Le journal de l'Arno - juin 2006

- Vendredi 30 -

Il y a des moments où un tour au jardin est plus une bouée de sauvetage qu'un simple bol d'air. En cette fin de vendredi, il s'agissait en effet de voir autre chose que mes deux écrans de PC, et vite... Et me voilà donc vite fait au vert en train d'écosser des petits pois et quelques fèves bien mal en point. On passe ensuite au rouge avec la récolte des groseilles. Les lecteurs réguliers de ce journal auront facilement deviné ce que seront devenues les baies : de la gelée... Ca faisait longtemps hein ?

- Jeudi 29 -

Les jours passent, les semaines passent, les mois passent... et les choses restent. En l'occurence, il restait des choses à Montreuil, mais il en reste encore. Malgré quelques expériences estivales dans le transport, il faut croire que je ne suis pas le roi de la logistique...

Le dîner de mardi avait donné des idées au chef. Dont acte. On notera en particulier combien le houmous est meilleur quand on y ajoute un peu de purée de sésame, quite à ne pas être un puriste de la cuisine méditerranéenne. Mais soyons au moins un puriste de l'orthographe et écrivons-y un seul m.

- Mercredi 28 -

Voilà bien longtemps qu'on n'était pas allés à l'opéra et je crois que ça me manquait. Je crois que je prends de plus en plus plaisir à y aller, parce que c'est toujours un moment plein de surprises et de découvertes, qu'elles soient bonnes ou mauvaises. Et que même si je m'y emmerde parfois un peu, je n'ai jamais l'impression d'y perdre mon temps : c'est un peu de l'emmerdement haut-de-gamme en fait...
Bref bref... Ce soir, c'est pour Iphigénie en Tauride, de Glück. Bon évidemment, quand j'ai lu le titre la première fois, une ribambelle de jeux de mots plus cons les uns que les autres me sont venus à l'esprit. Iphigénisse en terrine ou Iphigénie entre au Ritz par exemple.
Bref bref... la connerie que j'ai faite c'est que je ne me suis pas renseigné auparavant sur l'oeuvre et que la mythologie n'a jamais été mon fort et donc... je n'ai rien compris à l'histoire. Mais alors rien du tout que dalle nada. M'enfin qu'importe : il y avait la musique et la mise en scène... Bon alors la musique il y avait de très belles choses, j'ai en particulier adoré l'ouverture et je fus satisfait d'entendre distinctement les voix cette fois-ci. Quant à la mise en scène, c'était n'importe quoi et inutile, une connerie fulgurante sans queue ni tête où l'on passe son temps ce demander "Mais ça représente quoi ça ?" avec 3 références antiques pataugeant dans un modernisme surfait, avec des effets de transparence inadaptés pour les balcons et avec à un moment donné une insupportable cerise vidéo sur ce gâteau déjà indigeste.

- Mardi 27 -

C'est soir de foot, mais cette institution internationale nous intéresse autant que les poils de nez de Zidane et nous allons profiter des rues parisiennes. La faim nous traine jusque chez Marianne, autre institution plus roborative que le foot. Tzaziki, hoummous, falafels, boulette, aubergine marinées, foies de volaille aux oignons, etc. De quoi donner de bonnes idées à F. Affaire à suivre...

Après le dîner, nous allons du Marais à la maison à pied, avec une longue ballade dans les rues presque vides de Paris... C'est idéal de pouvoir marcher au milieu de la rue Jean-Pierre Timbaud sans rien risquer, même en entendant beugler les fans de foot collés les uns sur les autres dans les bars les mieux dotés en matière d'écran plat.

- Lundi 26 -

Dans la série t'as-l'air-mytho-quand-tu-dis-n'importe-quoi-et-en-plus-t'as-l'air-con-avec-tes-tongs, la phrase du jour : "Et au fait, t'as encore la place pour le concert de Jimi Hendrix ?". Il y a peut-être une explication rationnelle à cette question, mais... ça flairait bien le mytho qui a oublié que le chanteur est mort.

Doit y a voir un nid dans le coin... un nid d'aliens... parce que revoilà Ripley pour le troisième épisode de la saga. Ripley a triplé, ça pouvait faire un jeu de mots, d'ailleurs pour le n°2 j'aurais dû dire "Ripley replays" mais bref ce troisième épisode m'a bien plu parce qu'après le pas follichon n°2, Fincher a su installer sa pâââte dans une ambiance bien humide (on se croirait dans Seven, forcément), bien libidineuse, bien cul-bénie, bien tendue, ouh la la... c'est pas un vieil élastique de slip. Au moins cette fois y a une atmosphère, y a une âme, y a même plein d'âmes qui montent au ciel une fois le corps bouffé, tout ou partie, par la vilaine bête. Tiens ça me fait penser, le lendemain de la Fête de la Musique, j'ai vu des pigeons qui mangeaient du vomi.

- Dimanche 25 -

Journée pisseuse. On avait prévu d'aller se ballader, mais il a chu tant de gouttes de pluie que finalement on n'a pas bougé si ce n'est l'index de la main droite pour cliquer, cliquer et recliquer. Et tous les doigts pour tapoter sur le clavier. Beaucoup de boulot alors cette journée pluvieuse servira à quelque chose : ne pas accumuler plus de retard. J'ai quand même une petite angoisse : elle se loge sur le 6 de mon pavé numérique. Il est récalcitrant depuis hier, le 6 du pavé numérique. Un coup du diable ? Peut-être un alien coincé dessous. Because y a Ripley qu'a combattu ces sales bestioles par deux fois aujourd'hui, dans l'épisode 1 puis dans l'épisode 2. J'ai regardé le 1er du coin de l'oeil, mais je me suis confortablement installé pour le deuxième opus car je ne l'avais vu qu'une seule fois je crois, il y a très longtemps. Je l'trouve un peu soft, ça ne saigne presque pas, ça ne vomit presque pas... mais ça explose dans tous les coins avec cette poignée d'insupportables dégénérés de militaires. Ah et puis qu'est-ce que c'est strident un cri de petite fille. Oh la la faites-moi taire tout ça !

- Samedi 24 -

Bon alors aujourd'hui c'était... mais oui mais ouiiiii... la guéprade ! Aaaaahhh ! Et qui est allé à la guéprade ? Ben... nous.
En fait au départ on avait rendez-vous à 15h avec Laurent à St Sulpice parce qu'on croyait que c'était le même parcours que l'an dernier alors qu'en fait non non il passait par le Bd Saint Michel : la bourgeoisie de la rue de Rennes en avait un peu marre de tout ce tintamarre. Bon alors on est allé à St Michel, on y est resté 10 minutes à regarder passer trois chars (dont un pour un spectacle à la con dans un théâtre parisien quelconque. Mais qu'est-ce qu'il fiche ici celui-là ?), on n'a même pas cherché Laurent et on s'est cassés. Voilà, c'était la plus courte participation à la guéprade de tous les temps.

Allez-y, essayez, vous, de ne rien dire. Mon pauvre F, parfois, ben... il oublie qu'il ne doit pas parler. Ainsi hier soir il a lâché "ben clique ici" par inadvertance. Et ce soir trois phrases d'affilée. J'essaye moi-même de ne rien dire pour ne pas tenter les réflexes, mais finalement ça ne change rien à la difficulté de l'épreuve...

- Vendredi 23 -

Dès le début, j'ai craint le pire. Ca partait mal, les décors sentait encore la colle sur le carton-pâte, les dialogues semblaient sorti d'une soirée d'étudiants en sciences-physiques et les héros avaient été maquillés pendant un stage chez BricoMerlin. Dès le début j'ai craint le pire, certes, mais au fur et à mesure, j'ai assisté au plus mauvais Batman de tous les temps : un gros caca exaspérant et complètement con, aux jeux de mots plus mauvais les uns que les autres, au doublage pénible, avec — batcherry sur le batcake — une batgirl joufflue aussi crédible qu'un chamallow. An awful batshit.

Pour rattraper le coup, un coup d'oeil sur www.dominirecordco.com, pour le clip de Rock Bottom Riser, magnifique extrait du dernier album de Smog, que JDbeauvallet des Inrocks semble avoir découvert cette semaine.

- Jeudi 22 -

Evidemment, si je vous dis que j'ai roté en mangeant du camembert à la Fondation Rotschild, vous n'allez pas me croire. Et pourtant c'est vrai. Pendant ce temps, F somnolait dans son lit suite à une opération bénigne mais qui va tout de même l'obliger à rester muet pendant une semaine. Oui oui : muet ! Tu ne parleras point, unique commandement qui va être difficile à tenir.

Au sortir de ce lieu, ma curiosité me poussa à monter les marches d'un escalier... et je découvris un charmant petit groupe de rues calées entre la rue Manin et les avenues Mathurin Moreau et Simon Bolivar. Avec, côté Ouest, quelques rangs de vigne, une superbe vue sur les 10ème et 18ème arrondissement, avec le Sacré Coeur en ligne de mire. Jolie surprise... Je crus ensuite reprendre le même escalier, mais non, point du tout, et pendu au téléphone avec maman, je me rendis compte au bout d'un moment que j'étais parti dans le mauvais sens. Ma foi, le fond de l'air était agréable, et puis comme je m'étais paumé dans l'hôpital pour trouver la chambre de F, c'était bien plus agréable de errer dans Paris que dans les couloirs vides d'une fin de journée hospitalière.

- Mercredi 21 -

Ségolène est interviewée dans Têtu. Si elle devient lesbienne, ce sera la gouda de Hollande. (hi hi hi bonne blaque sortie un soir par F, je peux enfin la replacer ici : merci Têtu !).

- Mardi 20 -

C'est joli les fleurs, ça fait des bouquets pour agrémenter la maison. Le bouquet qu'a ramené F ce soir est joli, il va agrémenter la cuisine avec ces petites fleurs dont on ignore le nom et qui garnissent un buisson chez Ginou. Oui mais voilà : il pue.

Ca pue aussi un peu beaucoup au sens figuré à l'Assemblée Nachionale. Franchement, le mot de trop de de Villepin :

(royalement)


- Lundi 19 -

Il y a un truc très bien, c'est le zapping du site www.lemonde.fr. Comme on n'a pas la télé, ça la remplace un peu. Et donc en ce lundi, lendemain d'un dimanche qui a beaucoup plus aux coréens, Jean-Pierre Pernouillle a osé dire d'un air suffisant, condescendant et con tout court avec sa petite cravate bleue de français médiocre : "Y a peu d'chance quand même qu'une des meilleures équipes du Monde se fasse battre par le Togo". Qu'il s'étouffe dans un sac à vomi quand il prendra l'avion pour aller voir un match...

- Dimanche 18 -

Moi j'dis, même Mozart il n'a pas déclenché une telle ovation. N'empêche que c'était un bien beau concert que vous avez tous loupé, tiens... na ! L'ouverture de l'Enlèvement au sérail de Mozart, la Pavane de Fauré et la 7ème de Beethoven : un bien beau concert que j'ai bien écouté — même si parfois mon esprit divague — puisque pour une fois je n'ai pas pris de photos. A la place j'ai testé la fonction microphone de mon appareil photo. Ben vous savez quoi ? Le son est pourri de chez merdique : de quoi transformer le 2ème mouvement de la 7ème en une purée indigeste. Blasphème !

- Samedi 17 -

Le miroir était encore dans la salle de bain il y a quelques semaines, accroché le long de la baignoire. De dimensions assez conséquentes (1,20m sur 1,20m je crois), on l'avait décroché, mais je ne me souviens plus du tout pourquoi. Peut-être simplement parce qu'il était fêlé à un coin et qu'on craignait qu'il ne cassât. Bref, qu'importe, le miroir avait été déposé dans le couloir, jusqu'à récemment où, d'un geste malencontreux, il tomba et explosa par terre. Je n'étais pas présent à ce moment-là, et F ramassa les innombrables bouts de verre et les stocka temporairement dans un grand carton qui traînait là. Depuis quelques temps, donc, un grand carton traînait (temporairement) à l'entrée de la salle-à-manger, n'attendant qu'une seule chose : un bonne dose de courage de notre part pour le virer. Aujourd'hui, j'ai pris mon courage à deux mains, un marteau dans une troisième main et j'ai cassé les trop gros bouts de verre (putain ça m'a niqué les tympans merde, oui je suis grossier mais bordel y a de quoi) pour mettre tout ça dans deux cartons plus petits et donc plus facilement transportables. Aujourd'hui, deux petits cartons pleins de verre traînent dans l'entrée de la salle-à-manger. Temporairement, j'vous assure...

Bon voilà c'était pas intéressant ce précédent paragraphe mais ça m'a tellement pris la tête... Sinon sinon c'est Karelle qui va être contente parce que j'ai mis des "avis" à ma liste de livres...

Bon alors quoi d'autre... ah oui les roses de Ginou. C'est la ruée sur les rosiers en ce moment : Ginou en a acheté peut-être une dizaine depuis un mois pour... euh... rosifier ? roseriser ? roser ? bref, pour remplir une partie du jardin de rosiers. C'est aussi la ruée des légumes vers le ciel : enfin ! ça pousse ! ça fleurit ! ça grossit ! ça verdit ! Aaaahhhh.... Allez, une petite dose de photos supplémentaires en bas, pour la peine...

Et puis pour terminer cette journée, on va jouer au shmilblick avec la photo ci-contre. C'est quoi donc ?

- Vendredi 16 -

J'avais glissé un peu de Mozart en cette fin d'après-midi ensoleillée, histoire de combler ces lacunes que j'assume. Y a pas que ça que j'assume d'ailleurs ; mes conneries aussi. Et puis F a décidé de regarder Alien4, souvenons-nous, avec the cloned Ripley qui à la fin retrouve... la Reine ! Ah ben oui tiens, on pourrait faire un parallèle avec la Reine de la Nuit, tiens, mais j'ai pas le courage de réfléchir, je vais me coucher : toutes ces vocalises ça m'a épuisé.

- Jeudi 15 -

18h30, je quitte le travail, je me dis que F se repose peut-être, qu'il m'attend peut-être, je me presse, passe acheter une baguette, traverse la rue de Belleville pour acheter des tomates, une salade et des fraises hors de prix, mais 2 minutes plus tard je découvre qu'il n'est pas à la maison. Je m'interroge. Les minutes passent et je m'inquiète. Les minutes passent et je prépare une salade. Les minutes passent et ma cervelle fait tilt sur la raison de son absence. Un coup de fil bien adressé et on me confirme qu'il ira directement à Clichy sans passer par la case départ. Ah... et j'en fais quoi de ma grosse quantité salade ? J'ai une tronche à avaler tout ça moi ? I can't get this salad out of my plate...

- Mercredi 14 -

Tacones lejanos... Talons aiguilles en français. Mais je préfère les sonorités du titre dans sa version espagnole ; on y entend le claquement puis le frottement de la chaussure sur le trottoir. Tacones... tac tac tac... Mais pourquoi le générique est-il en français sur ce fichu dévédé, nom d'une talonnette ?!
Ce film, c'est ma rencontre avec Almodovar, ma rencontre avec son univers coloré, kitsch, drôle, tordu, émouvant, humain, inconfortable... un monde peut-être plus à ma portée aujourd'hui, à 32 balais et une connaissance des recoins de l'âme humaine un peu plus vaste qu'à l'époque. Parce que l'âme humaine, chez le réalisateur, elle est fichtrement torturée et pas toujours reluisante... tiens à propos de truc pas reluisant, notre chère voisine d'au-dessus vient de rentrer chez elle. En talons elle aussi...

- Dienstag dreizehn* -

La vie de Mozart, j'y connaissais rien, si ce n'est qu'il était précoce (les précoces regorgent-ils de vaches corses ?) et qu'il avait sorti un coffret de 170 CD il y a quelques mois. Les trois douzaines d'années de la vie de Mozart, le film Amadeus en offre un coup d'oeil par le prisme déformant de la serrure, un point de vue romancé, inspiré de vérités comme de légendes racontées sur la vie et l'oeuvre du compositeur (et de ses contemporains)...

La vie de Mozart, après avoir vu Amadeus, je ne la connais pas beaucoup beaucoup mieux. Mais j'ai vu un film qui a réussi à me tenir en haleine pendant presque trois heures, un fim avec un vieux narrateur pénible, avec une belle photo et des beaux costumes, avec les rues de Prague dans Vienne — on prend vraiment les spectateurs pour des cons — et avec — ô scandale ! — la Flûte enchantée chantée en anglais.

* "Dienstag dreizehn", ça veut dire mardi treize, genre quand je vois un fim espagnol je mets le jour en espagnol et quand je vois un film sur Mozart je le mets en allemand. C'est un peu concon mais j'assume.

- Lundi 12 -

La phrase du jour : "Si Almodovar faisait un casting pour Hommes au bord de la crise de nerfs, tu serais pris pour le film". Ca s'adressait à moi. Et c'était tout à fait juste. Tellement juste que pour me défouler, j'ai repassé une nappe et des serviettes, le truc de dingue (la nappe surtout, les serviettes ça va, je repassais les torchons de maman quand j'habitais chez mes parents). J'ai aussi repassé mon beau pantalon bleu à rayures ; je vais pouvoir le mettre demain.

- Dimanche 11 -

Bon ben alors merci cette fois à Ginou pour 'Talons Aiguilles', dévédé que l'on m'avait offert autrefois mais que je n'ai toujours pas récupéré. Le détenteur va donc pouvoir le garder.

Voilà, c'est tout, il a fait chaud, je n'aime pas beaucoup les andouillettes et Luke Skywalker a mouillé son slip pour sauver l'Univers. Ouf...

- Samedi 10 -

F devant vaquer à diverses occupations extra-peripheros jusqu'au milieu de l'après-midi, me voilà libre pour aller traîner dans Paris à la recherche de cadeaux pour lui... et pour moi. Depuis combien de temps ne suis-je pas allé chez Gibert ? Pas la moindre hésitation, ce sera ma destination, après une classique petite balade Hôtel-de-Ville -> St Michel sous le soleil et au milieu d'un nombre impressionant de touristes — à ne pas souvent quitter mon cher quartier, je finis par les oublier, ces individus d'autres contrées. Tous les touristes trainant dans la capitale aujourd'hui ne sont d'ailleurs pas étrangers : on peut voir quelques biarrots en rouge et blanc en ce jour de finale rugbystique.

Bref... me voilà chez Gibert, où le tout nouveau Sonic youth fait office de fond sonore au rayon indés. C'est parfait, je n'ai qu'à tendre l'oreille. Pas mal du tout, voire très très bien, mais la concurrence est rude et je préfère sélectionner l'album de Midlake qui fera un accompagnement très agréable et plus calme pour bosser tout à l'heure. Et puis, bien sûr, il y a un l'album de Dillinger Girl & "Baby Face" Nelson à acheter... J'avais un très bon présentiment sur ce disque, et à l'heure où j'écris ces lignes, je confirme : c'est fabuleux. Et puis comme de vais chez Gib' pour dégoter des occasions, je trouve pour 3,90 euros l'album "Walking Wounded" de Everything but the girl. Ben tu vois Karelle, j'achète des trucs ! Ah oui et puis j'allais oublier : j'ai trouvé une incroyable compil de chansons de Serge Gainsbourg chantées par des artistes anglo-saxons, compil extraite d'une série de disques appelée "Great Jewish Music" éditée par un label juif-américain. Comme aurait dit Monsieur cyclopède : Etonnant, non ?

Mais non mais non, je n'ai pas oublié la principale raison de ma venue, et c'est donc du côté des dévédèches que je vais jeter un oeil. Oh le beau coffret "Star Wars IV - V - VI" ! Oh le beau coffret "Amadeus" ! Oh je crois que j'ai trouvé mon bonheur et de quoi faire le sien...

Et ce petit malin de F, en fin d'après-midi, trouvera le moyen de faire mon bonheur, en m'offrant le superbe "Histoire du graphisme en France" (ça me fera oublier la chiantissime conférence de l'auteur, sur ce même sujet, il y a environ un an), et "la mauvaise éducation" d'Almodovar en dévédé. Heu... dis-moi F, on va devoir refaire des étagères !

- Viernes nueve -

Je venais de regarder "Femmes au bord de la crise de nerfs", et j'ai voulu montrer à F les hallucinantes boucles d'oreille de Candela, à savoir des cafetières. J'ai donc repris le film à environ la moitié... et nous voilà repartis à le regarder à partir de là. Aucun souci, j'ai même préféré le deuxième visionnage. Il est tout de même un peu dommage pour F de pas avoir vu le début du film, permettant de mieux ressentir le crescendo de l'action : d'un petit mélo noyé dans les somnifères, le film vire petit à petit à un délicieux délire. J'ai aussi voulu montrer à F l'invraisemblable tenue panthère (avec chapeau assorti : un must) de Lucia, et on s'est donc retapé une scène du début. Joli désordre...
J'avais vu ce fim il y a extrêmement longtemps, et je me demande comment j'ai pu attendre si longtemps pour ces retrouvailles. A revoir une fois de plus... dans le bon sens.

- Jeudi 8 -

J'étais en train d'écouter Andreas Scholl sur un blog quelconque quand soudain je décidai d'arracher ce poil gênant qui semblait s'infecter, là, oui là, regardez bien, c'est rouge. Je me rendis dans la salle de bain, je fouinai dans le tiroir puis dans la trousse et... soudain... je vis la marque gravée sur la pince à épiler : Scholl. Comme Andreas, oui oui : Scholl. Y a un signe, y a forcément un signe là-dessous...

- Mercredi 7 -

Un tour sur le web pour accompagner d'un fond sonore mon travail du soir, et me voilà sur la blogothèque pour quelques morceaux de Belle&Sebastian et sur les Inrocks pour - enfin - une agréable découverte : Midlake. Fouyaya ça va saigner quand je vais aller chez Gibert...

Bon sinon on a testé la recette de "gratin de courgettes" de maman, because y avait de la courgette qui traînait dans le quartier. Alors vous faites revenir vos lamelles d'oignons tout doucement, et puis après dans un plat vous alternez des couches d'oignon, de tomate (en pulpe ou en morceau) et de courgettes. Au milieu de tout ça vous glissez sel, poivre, thym et tout autre ingrédient de votre choix... Dois-je préciser que F a ajouté du fromage italien ? Allez hop on couvre et au four, genre 45 minutes thermoustache 5-6. Et comme ça s'appelle "gratin" ben... gratinez-le.

- Mardi 6 -

Nous venions de dîner. F s'approcha de l'évier, métallisé, au contour bétonné. Tout à coup il poussa un cri et se rua dans la chambre "Aaaaaaaaaahhhh aaaaaaaaaaaahhh !!! J'en peux plus ! ça fait 3 heures que je me retiens !!! AAahhhhhh ! Non vraiment c'est trop dur" et... il revint avec un cadeau dans les bras... Il déteste le laps de temps entre le moment où il achète un cadeau et le moment où il l'offre, mais c'en est limite pathologique. Il est pire que papa qui, à chaque Noël, dit 10 fois : "il passe quand le Père Noël ?" ou de manière plus pragmatique "c'est quand qu'on offre les cadeaux ?".
Et pourtant on devait s'offrir nos cadeaux d'anniversaires samedi prochain ; nos emplois du temps sont vraiment chargés. M'enfin, me voilà avec un superbe livre (Histoire de l'affiche, aux éditions Phaïdon)... et merci pour le cadeau bonus, à savoir le fou rire que me déclencha ce cri.

... Je dis "nos" cadeaux d'anniversaire parce que c'est l'annifessaire du F aujourd'hui. Ben oui... auguri amore !

- Lundi 5 -

Nous voici donc 10 jours après l'Ascension, soit 50 jours après Pâques et y a le Saint Esprit qui a chaussé ses skis pour descendre sur les apôtres. Ca n'a l'air de rien, mais Jésus les avait prévenu alors c'est pour ça que le Christianisme a vu le jour, et environ 1950 ans plus tard il est redescendu sur terre pour faire de la haute-couture sous le pseudo de Christian Lacroix. M'enfin tout ça c'est bien beau mais il faut travailler, on n'est pas là pour faire du ski.

Après le travail, je pars retrouver Nathalie et on pose nos fesses à une terrasse pour siroto-papoter. Direction ensuite la fnoc, où elle craque pour la voix du chanteur qui passe en fond sonore au rayon indé tandis que moi j'en profite pour ajouter "La Fleur de mon secret" et "Femmes au bord de la crise de nerfs" à ma liste entamée il y a trois jours. C'est bien, c'est seulement 9,99 euros le dévédé, mais c'est un peu triste un objet aussi froid : un boîtier, un disque et basta. Dommage, j'aurais aimé avoir plus à regarder que le film...

Ah mince c'était hier la Pentcôte, j'ai un jour de retard pour mon cours de cathé... Ben oui mais alors c'est quoi ce fichu lundi ?

- Dimanche 4 -

Le vent s'est calmé, il fait carrément beau et chaud, et malgré l'incompatibilité entre écran de portable et lumière extérieure, je bricole ce nouveau journal allongé sur une chaise longue — chaise longue recouverte dorénavant d'une superbe housse, dois-je le rappeler ? Inspiré par toutes les fleurs du jardin, je glisse des pétales dans ce journal de juin. J'y glisse aussi une jolie petite araignée, une buse guettant les mulots de sa vue perçante, ou encore une fraise blanche, tous ces petits riens d'ici qui font plaisir à voir, à entendre, à sentir, à goûter, à toucher... tous ces petits riens qui sont parfois difficilement remplacés par la vie parisienne.

- Samedi 3 -

Le petit vent frais d'hier est devenu une agréable brisounette rendant l'atmosphère presque parfaite. On peut enfin sortir le barbecue, déplier la table de jardin, ouvrir les parasols, jouer à la belote dehors et voir débarquer Olivia y familia.

Et en plus j'adore cette photo avec les vaches : la lumière, la position des bestiaux... ça a vallu le coup que je reste vautré par terre en prenant le risque de recevoir un gros coup de langue bovine sur mon appareil photo.

- Vendredi 2 -

Débarquement dans la campagne charentaise pour un tout petit séjour au vert... et au soleil ! Il y a certes aujourd'hui un petit vent frais qui gâche un peu l'affaire, mais ne nous plaignons pas : le ciel bleu est au rendez-vous. Je peux enfin sortir la crème solaire et faire griller les poils de mes gambettes... Le temps des dernières semaines a permis aux morts de se refaire une santé, à savoir Charles de Gaulle, Charles Aznavour, Henri Salvador ou le Prince Raignier. Hein ? Ils ne sont pas tous morts ? M'enfin rassurez-vous, ce ne sont là en vérité que les noms de quelques-uns des quarante rosiers de maman qui ont fleuri, fleuri, fleuri... malgré les scarabées, friants de boutons de roses.

De tous les talents de F, il en est un qui n'est pas souvent mis en avant ici : la couture. Nous nous connaissions depuis peu qu'il m'avait conçu et offert un superbe pantalon de pyjama ; je savais alors à quoi m'en tenir. Aujourd'hui, ayant traîné sa machine à coudre jusqu'en Saintonge, F se lança dans la confection de housses pour les coussins des chaises longues. Ca va faire des jaloux...

Et puis comme c'est la saison des anniversaires, on dit merci pour les deux DVD d'Almodovar ("Dans les Ténêbres" et "Qu'est-ce-que jai fait pour mériter ça ?") et pour un splendide livre sur les objets Art Nouveau.

- Jeudi 1er -

Nouvelle petite compil histoire de changer d'airs dans l'auto-radio. C'est péjiharvé qui va se retrouver aujourd'hui résumée en une vingtaine de titres. Voici donc l'occasion de jeter à nouveau un tympan sur le dernier album de la Dorset girl, et de remarquer que le dernier morceau ("The Darker Days of Me & Him") est vraiment un petit bijou, aux arrangements doux comme un duvet de poussin. Les derniers morceaux d'albums, il faut bien le reconnaître, passent souvent aux oubliettes, mon attention tombant en général comme un soufflé au bout d'une demi-douzaine de titres. On trouvera, bien sûr, toujours des exceptions, tel "To Bring you my Love", se terminant par deux titres remarquables et remarqués par mes sus-cités tympans et autres éléments de mon système auditif dès la première écoute. La première écoute de To Bring You my Love s'était faite à ParisMusique (magasin rochelais tenu par deux personnes fichtrement peu souriantes voire carrément désagréables), l'Arno errant dans les rayons en écoutant l'album diffusé dans tout le magasin, l'Arno fasciné par cet objet musical hargneux et langoureux, l'Arno fasciné mais hésitant sur l'achat du CD en question... l'Arno un peu niais de poiroter ainsi.