Le journal de l'Arno - Mars 2007


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Samedi 31

Avec le printemps, comme prévu, l'Arno revoit ses amis. Aujourd'hui c'est Nathalie qui vient découvrir les curiosités architecturales du 20ème ménilmonto-bellevillois et de l'orée du 19ème... Notre longue balade se terminant à l'heure où d'autres déjeunent, nous ne pouvons pas jeter notre dévolu sur les livres déposés dans la vitrine de la Librairie Photographique de la rue de la Villette. Fi ! Direction l'Atelier, où une bio de Gluck fera (peut-être) plaisir à F et où Le Traité du Cafard se glissera sur le ticket de caisse. S'en suivra la dégustation de mon clafoutis aux pommes avec en fond sonore une manif anti-sarko, un niagara de café de la table vers le sol de la cuisine, le retour de F, et du Marie-Paule Belle sur un blog parmi d'autres. Ca m'a en particulier permis de réentendre "J'ai la clé", chanson entendue la première fois lors d'un spectacle de transformistes au Bar de la Mer de Biarritz. Un très bon souvenir de spectacle très drôle et pas prétentieux, contrairement à certaines horreurs mylènefarmerisées subies au Café de la Plage d'Angoulême.

Vendredi 30

Voilà, le nettoyage est fini, mais il reste les finitions (un paysage moins automnal, des photos mieux agencées sur l'accueil, quelques feuillages en haut...). Allez allez, vous n'avez pas envie d'un petit stage de chant cet été ?
Depuis le temps que je cherchais l'occasion de faire un site bleu ciel et chocolat, c'est fait, mais la contrainte c'était d'ajouter un aspect "herbe". Apparemment j'ai pas trop loupé le challenge...

Jeudi 29

Les achats de la veille devant être dispatchés (par plaisir ou pour cause d'anniversaire de la pinturlureuse de murs) direction cours de Vincennes pour retrouver la famille Natof. Au milieu des bavasseries, Nat exhiba les scrap-babioles achetées au Temple du scrap, rue Ernest Cresson, un temple plein de papiers colorés, d'attaches parisiennes colorées, de décalcomanies alphabétiques colorées : bref, le remède contre la morosité d'un mois de mars finissant... Une quarantaine d'heures plus tard, avec une autre Nathalie, nous avons jeté un oeil au site web de la boutique en question, et avec désespoir (et condescendance) nous avons compris que ceux qui pratiquent le scrapbooking n'ont pas forcément des doigts d'artistes. (Nat, tu devrais proposer tes services pour les ateliers du Temple : ce que tu fais est très joli, contrairement aux horreurs présentée online).

Mercredi 28

Ma collègue S m'avait entraîné hier, lors d'une balade ensoleillée post-déjeunatoire, jusqu'à un magasin nommé L'arbre à plumes. Le magasin était malheureusement fermé, mais la vitrine était alléchante, mélangeant moults styles (sacs rigolos, dessins oniriques, coussins japonisants, vaisselle design...).
Et puis ce soir, quittant le boulot en même temps que S (une autre S, attention, ne confondons pas, appelons-la éventuellement S bis), je lui proposai d'y aller. Ca tombait bien : elle adôôôôre ce magasin, c'est d'ailleurs elle qui l'a fait découvrir à S.
Bref... on s'en fout de tout ça, l'essentiel va suivre : ce magasin est formidable, il y a plein de jolies choses (sacs rigolos, dessins oniriques, coussins japonisants, vaisselle design...) pour la maison, et vraiment pour tous les prix. De surcroît l'accueil est vraiment sympa. Je suis arrivé à la caisse les bras chargés d'objets (sacs rigolos, dessins oniriques, vaisselle design... z'y va le comique de répétition) en prévision des anniversaires (ou autres soirées amicales au cours desquelles j'aurai envie de faire des cadeaux) et je me suis offert deux tasses hypeeeer design pour seulement 6,60 euros. Un prix à faire pleurer Pierre Bellemare, non ? En vérité je me suis retenu d'acheter un vase, des housses de coussin, des assiettes et une lampe mais non non non je ne suis pas du genre compulsif, j'vous jure docteur.
Voilà, le magasin c'est au 89 de la rue Pelleport et il y a même un site web.

Bon ben sinon j'ai pris des photos et j'ai écouté la chanson "N'écoute pas les idoles" de France Gall une bonne quinzaine de fois. Peut-être même plus.

J'ai aussi eu Charles Aznavour en fond sonore entre 19h55 et 20h36. Ca venait d'au-dessus. Bon en fait à 20h33 je me suis mis à mettre des coups de maillet au plafond, mais je ne sais pas si c'est pour cela que cette adorable voisine a arrêté sa musique...


PS. La vengeance est un plat qui se décongèle : j'ai mangé la deuxième crêpe.

Mardi 27

En traînassant dans les rayons du Pipicacard, je cherchais une idée sortant de l'ordinaire. F étant absent, je pouvais même taper dans le plus gras possible (au risque de m'autocholestéroliser m'enfin pour une fois flûte). Quand mes yeux se sont posés sur des accras, j'ai senti que j'avais trouvé un filon. Puis, quand des crêpes jambon - champignon - fromage ont fait leur apparition au fond d'un bac, j'ai compris que mon dîner était tout trouvé ; il devait rester un peu de salade.
Arrivé à la maison, je me suis mis à l'aise, ôtant même ces chaussettes pour laisser respirer mes orteils. Une fois à l'aise, j'ai commencé à préparer le dîner, me pourléchant les babines à l'idée de manger ces trucs complètement anti-régime. J'ai donc ouvert le congélo, ouvert la première boîte de laquelle j'ai sorti une crêpe. Mais la deuxième crêpe a glissé du paquet, à une hauteur approximative d'1m50.
Moralité : c'est hyper douloureux une crêpe surgelée de 125g qui tombe sur le pied. J'aurais eu l'air bête de me pointer aux urgences pour une fracture d'un métatarsien, mais ça m'aurait fait des trucs à raconter. Dommage. Bon, demain je mange à nouveau des carottes râpées.

Lundi 26

J'ai appris un truc complètement dingue aujourd'hui : il ne faut surtout pas s'arracher les poils du nez. Car sinon ça fait un trou et les bactéries peuvent pénétrer et remonter par le système sanguin jusqu'au cerveau. Et alors ? Ben alors on en meurt. Brrr... ça fait froid dans le nez dos.

Dimanche 25

Bizarrement, il y a un cours de chimie que je me rappelle assez bien. En tout cas je me souviens que ça se déroulait dans un préfa du campus et que je n'avais rien compris. Mouais finalement je ne m'en souviens pas si bien que ça. C'est plus la sensation ressentie à ce moment que je me rappelle : un grand moment de solitude face à ce cours sur les piles et en particulier sur l'effet mémoire. Ce cours m'a laissé un trace tellement profonde que l'achat de batteries ou piles rechargeables (ou d'appareils fonctionnant sur ce principe tel les portables) m'angoisse : vais-je correctement le respecter, ce fichu effet mémoire, et ne pas ruiner la vie de la batterie ?

Ce dimanche au lever tardif à cause du changement d'heure qui dérègle le pis des vaches, donc, je ne souvenais plus quand j'avais rechargé les piles de l'appareil photo et j'ai voulu être prévoyant. Je me suis donc dit "soyons méfiant, déchargeons-les avec la fonction de l'appareil photo et rechargeons-les". Alors bon ben euh alors euh les piles ont mis 45 minutes pour se décharger, et quand on est partis après le plat de pâtes elles n'étaient pas rechargées. D'où l'utilisation de 4 piles "classiques", dont l'énergie a été sucée le temps de m'amuser avec l'appareil pendant la répétition. Bref... les boules. J'ai quand même réussi à garder quelques souvenirs photographiques, de ce concert, mais je suis un gros crétin car je ne me suis toujours pas sérieusement penché sur la question : comment faire des photos correctes à l'église ? (mouais je sais j'ai un appareil photo de pro mais j'y connais que dalle, fouyaya la honte).

Bref, qu'importe, c'était bien beau tout ça, bien beau ma foi, même s'il faisait bien frais dans l'église. L'orgue ne fait pas bon ménage avec le chauffage, alors...
On a même eu droit à deux chutes : un pupitre, et un violoncelliste assis sur une chaise trop fragile, mais les deux ont eu la bonne idée de tenir le coup pendant les morceaux.

Enfin voilà quoi, après tout ça qui était bien beau on a regardé Edward aux mains d'argent (d'ailleurs je réalise que la traduction est assez jolie, je n'avais jamais prêté attention à ça, c'est con), un bien beau film, plein de poésie, d'humour, de gling-gling...

Samedi 24

Soirée spectacle en ce samedi pisseux. La Grande Duchesse de Gerolstein avait mis les pieds en banlieue Est mais nous, quelques heures auparavant, on avait mis les nôtres dans un magasin de vêtements de sport, chose presque aussi peu commune. Ce n'était pas pour moi, et je n'avais donc pas prévu une paire de chaussettes adéquates pour essayer une jolie paire de grolles sportswear. Résultat : je n'ai rien dépensé en ce samedi et je suis hypeeeer jaloux de F qui s'est acheté une paire, lui. Ah ben si, suis-je bête, j'ai dépensé 17 euros pour une coupe de cheveux et X euros dans un don pour le Sidaction.
Ce don m'a fait découvrir que dorénavant, les 2/3 du don sont "offerts" en réduction d'impôts. Il est peu trop tard pour réfléchir à ce jeu des chaises musicales financières, mais je m'interroge sur le sens de la générosité dans ce cas.

Vendredi 23

Les soirées entre amis n'avaient pas mis les pieds dans ce journal depuis des lustres. En revoilà une. Chez Laurent (cf. J-2). Les discussions tournèrent principalement autour des fonctions et projets musicaux de chacun, et j'absorbai avec plaisir tous ces blablas... et quelques verres de Mouton-Cadet cuvée 2000. Cette boisson accompagnait un agréable repas qui commença par un pâté dit "maison" et ça tombait bien car maman m'avait fait saliver le soir-même en me parlant des pâtés qu'elle était en train de préparer. Il faut avouer qu'on aurait pu manger n'importe quoi (ce qui n'arrive jamais chez Laurent, m'enfin bref), le plaisir de boire un si bon vin aurait été le même.

Parmi les multiples satisfactions (autre que celle d'un saoulographe amateur comme moi), on notera la découverte du programme 2007-2008 de l'opéra-comique. L'institution change de mains, passant d'un Jérôme à un autre, d'un Savary à un Deschamps. Au-delà du virage culturel qui entraînera un débat dans toutes les sphères musicales de France et de Navarro, voilà un virage graphique qui me plaît : la plaquette et ses alphabets zoomorphes est un vrai plaisir pour les yeux (mais aussi pour le toucher et l'odorat) et le site web va lui aussi être nettoyé (le site actuel est pollué par une pluie de bananes, des typos trop petites et du gigotage à outrance...). A suivre...

Jeudi 22

Bon, ça commence à devenir catastrophique. Les coups de ciseaux du coiffeur, la dernière fois, n'ayant pas été optimaux, ma tignasse est devenue l'objet de railleries de la part de Th et la cause d'un profond désespoir quand je fais face à la glace. De surcroît, cela est très nuisible à notre planète, puisque cela m'oblige à utiliser plus de shampooing (= des tensio-actifs dans les égouts), du gel (= un tube de gel tôt ou tard dans la poubelle) et un appareil électro-ménager (= 3 minutes de sèche-cheveux d'une puissance de 1200 watts, soit 0,06kW.h).
Si l'on compare cela à la consommation d'eau et d'électricité utilisée pendant 30 minutes par le coiffeur, faut-il appliquer à ces professionnels capillaires une taxe sur le principe de pollueur/payeur ? Nulle trace de cette réponse dans le programme présidentiel du moindre candidat.

Bon ben voilà, j'ai réussi à combler ce jour sans avoir rien fait d'intéressant (le premier qui dit "comme d'habitude", je lui arrache les cils).

Mercredi 21

En attendant de lui faire subir un gros ravalement de façade, je mets à jour le site de l'association de Laurent : "à voix ouverte". Et hop, voilà, comme ça je fais un peu de pub pour les stages de chant qu'il organise cet été, comme tous les étés. Il y a bien un ou deux glotte-trotteur lisant ce journal qui vont avoir envie d'aller chanter en Normandie, non ?
Ceux qui s'intéressent plutôt à l'apparence d'un site web apprendront que je ne suis pas l'auteur du site en question.

Mardi 20

Les Inrocks m'apprenaient la semaine dernière le retour de Paula Frazer. Cette semaine, j'apprends celui de Shannon Wright. La première officia jadis avec Tarnation pour nous offrir l'album Gentle Creatures que j'écoute avec toujours autant de plaisir (y a d'ailleurs encore un extrait dans la radio). La deuxième, je la découvris en première partie de Calexico, dans une prestation mémorable de hargne et de désespoir hurlé, mais j'écoute avec moins de plaisir ses hurlements sur disque. Les deux ont donc le point commun de sortir un nouveau disque, et... d'être écoutables sur MySpace. MySpace, ouais, cet espace pour chanteur en manque de reconnaissance ou en quête de cachets, sur lequel les amis du chanteur viennent lâcher leurs commentaires kikoololiens. (Mouais, aujourd'hui je suis super condescendant et froid, demain c'est le printemps, soyons hivernaux pendant qu'il est encore temps).
Et donc ? Tout ça pour dire quoi ? Ben y a Paulette en concert le 25 avril, ça pourrait p'têt' me faire une sortie. 2007 devait être culturel ; va falloir se secouer les prusses, comme disait Frédéric.

Lundi 19

Après les croque-morts, voici les empereurs romains. Je préfère la morbidité et le cynisme de mes contemporains aux invasions de Caius Julius Caesar, donc je ne prête qu'un oeil à la série Rome. Une série à ne vraiment pas mettre devant tous les yeux : les toges tombent plus vite que les gladiateurs et ça visite le Colysée à tout va (vous me permettrez cette métaphore ?). C'est assez surprenant, mais en même temps faut pas se voiler la fesse face puisque ça veut être réaliste.
Et là le lecteur se demande si, du coup, je n'ai prêté qu'un seul oeil...

(Ouf, j'ai réussi à éviter une mauvaise boutade avec Pompée ou Gaule... L'honneur est sauf. Pour les blagues de bon goût, on verra plutarque)

Dimanche 18

Litanie pour un jeu de mot. Procol Arum. Week-end Arum. Baba Arum. Boulevard de ch'Arum.

Le bruiteur de cinéma est un métier auquel on pense rarement quand on regarde un film ou une série. Mais quand le bruitage est un peu loupé, tilt, on se dit : "bof, un peu trop fort le bruit de pas dans les graviers". Dans Six Feet Under, le bruitage qui pose problème, c'est celui des baisers. Et ça fait des grands smacks tout au long de la série, on ne va pas dire que c'est pénible, ça ne nous a pas empêché de dévorer le coffret, mais c'est un peu ridicule.
Mouais, on a donc dévoré le coffret. Envoyée, la première saison. Après tous ces épisodes, on ne ressort pas tout à fait indemne ; ce qu'éprouvent et vivent les personnages de la série est extrêmement juste, et ça brasse un peu du côté du vécu. Mais le plaisir est bel et bien là, l'humour étant savamment mêlé à cette intelligente galerie de portraits. Les personnages qui me plaisent le plus sont la mère et la fille, car leur carapace et les fêlures qui la craquellent sont vraiment touchantes et intéressantes. M'enfin c'est mon avis et je le respecte.
A présent, la question est : quand achèterons-nous la suite ? Acheter l'intégrale risque de gâcher un peu le plaisir de découvrir tout ça petit à petit. Affaire à suivre...

Samedi 17

Après des mois d'inactivités jardineuses, nous revoici à l'action pour planter, arracher, couper, ratiboiser, semer, élaguer, repiquer, éclaircir, délimacer... De quoi prendre l'air et faire un peu d'exercice, ce qui change d'avoir les yeux fixés sur l'écran d'un ordinateur pour écrire ceci ou, comme hier soir, pour regarder (enfin) Six Feet Under. Combien d'épisodes hier soir , trois ? L'un d'eux fut malheureusement éventré, car le dévédé s'avère avoir... un trou. Un vice de fabrication puisque deux dévédés du coffret ont exactement le même problème au même endroit : un trou, un peu comme une cicatrice de varicelle. Après le jardin, on trouve le courage de courir à la fnouc pour échanger la chose. Doublement courageux, nous n'y dépensons pas d'argent dans le moindre objet de loisir, mais en passant devant LourouaMérelin F a flashé devant un superbe arum. Cette magnifique plante va donc dorénavant décorer notre salon et accompagner les nombreux amaryllis avant que tout ce beau monde aille passer les beaux jours au jardin.

... Et en voyant les photos précédentes on peut se dire : "Mais vous avez planté des patates avec des germes aussi longs ?" Ralala, les italiens osent tout, on verra bien si les patates donneront quelque chose, mais du côté de la Saintonge ça va laisser perplexe. Tiens à propos de Saintonge, une grande nouvelle aujourd'hui : La Délégation de la Langue française et des Langues de France vient de reconnaître officiellement le saintongeais comme langue de France. Olé pas reun : Le saintongeais est donc dorénavant différencié du poitevin. Olé ine bin boune nouvelle qu'jh'avons apprise aneut.

Vendredi 16

C'est vendredi, jour du poisson, et puisqu'il fait un peu frais ce matin, on se l'écaille.

C'est vendredi, jour où je passe maintenant machinalement la porte de la marchande de journaux d'en face, cette porte qui fait "cui cui cui cui" (le cui cui d'un oiseau avec des graviers dans le syrinx, avouons-le), pour dire "Bonjour, vous avez Le Monde de l'Opéra ?" puisque il se peut qu'elle ne l'ait plus même s'il est encore tôt.
Jetant un oeil à toutes les unes des magazines, je me dis que je lirais bien volontiers Technikart (fichtre depuis quand n'ai-je pas acheté Technikart ?), mais non mais non je ne m'arrête pas là puisque j'aperçois Images (diantre depuis quand n'ai-je pas acheté Images ?) et surtout oh oui surtout le Connaissance des Arts de ce mois qui affiche en Une un bijou de chez Lalique. En effet, le Musée du Luxembourg nous offre une superbe exposition jusqu'en juillet. Enfin... l'exposition je ne sais pas, mais les objets exposés doivent y être superbes, aux, comment peut-il en être autrement ?

Jeudi 15

C'est une belle et amicale surprise qui m'attendait dans le courrier du jour : une enveloppe à la fois rigolote et jolie et à l'intérieur un petit bouquin joli et rigolo : "A la recherche des mots perdus", sous-titré "Le frétillon et la javotte aiment jouer à cligne-musette".
L'auteur a pioché dans le Larousse de 1906 pour retrouver les mots qui ont quitté notre vocabulaire.
Ce genre d'ouvrage est un délice pour moi ; une espèce de vitrine de Noël pour gamin de trois ans où chaque mot est un cadeau en soi, où l'on voudrait presque s'approprier chaque terme pour l'offrir en retour à son auditoire et ainsi mieux... l'embabouiner.

Préparez-vous à m'entendre dire que je dois aller vider la lixiviateuse ou que j'aime mettre un tailladin dans mon thé.
J'avoue surtout, avec un sourire malin, comme je l'ai dit à Nat tout à l'heure*, pouvoir placer "balanophage" à un prochain dîner pour friser la vulgarité sans en avoir l'air.

* Ouais, je refais surface auprès de mes amis... c'était un minimum après ce pli.

Mercredi 14

En ces temps où l'antisémitisme sort de sa tanière avec les horreurs prononcées dernièrement par Raymond Barre, nous allons ce soir écouter La Juive. Cet opéra composé par Halévy se déroule au début du 15ème siècle. Rachel (la juive en question), fille d'Éléazar, aime Léopold (et vice-versa) mais Popol est chrétien et il la délaisse pour la princesse Euxodie (si ça se trouve ils étaient ensemble avant, je ne sais pas, faudrait relire le livret) alors Rachel dénonce ce chrétien qui a fauté avec une juive. A la fin elle se rétracte et c'est elle qui se finit au bûcher et le Cardinal apprend que Rachel est en fait sa fille (et que donc la juive n'est pas juive).
Bon bon bon alors musicalement, j'ai assez apprécié, surtout les choeurs (comme d'habitude) mais Éléazar était souffrant (et il nous le rendait bien), et il paraît que la Rachel chantait un demi-ton au-dessous (le truc qui passe inaperçu pour moi, m'enfin je fais confiance aux deux musiciens qui m'accompagnaient). C'est quand même un peu long mais j'ai trouvé ça moins chiant que d'autres opéras. (Ouais, je suis hyper positif comme mec).
Et la mise en scène ? L'histoire est transposée aux XXème siècle et les longs manteaux de cuir noir précisent le fond de la pensée du metteur en scène. Néanmoins c'est amusant de lire sur le site de l'opéra : "une action en cinq actes présentant des situations spectaculaires (ici le concile de Constance de 1414) susceptibles de donner lieu à des mises en scène fastueuses, (...), la possibilité d'inclure de grands chœurs et un ballet dans des décors riches et variés et au milieu d'une débauche d'effets spéciaux et de figurant".
C'est une plaisanterie ? Il faut donc lire l'interview du metteur en scène pour comprendre les décors, d'une rigidité plombante (voire un peu moches) et apprendre qu'ils sont construits d'après le quartier de l'ancien ghetto d'Amsterdam. Quant aux ballets, coupés pour la plupart pour raccourcir cette oeuvre longue, on nous y offre des espèces de "bioman" mimant des nageuses synchronisées que j'ai trouvé ridicules (là c'est pareil il paraît que ça représente les danses accompagnant les morts au Moyen-âge).

Le problème c'est que quand on est rentré le frigo était vide et on n'a fait qu'un mini-goûter.

Mardi 13

Ne jurez pas mardi treize ! (jeu de mot approximativement tiré par les cheveux).

Lundi 12

Quand une standardiste est en vacances, il faut... faire la standardiste. Je m'y colle une bonne partie de la journée, en partie parce que... ben j'aime bien faire ça. Des années de réponse téléphonique au CIJ puis surtout au fil info du CIDJ m'ont habitué à des situations téléphoniques plus que tordues et je sais fort bien prendre une voix d'hôtesse de l'air pour décrocher. Bon le problème pour moi c'est juste l'articulation ; maman me l'a toujours fait remarquer et il semble que ce problème a empiré avec ces histoires de nerf mentonnier. D'ailleurs on ne dit plus "un talon d'Achille" mais "une articulation de l'Arno". Ca tombait bien parce que pendant le déjeuner F m'a appris que des séances chez l'orthophoniste pourrait arranger ça... et après j'ai repris des pâtes.
Ca me rappelle la première fois où j'ai eu un boulot qui obligeait à causer dans le combiné avec des confrères ou des clients. Je n'étais pas vraiment habitué et je ne savais pas vraiment du tout gérer les conflits, et je m'entends encore hurler après cette commerçante qui attendait un vase qu'on devait lui livrer, vase perdu au milieu des cartons... C'est pas du tout professionnel, d'hurler... mais je me souviens aussi qu'elle était un peu hystéro. Bref, dorénavant je suis presque mielleux, ça fait marrer Th mais au moins ça limite les méchants décibels.
Dis donne-nous un peu de ton fromage, décibel méchant.

Dimanche 11

J'en parlais il y a une semaine... chose prévue, chose faite, je suis allé visiter, en ce si beau dimanche, tout le quartier de la Mouzaïa (pendant que d'autres étaient enfermés plus ou moins à contre coeur, enfin en tout cas ils n'avaient pas le choix bref... parlons de moi).
J'ai consciencieusement arpenté toutes les ruelles, une par une, à la recherche du truc sympa à prendre en photo. Je n'ai finalement pas trouvé grand chose de sympa à prendre en photo, j'sais pas, j'étais pas trop inspiré finalement, sauf par les couleurs vives ou pastels qui ornent façaces ou fenêtres. Mais c'est un quartier extrêmement agréable, et quand l'on atteint la rue de Bellevue, il tranche terriblement avec l'alignement des tours de la Place des Fêtes (ce furoncle architectural qui mériterait qu'on pende haut et court l'animal qui a pondu ça... je ne dis pas ça parce que ce sont des tours, on en trouve de très belles quand l'architecte a osé et qu'il a eu les moyens d'oser, bref... parlons d'autre chose). En fait le seul souci dans cette balade, c'est que je n'avais pas mis de ceinture à mon jean et que je me suis demandé si l'élastique de mon slip était encore en bon état : deux éléments qui, concomitants, peuvent causer quelque ennui. Et c'est au moment où je me faisais cette remarque que je croisai un slip abandonné villa des Boërs. Un signe ! C'était un signe ! (Le signe que cette j'allais devoir raconter mes histoires de sous-vêtements faute d'être hyper bavard sur l'histoire du quartier, bâti, en gros, entre les années 1870 et 1940, pour loger au départ ceux qui travaillaient dans les carrières de gypse).

Samedi 10

Au milieu de son agenda de ministre, F a trouvé de le temps de faire l'aller-retour à la Fnoc le plus rapide de tous les aller-retours à la Fnoc. Moi je l'ai accompagné, évidemment, m'enfin j'ai pas fait l'aller-retour aussi rapidement que lui... et j'ai longuement traîné dans les rayons pour trouver mon bonheur et pour entre autres acheter un livre que j'avais déjà. Vous avez dit surmenage ?

L'aller-retour à la fnoc, c'était pour remplacer le lecteur de divoudi qui nous causait quelques saucisses soucis sonores c'est sûr depuis déjà bien longtemps poils aux dents et puis c'était pour... roulement de tambour... attention événement majeur... mon dieu quel suspense insoutenable... vite vite dis-moi tout oh oui oh oui dis-moi tout... acheter un bidule pour connecter l'antenne de télé à l'ordi. Ouiiiiiii ! A l'heure où j'écris ces lignes, on a la téloche (à savoir les hertziennes et les numériques).

Un événement majeur n'arrivant jamais seul, moi je me suis offert la 1ère saison de "Six Feet Under" car le prix est enfin abordable (à savoir 29,99 €) mais comme à chaque fois je ne suis pas reparti qu'avec ce petit coffret dans les bras, et je suis arrivé à la caisse avec un certain Edward aux mains d'argent, deux cadeaux pour F et quelques ouvrages plus ou moins volumineux pour mieux connaître flash ou mieux gérer les projets web... Et c'est ce dernier que je possède donc dorénavant en deux exemplaires. Le pédiatre avait prédit que je finirais fou ; c'est bien parti.

... Bon ben voilà c'était samedi. (Je ne vous raconte pas le reste, hein, parce que ça a été lessive, monop et cours de flash. Hein ? Si ? Je vous raconte ? Ben j'ai fait une lessive de jeans à 30° et une lessive de draps à 50°, d'ailleurs jamais d'assouplissants pour les draps et puis à Monoprix j'ai oublié d'acheter du sel)

Vendredi 9

10 gigas. 10 giga-octets de libres sur mon disque dur sur les 70 de départ. L'installation de deux logiciels ce soir m'ont fait prendre conscience de cette surcharge pondérale, principalement due à toutes les photos prises depuis 17 mois. Mon nouveau Fuji et tous les pixels que ses photos entassent n'arrangent rien, et va falloir faire du vide, enfin acheter des dévédés vierges (vous y croyez,vous, que je suis une bécasse qui fait des sauvegardes de photos sur des cédéroms et pas sur des dévédés) et faire un tri honnête dans les 30 gigas de photos (1433* photos des dernières vacances d'août, et 3,5 giga-octets pour Rome par exemple, la plupart en triple exemplaire pour faire un best of d'un côté et une copie pour le site de l'autre, bref...), les 13 gigas de programmes, les très nombreux fichiers haute-déf pour les affiches... Un joli bordel ma p'tite dame. Appelez-moi sarkouch qu'il karcherise tout ça.

* 1433 ! Seigneur, comment peut-on en arriver là ?

Jeudi 8

Il paraît que certaines groupies écoutent Radio l'Arno ; je me sens moins seul. Ben tiens je vais rajouter quelques morceaux... une futilité italienne, du rock de supermarché bio, une yéyéterie indécrottable, une musique à la Jean-Louis (ben oui Jean-Louis adore Migala et tout ce genre de musique planante) ou cette reprise de Wonderwall par la reine de la reprise. De quoi mettre un petit fond sonore sans chichis pendant ces soirées où je reste cloîtré at home. Certain(s) s'inquiètent, s'imaginent qu je les ai oublié(e)s, mais non mais non, j'hiberne, c'est tout. Les beaux jours reviennent — nous avaient-ils vraiment quittés ? — je vais refaire surface...

Mercredi 7

Tandis que les présidentielles nous brisent la motte, Matoo nous en fait une version startrekienne bien amusante.

Mardi 6

Je me suis dit que F serait fatigué après cette reprise et sa longue réunion de fin de journée. J'ai donc choisi un film plutôt court (83 minutes) et plutôt du genre "policier". Je navais pas grand choix, puisque le magasin de location avait stocké la plupart des dividis dans des cartons (en vue d'un déménagement ou de travaux Qu'en sais-je...). Et ce fut donc "Criminal", avec une bonne critique du Monde en sus au dos.
En fait, ben, non, le critique du Monde avait dû envoyer sa grand-mère à la projection, une grand-mère fan de Derrick ayant punaisé un poster de Navarro dans ses toilettes. En effet c'est tellement creux que je n'ai même pas fait l'effort de suivre l'intrigue (j'avais le nez dans l'ordi, évidemment) et que F l'a passé en vitesse accélérée. Le film a donc dû durer 1 heure. Une heure de trop.

Lundi 5

Les jours se suivent et se ressemblent. Cette fois, après la visite médicale rue de Bagnolet (avec un fou dans la salle d'attente hurlant qu'il avait perdu son portable et qu'il n'aurait jamais dû venir, etc. mais il n'est nullement responsable de ma tension un peu élevée je crains), je vais traîner mon Pentax dans le Père Lachaise...

... et je poursuis ma route au Nord. Quelques façades méritent une photo rue des Rondeaux ou rue Sorbier, mais rien d'exceptionnel dans le coin. Cela dit, entre la rue de Juillet et la rue de la Bidassoa se trouve un joli ensemble d'immeubles roses pâles datant de 1913, dont le seul élément art nouveau est la signature, mais où l'on sent que l'architecte s'est inspiré des diverses périodes précédentes et qu'il frémissait déjà pour l'art déco.
Amusant, le même architecte a réalisé un immeuble beaucoup plus sobre en 1930 dans la même rue.

Le film du soir c'est Romanzo Criminale. Années 70-80, des petits truands italiens voient les choses en grand et rêvent de Rome pour y faire régner leur loi. Au milieu de cette bande de machos sans foi ni loi, deux pauvres filles : une qui subit et qui pleure son "mafieux" aux yeux bleus et l'autre qui mène son petit monde à la b(r)aguette, una putana plus maligne que tous ces gros bourrins, jouée par une sublime Anna Mouglalis ; peut-être le personnage le plus intéressant du film.
Après avoir vu "Nos meilleures années", ce film a l'intérêt de m'apprendre l'histoire contemporaine italienne, à savoir les années de plomb pendant lesquelles l'Italie trembla sous un grand nombre d'actes terrorristes perpétrés par les deux extrêmes. L'intrigue du film, rondement menée, est bien tarabiscotée donc évidemment je ne suis pas sûr de savoir qui avait tué qui, mais ça ne m'a pas empêché de dormir.

Dimanche 4

La batterie à plat (et en conséquence la balade à faire pour atteindre une station service) aura permis à F de me montrer le trajet qu'il fréquente sporadiquement pour aller à la piscine de la rue David d'Angers. Le trajet en question permet de traverser le quartier de la Mouzaia. Ce joli coin est constitué de "villas", à savoir de ruelles bordées de maisons, certaines très anciennes. Les ruelles y sont très nombreuses et l'on n'en arpente ce matin que quelques-unes. Il faudra y revenir pour toutes les traverser et découvrir probablement quelques délices architecturaux - j'ai surtout remarqué pour le moment de beaux restes art-déco.

Un tour ensuite par les Butch Aumont où l'on croise les voisins de paliers, bien plus courageux que nous, puisque en vêtement de sport et en sueur. Ca court, ça gesticule et ça taïchise un max le dimanche matin au parc. Avec notre batterie sur un chariot, on fait un peu tache, non ?

Le reste de la journée est plutôt studieux, avec entre autres choses la mise à jour du site de Ralf König. J'y découvre que malgré les sécurités mises sur le forum pour déposer un message, celui-ci est envahi par le spam. Pas trop le choix à court terme : forum viré ! Ces fichus "pourriels" deviennent vraiment un cauchemar...
- Allo docteur ? C'est la noiraude...
- Bonjour la noiraude, qu'est-ce-qui ne va pas aujourd'hui ?
- Et bien voilà j'ai un joli site perso où je parle de moi.
- Ah oui, www.lanoiraudenestpasunesimplevache.net
- Oui, et bien il y a du spam qui arrive chez les gens avec des adresses du type :
trucbidule@lanoiraudenestpasunesimplevache.net
- Ah oui il y a l'Arno qui a le même problème avec son site.
- Le site de l'Arno ?
- Non, l'autre, le site sérieux avec son CV.
... Ben ouais. Ca craint.

Samedi 3

Dans la série "une pouille dans le co(t)tage", j'ai réussi ce soir à me maudire moi-même. En effet, je devais aller chercher F à l'aéroport vers 20h, mais quand j'ai mis la clé dans le contact le monde s'est écroulé autour de moi : pas de vrrrooouuum. Batterie à plat. J'ai réfléchi un quart de seconde et je me suis douté d'où venait le problème : en ramenant la voiture au parking la dernière fois, j'avais récupéré deux ou trois trucs posés au-dessus de la boîte-à-gants (même si l'on a pas de boîte-à-gants mais c'est pour situer) et la luminosité du parking m'avait poussé à allumer le plafonnier. Plafonnier qui, vraisemblablement, était resté allumé depuis 15 jours. J'avais déjà eu le même problème à mon époque montreuilloise, mais le doute avait été à l'époque plus profond (avais-je ou pas laissé la loupiotte allumée ?) et le problème était moins grave (personne à aller chercher, et redémarrage facilité avec des pinces crocodiles et un moteur amical). Heureusement que Ginou et sa voisine ont pu faire le taxi, sinon ce pauvre F, flappi et chargé, aurait dû trouver une autre solution. Ginou et la voisine qui ont eu en remerciement la moitié du clafoutis que j'avais amoureusement préparé... Bref.

Mais vous allez me dire : qu'as-tu fait avant 20h ? Tu n'as tout de même pas fait ta Pénélope, en attendant l'retour d'un Ulysse de banlieue (pour reprendre la chanson) ? Non non non, en fait je m'étais dit que j'en profiterais pour voir des gens pas vus depuis longtemps (à savoir les Natof, mais en fait y a Anne aussi que j'ai pas vu depuis des mois, oh la la et puis aussi Bruno à qui je pourrais faire une visite surprise et puis c'est l'anniversaire de Patrick aussi hein), mais les occupations habituelles du samedi (grasse matinée + rangement + courses + aspirateur + cuisine) ont eu raison de cette résolution, résolution flinguée principalement, avouons-le, par le fait que je me suis levé à 11h50 (ben oui, à 1h30 du matin je faisais du découpage en écoutant de la soupe) et résolution belle et bien enterrée par une occupation moins habituelle : aller chez Dartoche acheter une nouvelle Britoche. Alleluia la phrase est finie.
La Britoche, appelée Brita en d'autres sphères, est un système de filtration de l'eau du robinet qui méritait un remplaçant. Ou alors il aurait fallu une résurrection puisque tout l'ensemble avait subi les outrages du temps et des utilsateurs maladroits que nous sommes.
J'ai donc pris la direction du magasin et les chemins de traverse. Pour une fois j'ai suivi la rue de la Mare jusqu'au bout, chose que bizarrement je n'avais jamais faite. Je suis donc arrivé, après la passerelle qui surplombe l'ex petite ceinture, à l'église de Ménilmontant, que je n'avais jamais visitée. Chose faite, à supposer que l'on puisse parler de visite.

Vendredi 2

Mince j'ai appelé mes parents ce soir, on a parlé du clivia qui fleurit, de la pelle qu'on aperçoit au-dessus, des enfants en vacances, du vent et de la pluie, de la gadoue, la gadoue, la gadoue, de F qui a un temps magnifique... mais j'ai oublié de parler du déjeuner de midi. Et pourquoi aurais-je dû en parler ? Parce que j'ai mangé une des meilleures entrecôtes que j'ai jamais mangées, peut-être même la meilleure. Ca s'est passé au coin de la rue Orfila et de la rue Dupont de l'Eure, dans ce si joli pâté de maison des années 1910 conçu par l'architecte Dubouillon encore inspiré par l'Art Nouveau mais pas trop. Bref, l'entrecôte donc, c'était un truc à tomber par terre, d'ailleurs ça tombait bien je déjeunais avec la chargé de comm' d'une marque de steaks mais bon, elle elle a pris un parmentier de poissons.

Jeudi 1er

Hedwig traîne de bars miteux de l'Illinois en restaurants paumés au milieu du Kansas, chantant un rock déjanté sentant le revival 70 sous les aisselles (une espèce de mélange entre Juliette Lewis et Styx). Hedwig, en fait, c'est le prénom de sa mère... mais je vous laisse découvrir le pourquoi du comment de cette histoire, et surtout la raison pour laquelle la film s'appelle "Hedwig and the Angry Inch". Angry Inch ? Oui, ils ont traduit ça par "bout de chair meurtrie" dans les sous-titres...
Le film, sous des dehors de film queer, est un le portrait touchant d'un paumé de la vie, sorte de anti-héros dont la vie (de merde) était toute tracée dès l'enfance, et qui a trouvé un petit bout de salut dans le rock'n'roll, le mascara et les perruques blondes. Ca dégouline peut-être un peu de sentiments niaiseux à un ou deux moments, mais c'est toujours ratrappé par du second degré au milieu des culottes qui sèchent ou dans une orgie de friandises colorées. Le réalisateur nous offre au passage quelque scènes d'anthologie, en particulier celles où Hedwig raconte son passé. D'ailleurs je ne résiste pas à retranscrire ici une petite phrase :
Je venais d'être virée de l'Université suite à mon brillant exposé sur l'influence agressive de la philosophie allemande sur le rock, intitulé : "You, Kant, always get what you want".
Bref... au rayon ciné glam-rock et pop-pétasse, un film à ranger entre Velvet Goldmine et Priscilla, folle du désert.

 

Why don't you do right

Sinead O'Connor