-socio mais tout ça n'est que survolé.
M'enfin...

A
l'heure où je tente un coup de balai en php/mysql sur ma liste de
CD, la compil des Inrocks of this semaine me laisse découvrir
13 nouveautés. Mais ce qui n'est pas nouveau, c'est que je reste
très difficile à contenter et par conséquent j'ai un
peu zappé parmi tout ça. Mais mais mais, parmi les titres,
on retrouve (enfin) Nouvelle Vague, glissant à
nouveau son sable chaud dans les roc(k)s eighties. L'extrait, c'est la (déjà
merveilleuse à l'époque) Killing Moon d'Echo &
the Bunnymen, mais il faudra attendre le 13 juin pour la sortie de l'album.
On peut aussi entendre le nouveau duo hype dont tout le monde parle déjà,
même sur France Info. Le duo, c'est l'incontournable Helena Noguerra
et un ex Little Rabbits, qui se prennent pour Bonny & Clyde.
Ca a donné un premier extrait entendu il y a quelques temps déjà,
et ça donne cette fois une complainte sortie d'un champ de cactus,
le soleil brûlant les derniers restes d'un cowboy mort de soif. Tiens
à propos de cow-boy, il y a Everybody's talkin' en écoute
sur la blogothèque.
A l'heure où j'écris ces lignes, il ne me reste plus que 25 pages à lire de Lunar Park ; j'ai dévoré 130 pages depuis mon "fouyaya" de vendredi. Je suis drogué, hypnotisé, je n'en peux plus, je me suis mordu jusqu'au sang pour ne pas lire la fin... Ce sacré Brett et ses hallucinations m'ont littéralement captivé, capturé et je ne peux plus m'en défaire... C'était parti pour une introspection de l'auteur, ça a tourné à la critique de la défiguration de la jeunesse américaine puis à l'étude sociologique d'une famille recomposée, ça s'est transformé en roman policier, et c'est devenu une histoire de... non chut... je ne dis plus rien et je retourne dans ma lecture...
Bouh...
y a eu un dimanche ? Pas vu passé... Des lessives, des machins, des
trucs, un tour chez le primeur où le melon de Cavaillon est à
7,95€ le kilo, la déclaration d'impôts (brrr... la Droite
bouchère du service public est passée par là : y a
eu des coups de couteau dans les tranches), des rafistolages de sites web,
de la lecture, du blabla téléphonique (nique, nique s'en allait
tout simplement ; routier, pauvre et chantant ; en tous chemins, en tous
lieux, il ne parle que du Bon Dieu, il ne pââârle que
dûûû Bon Dieeeeuuuuhhhh... hum je m'égare), de
la lecture de blogs, un dîner tomate-salade-melon (du Maroc, 2,80
euros pièce tout de même) et puis voilà.
Si j'avais un karcher, je karcheriserais, j'y mettrais tout mon coeur, oh oh, ce serait le bonheur. Ah ben ouais j'y ai mis tout mon coeur, et l'allée dallée de Ginou a laissé apparaître les petits cailloux écrus ou blancs sous la crasse.
Volver.
Vous pouvez tous lire la suite, je ne dévoile (presque) rien du film...
Volver, donc. J'avais jeté
un oeil à la bande-annonce (Ne la regardez pas ! Elle en dit trop
!), juste un oeil, heureusement sans y faire vraiment attention, et je me
suis donc rendu à la séance l'esprit libre, en sachant juste
qu'il y avait un mort dans l'histoire. Mais mon esprit ne fut pas libre
pendant le film, non, il fut complètement happé par ce que
j'avais devant les yeux.
D'abord évidemment : la leçon de cinéma d'Almodóvar,
les couleurs, la photo, les plans fixes, les travellings, rien ne fait défaut,
rien n'est en trop, tout est carré, tout est millimétré,
calculé à la seconde près...
Et puis un scénario comme l'espagnol sait les concocter, où
le bonheur tente de reprendre son souffle, noyé dans les remous nauséabonds
des vieilles histoires de famille, dans les mensonges et dans la mort, un
scénario osant glisser le burlesque dans les pleurs, où l'on
n'est pas surpris d'entendre certains spectateurs rire à des scènes
bourrées d'émotion... L'émotion, il faut dire qu'elle
ne nous lache pas d'une semelle, coño.
Ensuite les personnages, ne sombrant jamais dans la caricature, donnant
une jolie leçon d'humanisme, de fraternité, d'humilité,
des personnages servis par des actrices formidables comme d'habitude, c'est
hyper cliché de dire qu'Almodovar aime les actrices, que ça
se voit, qu'il leur offre des rôles en or mais c'est vrai, c'est fichtrement
vrai, c'est comme ça, voilà, en plus on retrouve Chus Lampreave,
la mère de "En chair et en os".
Enfin... l'Espagne. Parce qu'Almodóvar serait finlandais, ça
ne me parlerait pas tant.
Bref bref bref, après le lumineux "Todo sobre mi madre", j'avais apprécié "Habla con ella" et "La mala educación", mais avec le recul il me reste de ces deux films une image plutôt pesante. J'ai retrouvé ici tout ce que j'aime chez lui. Entonces... claro que volvero.
Non non non, je n'irai pas, nous n'irons pas voir le Davin Chicode, et
pourtant ma prof d'EMT en 4ème elle s'appelait Mme Davin, elle était
rousse et avec elle j'avais fait un coussin en patchwork et le brownie le
plus râté de tous les brownies. Je n'irai pas voir le film
en question parce que je ne supporte pas Audrey
Toutou,
sa voix de crécelle, son sourire de joconne, je ne supporte pas Jean
Raie No, sa voix de gros porc, sa tronche de boeuf mal
castré, et puis ils nous ont tellement saoûlés avec
le livre que je boycotte le film parce que je suis une tête de cochon
gruik gruik. Na. Bon, ok ok pour être un peu plus objectif (et pour
couronner le tout) j'ai vu la bande-annonce... je ne dirais qu'un mot :
vomi.
En revanche je suis toujours en train de lire le "Lunar Park"
de Brett Easton Ellis, ouais ouais je prends mon temps. Enthousiasmé
au début, un peu lassé au milieu par le narrateur un peu casse-bidules
avec ses hallucinations de soirée trop arrosée, l'intrigue
reprend du poil de la bête et je me suis tapé
un gros flip aujourd'hui en lisant le chapitre 15. Fouyaya...
M'enfin tout ça ne vaut pas l'énigme de la jardinière
: quel est donc ce drôle de spécimen de plante moussue qui
y pousse ? C'est à la fois très joli et très rigolo
ces petites boulinettes vertes, on dirait des spermatozoïdes. Tiens
à ce propos — de trucs qui poussent — je suis allé
chez le coiffeur.
Quand
le chat n'est pas là, le rat danse...
danse... et chante
histoire de faire le mariole. Et quand le chat a besoin de photocopies,
l'Arno traverse la rue, pousse la porte du dépôt de presse
d'en face — une porte qui fait, quand on l'ouvre, d'insupportables
cui cui cui censés imités le chant des oiseaux —
et jète un oeil à la presse parce que j'ai pas trop envie
de jeter un oeil à la dame qu'est derrière le comptoir on
dirait la soeur de Roger Gicquel elle a l'air tellement triste qu'elle me
donne envie de pleurer. Oh ben c'est cool justement il y a le numéro
100 de magic qui est dans le
rayonnage tout là-haut je vais pouvoir l'acheter après m'être
mis sur la pointe des pieds et après avoir essayé de gérer
au mieux la position vacillante de mon centre de gravité. Ca faisait
longtemps que j'ai pas acheté magic, d'ailleurs
autrefois il y avait un point d'exclamation, non ? Oh puis tiens je vais
acheter le Canard aussi, en cette période bouseuse ça va me
plaire... Ah oui tiens je ne résiste pas au plaisir de vous en faire
profiter : "Le Clémenceau à Brest, MAM paie sa tournée
: Amiante à l'eau pour tout le monde".
Evidemment qu'elles étaient bonnes les lasagnes aux légumes, m'enfin quand j'ai payé la note du traiteur j'ai failli m'évanouir, je pensais pas en avoir pris un si gros morceau... Bon ok ok j'avais aussi pris deux beignets de courgettes, deux trucs à 20€ le kilo qui m'avaient déjà bien rempli l'estomac donc une fois les lasagnes arrivées devant mon nez je me suis dit "tiens ça fera un truc pas intéressant à raconter sur mon journal, je vais dire que j'ai eu les yeux plus gros que le ventre". Dont acte.
Un choc émotionnel rare m'a... euh... choqué... Le tout nouvel Almodovar va sortir, donc je suis allé fouiner du côté des sorties cinoche, ça fait longtemps qu'on n'est pas allé au cinoche, hein, dis, hein ? Alors bon j'ai fouiné, j'ai regardé la bande-annonce de Volver — ça faisait longtemps que j'avais entendu parler espagnol, ça m'a mis des tildes plein des oreilles — et puis, et puis VLAM le choc : X-MEN III sort mercredi prochain. (En fait le seul problème avec X-MEN III c'est qu'on dirait une marque de lames de rasoir).
Alors
aujourd'hui c'était l'anniversaire de ma cousine Nadège, je
me disais que c'était l'occasion de l'appeler pour prendre des petites
nouvelles, et puis et puis et puis ben sorti assez tard du boulot j'ai ensuite
eu l'esprit englué par quelques occupations occupantes et préoccupantes,
et puis le téléphone a sonné, c'était Na et
on s'est fait une petite course d'endurance blablateuse en restant vissés
au téléphone pendant une heure. Résultat après
il était tard et ma pauv'cousine elle attend toujours son coup de
fil si ça se trouve elle regarde son combiné en pleurant.
Le téléphoooooneeeuuhhh pleeeuuuure la la la laaaa la...
Mais qui c'est ce type qui fait rimer "indigeste" avec "Paris-Brest" ? Ah c'est Pascal Parisot ? Ah oui ? C'est bien les rimes, c'est poétique, comme dirait Murat c'est plus pratique pour retenir les paroles, mais alors faudrait veiller à les faire discrètes, les rimes, ou intelligentes, ou à carrément changer de métier, prendre un parolier, voilà quoi je passe encore pour un rabat-joie qui rabajoite la nouvelle chanson française articuleuse. Pour rattraper tout ça j'écoute François Hardy en écrivant ces lignes et elle aussi elle articule... Je dirais même mieux : elle hardycule.
Je ne sais pas qui tu peux être
Je ne sais pas qui tu espères
Je cherche encore à te connaître
Et ton silence trouble mon sileeeenceeeuuuuhhh.
Envie de faire plaisir en offrant "Un secret", alors après
avoir acheté des yaourts j'ai fait un arrêt à la librairie.
J'en ai profité pour acheter aussi un petit Annie Ernaux, "petit"
parce que court mais "petit" aussi parce que j'ai envie d'y épithéter
cet adjectif affecteux. A ce sujet, il faudra que je demande à Va
quel est le livre d'Annie Ernaux auquel elle a fait référence
l'autre jour aux Deux Abeilles tandis que Na me
prêtait le globalement décevant dernier bouquin de Villovitch
et que Pa hésitait à se retourner pour voir
le frère Bougdanouf et la boucle est bouclée puisque c'est
Pa qui m'a offert le livre que je suis venu acheté aujourd'hui pour
l'offrir à mon tour.
La quatrième de couverture en dit un peu trop, mais en dit quand
même beaucoup beaucoup moins que le journaliste de France Info, l'autre
jour, qui a carrément raconté 90% du bouquin. Or c'est justement
le genre d'ouvrage qu'il faut découvrir au fil des pages puisqu'il
ne tient en haleine que par son histoire — le style étant très
sobre, sans fioriture —, une histoire qui m'aura fait pleurer sur
la plage en juillet dernier. tiens d'ailleurs je vais le relire, ça
me nettoiera les yeux.
L'oeil
était globuleux et regardait l'Arno. Y a de la poésie dans
un jardin, tellement de poésie que je me prends pour Hugo pour parler
d'un crapaud que nulle princesse n'avait intérêt à embrasser
vue la sale peau boutonneuse qu'il se tapait, l'acnéïque de
service. Beeeeuurrkkk. M'enfin c'est quand même attachant ces bestioles,
ça bouffe les horribles insectes qui tentent de détruire les
plantations, non ? Hein ? Enfin je dis ça j'en sais rien, j'ai beau
avoir grandi dans la bouse de vaches j'y connais rien en crapaud, si ça
trouve ce truc pourri et sautillant bouffe les fraises et lâche sa
pisse infecte sur les plants de tomate.
Bon sinon entre deux averses de grêle on s'est payé une séance
de muscu bien terreuse en déplaçant un gros tas de pavés
lourdissimes, on a fait preuve d'un peu d'endurance avec le nettoyage de
la terrasse et on a même planté des toninambours. Ca tombait
bien puisque quand on est parti il y avait encore Schubert dans l'auto-radio
: y a rien de mieux pour avancer puisque s'il y a Schubert avance, mais
s'il y a Tübert recule. Je suis très drôle d'ailleurs
pour une fois on peut cliquer sur deux photos :
Encore un peu de poésie avant de passer à demain avec un petit comparatif avant/après :


On connaissait le bouche-à-oreilles, le téléphone arabe, le bruit qui court... mais avec Internet, on a maintenant le clavier-à-écran, l'e-mail arabe et la note de blog qui court. En tout cas, les moyens de communication ont beau se multiplier, j'ai comme l'impression que la communication, parfois, se réduit comme peau de chagrin.
A bonzes entendeurs...
La bonne blague du jour : Le SMIG a été
remplacé en 1970 par deux institutions distinctes : le minimum garanti
et le SMIC. Le minimum garanti, héritier en ligne directe du SMIG,
sert aujourd'hui d'étalon pour le calcul des allocations versées
par le Fonds national de l'emploi (FNE), des plafonds de ressources ou l'évaluation
des avantages en nature. Quant au SMIC (Salaire minimum interprofessionnel
de croissance), il assure aux salariés non plus seulement la garantie
d'un simple minimum vital mais bien - et c'est là que vous allez
rire jaune - "une participation au développement économique
de la nation" (Code du travail, art. L. 141-2).
... Et les shadocks participaient au développement économique
de la nation...
Le frère de mon arrière-grand-père Fernand s'appelait Gustave. Il était boucher à la Villette, il s'est marié en 1909 dans le 15ème arrondissement et il est mort en 1911. La trace principale qu'il a laissée est une énorme paire de cornes qui trônent encore chez mes parents. Peut-être est-il enterré près de chez moi ; on ne sait pas. En tout cas, ce brave Gustave m'aura donc précédé : je ne suis pas le premier du clan à avoir posé mes valises dans la capitale. J'ai appris ça à la station de métro Faidherbe-Chaligny, il faisait doux, il était l'heure de dîner et je faisais les cent pas, pendu au téléphone avec mes parents — ça fouille un max dans les actes de naissance en ce moment, dans la familia. Je n'étais pas seul : ils étaient deux ou trois à faire les cent pas sans compter, le bras droit bientôt enkylosé, à parler de tonton Gustave ou de ce gredin de pépé Jacquot qu'a glissé ses euros dans les slips des sumos. D'ailleurs, comme aurait dit ma grand-mère : sumo cul sonnait, t'aurais l'heure... et l'argent du beurre.
Une petite étagère à bibelots vient de faire son apparition, et qui dit étagère à bibelots dit... bibelots. Tandis que F y a installé de beaux éléments venant d'Inde ou de Thaïlande, j'ai fouiné dans mes cartons à souvenirs pour une étagère avant-guerre. La plupart de ces petits objets m'avaient été donnés par ma mémé Raymonde ; elle avait dû voir dans mes yeux des petites flammes s'allumer quand je regardais de vieux trucs au fond des tiroirs, symboles d'une époque passée : une loupe, un grelot à vaches, le cachet à cire de la marraine de mon grand-père, un briquet probablement centenaire, ou encore un chapelet dans un petit étui en cuir. Une petite dizaine d'objets parmi lesquels un superbe porte-photo dont la plaque en verre a été cassée malencontreusement, il y a 3 ans. Cassée en mon absence puis jetée ; j'avais vidé la poubelle pour en récupérer le moindre petit bout. "Ce que vous jetez là, c'est mon passé à moi", aurais-je pu dire pour plagier Barbara et sa si belle chanson Drouot. Les morceaux sont toujours là, emballés dans un torchon à carreaux jaunes de mémé Lucette, dans ma boîte à souvenirs. On y trouve aussi les deux pièces en argent données par le Père Guichard, les boutons de manchette et la chevalière de mon grand-père Antonio ou un vieux briquet Bic orange, trouvé un jour au fond d'une sacoche de mobylette, souvenir d'un temps où pépé Pierre ne mangeait pas encore de tic-tac.



Il flotte un air de nostalgie ce soir...
Un jour férié qui aura un peu vacillé sous quelques
salves de travail, mais un jour férié quand même. Et
au menu un peu de rangement. Finalement, j'ai entassé jusqu'à
présent beaucoup moins de choses que F, parce que les partitions
ça prend de la place, parce j'ai souvent déménagé
et que ça m'a obligé à jeter régulièrement,
parce que j'ai pas mal de cartons pleins de magazines dans le grenier de
l'écurie... (ou parce que j'ai laissé deux-trois trucs à
Montreuil faudrait que je les récupère un de ces 4 non ?)
Mais j'ai quand même ici un PC qui ne sert à rien, une imprimante
laser
encrassée, une imprimante multifonction foutue cassée, un
mètre cube de découpages qu'il faudrait coller sur des enveloppes,
un sac plastique avec de la terre du Salento, deux cartons avec écrit
"à trier" dessus, des boîtes de couleurs en veux-tu
en voilà, des carnets trop beaux pour être utilisés,
ou mon énorme livre de chimie organique souvenir d'une époque
bien lointaine... Mouais, finalement, j'en ai un paquet de merdouilles,
ici.
Après l'effort du rangement le réconfort, et les doigts de
F — F comme fée en l'occurence — tripotèrent pour
le dîner des escalopes pour les enrouler-ficeler autour d'un mélange
poivron-champignons-câpres-parmesan et pour les tremper-cuire dans
une sauce tomate. Mmmmmmm....
Tout était calme. Le pommier couvert de fleurs offrait un peu de neige au jardin, pétale après pétale. F bêchait un recoin de jardin pour y planter des betteraves (Beurnocion ! Des jhoutes ! Olé pas vrai, i m'fait bisquer ?!). Ginou coupait ses champignons et ses tomates. Les vers de terre tunnelaient. Les gendarmes (Pyrrhocoris apterus, pas Maréchaussus aképi) copulaient. Les punaises punaisaient tranquillement la fleur de rhubarbe, une fleur de rhubarbe coupée un peu plus tard pour ne pas fatiguer la plante dont certaines feuilles atteignent bien les 70 cm de diamètre. Et puis soudain, ce qui devait arriver arriva : ça prit feu. Ce fichu barbecue m'aura un peu fait suer, mais j'aurai réussi à l'allumer !




On avait commencé à reparler de bricolage il y a 4 jours, mais cette fois on met les bouchées triples avec un tour chez Leroimerlin, quelques trous pour faire passer les fils et surtout le montage des nouvelles, fontionnelles et sur-mesure étagères du bureau. Sur mesure oui oui oui, je vous rappelle que F est le roi de la bricole, mais pas la bricole à deux balles j'te plante un clou passe moi le tableau, non non non, la vraie bricole avec perceuse, scie sauteuse, boîte à onglets, tourillons et idées de génie... A l'heure où j'écris ces lignes, je n'ai pas fait le travail que j'avais prévu, mais il n'y a plus de fils qui traînent par terre, les imprimantes ont trouvé leur place, la livemoche est presque invisible et mes Etapes: ne sont plus coincés au fond du 'petit meuble blanc'. Le bonheur, c'est simple comme un tas de sciure.
Ils avaient 7-8 ans. Ils étaient en file, deux par deux, comme nous l'étions à leur âge lors d'une sortie. Et ils hurlaient. Pas tous, non, pas tout à fait, il y aura toujours des enfants sages en tête de peloton. Mais la plupart étaient des insupportables pollueurs sonores qui hurlaient à m'en briser les tympans quand je suis passé à côté d'eux, et pour une fois je n'exagère pas beaucoup. Ils hurlaient comme des mouettes autour d'un merlan (des dizaines de décibels en plus par tête de mouette) et aucun accompagnateur ne leur disaient rien. Rien. Personne. Surtout pas cette espèce de quinqua, mollasse et meulée comme une patate oubliée au fond du placard, qui se tenait à côté d'eux en les regardant d'un air tel qu'il y avait plus d'humanité dans le cul d'une vache que dans sa paire de mirettes globuleuses. Quand j'avais leur âge, ma timidité m'empêchait probablement de beugler comme ces gosses, mais les autres élèves ne criaient pas non plus ; je m'en souviendrais. Je m'en souviendrais, n'est-ce-pas ? Mmmmm... Est-ce ma mémoire qui me joue vraiment des tours ou bien laisse-t-on vraiment le champ libre à des générations de merdeux mal élevés ?
Un peu à l'opposé de tous ces braillements, il y a Françoise Hardy, dont j'ai écouté l'album de référence, La Question, deux fois de suite. La même question deux fois de suite ? On va dire que je yoyotte...
Y
a pas un gugusse au Ministère des Finances qu'a eu la bonne idée
d'ajouter "PaCS" sur la ligne "X" de la déclaration
d'impôts ? Because on va inscrire 28/09/2005 en face de "date
du mariage", ce qui est quand même plutôt amusant quand
on y pense. De brebis.
J'ai eu l'idée lumineuse, dans la soirée, pour couvrir un
peu les bruits venant d'au-dessus, tandis que la nuit tombait, après
un dîner rapide, alors que F s'était absenté comme tous
les jeudis, pendant un boulot assez fastidieux, avant d'être trop
harassé de sommeil, de glisser dans le lecteur de CD le Roseland
NYC live de Portishead. Voilà une éternité
que je n'avais écouté ça ; je ne sais même pas,
à vrai dire, si j'avais déjà écouté ce
disque en entier. Portishead, je ne suis pas le seul gugusse de la galaxie
a avoir adôôôôré quand ils ont sorti leur
magnifique premier album, Dummy, mais je suis un des rares gugusses
à avoir eu une dédicace (sur un bout de carton merdique, pour
le glamour repassez demain) du groupe Catchers ce même
soir, au festival de St Malo, d'ailleurs peut-être n'était-ce
pas le même soir. Bref, ce CD de Portishead est splendide, j'avais
oublié tous les frissons que ça glissait dans l'échine,
cette musique, mais je n'ai pas trop vu l'intérêt pour le groupe
d'être accompagné sur cet album par toutes ces cordes qu'on
entend à peine mais peut-être devrais-je voir un ORL. D'ailleurs
je devrais aller chez le coiffeur.
Entre Villepin et Sarko, ça se crêpe le Machignon.
A
la St Boris, reprends ton tournevis.
Et l'on reparle de bricolage... Parce que toutes les belles partitions commencent
à étouffer sur les étagères du couloir, parce
que tous les jolis petits bouquins de graphisme ou les moches mais indispensables
ouvrages de php méritent mieux que d'être entassés n'importe
où, n'importe comment. Bon, bien sûr, le bricolage, c'est pas
moi qui m'y colle vraiment, je suis plutôt l'assistant du bricochef,
prêt à répondre par l'affirmative aux questions : "tiens
tu peux tenir ça fixement per favore ?", "tu peux me trouver
une vis un peu plus longue que celle là mais pas trop ?", "tu
peux m'aider à pousser ce meuble extrêmement lourd au risque
de te faire un claquage musculaire ?", "tu peux tenir cette vis
pendant que je tiens la visseuse électrique ?", "tu peux
enlever les bouts de chair qui sont restés collés sur la vis
?".
Ca fleure bon le muguet mais ça fleure moins bon le retour de week-end. Un dernier petit plat — la célèbre lotte aux poivrons de maman — et nous repartons vers Paris. Ces 72 heures sur place sont passées trop vite, comme poussées par ce vent frais venant du Nord ou d'ailleurs, ce vent qui aura attisé le barbecue et ma déception de ne pouvoir m'allonger dans une chaise longue, là-bas, sous cet arbre dont j'ignore le nom. Mon anniversaire nous ramènera probablement là-bas d'ici un mois, peut-être moins, peut-être plus... En mai, fais ce qu'il te plaît, mais d'abord tu dois bosser...