Journal de l'Arno - Juillet 2007

De retour dans trois semaines... m'enfin peut-être quelques mots ici entre temps...

Partir en congés sans avoir pu tout terminer, ce n'est pas hyper glamour, mais on fait ce qu'on peut. M'enfin j'ai cliqué sur reset, j'espère que ça va fonctionner pendant trois semaines. Petit récapitulatif des semaines qui viennent :
- aujourd'hui : départ de Roissy pour Rome (pleins les yeux mais version été cette fois, le quartier du trastevere, les jardins, plein de photographies, les berges du Tibre, des glaces, 32°, slip trempé de sueur,...)
- au milieu du séjour à Rome, on va peut-être se faire un jour à Assise ou un truc un peu fun comme ça...
- retour en train de nuit sur Paris samedi 4 au soir, arrivée à Paris dimanche 5 vers 9h30.
- dimanche chez Ginou (tomates, courgettes, chaise longue ?)
- départ lundi 6 pour le Lot (verdure, piscine, plein de photographies, Rocamadour, y a F qui piaille qu'il veut faire du canöe alors canöe...)
- départ le samedi 11 pour Itxassou, dans le Pays Basque (Bayonne, un peu de plage, l'Espagne, plein de photographies, l'église de Sarre, des montagnes, ira-t-on pleurer à Bilbao ?*).
- remontée vers Saintes le vendredi 17.
- remontée vers Paris le samedi 18.
- cafard le dimanche 19.
- cafard le lundi 20.
- déprime le mardi 21.
- dépression le mercredi 22.
- hôpital psychiatrique le vendredi 24.

* Ca c'est pour ceux qui suivent ou pour les fans de Régine.

Je n'ai jamais été un grand dévoreur de télévision dans ma jeunesse, plutôt un glâneur gobant de-ci de-là un épisode d'une série, un épisode d'une autre. La seule série que j'ai suivie à une époque était "Dream On" — ça ne nous rajeunit pas —, où Martin Tupper était un éditeur libidineux amoureux de son ex-femme, tellement abreuvé de téloche durant son enfance que des flashs en noir-et-blanc, extraits de ses souvenirs sur petit écran, venaient ponctué ses péripéties. Sans oublier son admirable secrétaire, une boulotte blonde complètement hystérique.
Mais bref, revenons à nos moutons jaunes... Je n'ai jamais suivi les Simpson, glânant juste, avec plaisir et étonnement, un épisode de-ci de-là. Ce soir je suis tout de même allé voir le film, car, euh, comment dire ? j'avais besoin d'un peu de détente après avoir fini ma valise. Non, ce n'est pas ma valise qui m'a tendu, que ce soit bien clair, ni la recherche de mon maillot de bain. Et donc ? Le film est un bon moment de surréalisme et d'humour, parsemé d'une jolie morale pas gluante. Ca part un peu dans tous les sens, et c'est bien cela qui fait le charme des 90 minutes, même si j'ai un poil baillé sur la fin. Bon surtout restez jusqu'au bout du générique, l'adaptation de la musique de Spiderman par une chorale chantant "Spoder-cochon" est... surréaliste. Hum, comme d'habitude, je manque vraiment d'arguments.

La personne qui trouve ce que représente la photo du jour a gagné une carte postale du Pays Basque.

Vous savez quoi ? Et bien ce soir, j'ai regardé la télé : le jeudi sur M6, c'est le kif, mais la semaine dernière j'avais oublié... Donc au menu Desperate Housewives (avec surtout le personnage de Bree qui est le plus intéressant, les trois autres sont trop ravagées à mon goût) et Nip/Tuck. La nouvelle saison de Nip/Tuck est plus intéressante que la précédente (cette histoire de découpeur qui se terminait en apothéose avec un violeur sans pénis, c'était complètement con) et se termine plus tôt, c'est tout bénéf.
la télé ? J'ai pas bossé pour finir dans les temps ? Non, j'avoue : ras les noisettes... Aaaaahhhh plus qu'un fichu vendredi et zou, vacances. En attendant, via Matoo, je découvre une carte des stations de métro vraiment amusante, les noms des stations étant remplacés par des anagrammes. ...C'est par ici la détente.

Bon allez, je retourne faire ma valise... et chercher mon maillot de bain.

Rasmuscène, le ménage.

... Jeu de mots un peu tiré par la kératine, m'enfin je viens que lire que le Danois s'est fait lourder. Le Tour de France commence à devenir suffisamment glauque pour être intéressant. J'ai tellement bouffé du Tour de France* lors des chaudes après-midi de juillet de mon enfance, un oeil sur la collection de timbres et un autre oeil sur la télé, que franchement, merci, les jambes épilées, j'ai suffisamment donné.

Pourquoi Rasmussen est-il damné depuis son séjour en Irak ? Parce que ça damne Rasmussen.**

* F serait là il dirait "du tour d'oeuf rance ? Hi hi hi... C'est comme Johnny il est tellement pourri qu'il est passé au stade d'oeuf rance. Ben oui, stade d'oeuf rance, stade de France...".

** Ah ouais, celle-là elle est pas mal...

In vinokourov veritas ?

J'aurais pu faire un truc du genre "il est tellement noyé dans le scandale qu'il a bu la very tasse" mais on aurait pensé que j'étais pas bon en anglais. D'ailleurs je devrais peut-être emmené une petite méthode d'espagnol dans le Pays Basque, porqué si nous traversamos la frountièra, quizas je vais me mixar les pinzos avec l'italien et surtout ça fait un bail (un bayo ?) que j'ai pas causé le castillan. Putain les gars c'est bientôt les vacances !

Pas de sport depuis une semaine ; en revanche je cours un peu contre le temps. La fin de semaine va m'arriver dans la figure en 5 jours, et ce matin j'ai juste béni les Dieux que la mise en ligne du site de XXX fût repoussée à la rentrée, voire poussée en douce dans les cryptes du temps, d'un petit coup de balayette bien senti. Pas de sport mais j'ai quand même soulevé mes deux pauvres haltères à trois reprises ce soir, tu parles d'un exploit.

La voiture ayant fait un tour chez le garagiste vendrdi, il fallait s'assurer qu'elle allait, suite à ça, tenir la route. Direction donc chez Ginou, pour un déjeuner, un petit tour dans le jardin et pour glisser Joni Mitchell dans 'auto-radio afin d''écouter "A case of you" une demi-douzaine de fois d'affilée... o-o caaa-nneeuuu-daaahhh.

J'avais bêtement oublié mon magazine hier chez Fr. Mais Fr ayant beaucoup aimé le dessous-de-plat acheté à la boutique japonaise de mon quartier, il revint en vélib. L'occasion de lécher trois vitrines, lui faire découvrir la tartelette au chocolat de chez Desfoux, et de boire un café ; l'occasion de se voir un peu en d'autres circonstances, parce que ma foi on se connait assez peu.

Des jours et des jours qu'il y avait une faute d'orthographe dans la colonne de droite : il n'y a qu'un L à Lalique. M'enfin j'en fais des bien plus affreuses parfois, alors on oubliera celle-là...
Bref, un L ou deux, ça ne gâcha pas le plaisir d'aller au musée du Luxembourg pour admirer l'exposition sur les bijoux dessinés par le maître. Utilisant de nouvelles techniques et des matériaux peu en vogue en joaillerie jusqu'alors, Lalique a révolutionné l'apparat de la gente féminine de son époque pour la couvrir de guêpes, de cygnes, de feuillages, d'iris, de paons ou de chauves-souris. Au-delà de l'empreinte que laissa l'artiste dans l'art nouveau, la beauté des détails et la délicatesse des croquis laissent... paon-tois. (bof, j'aurais pu m'en passer de celui-ci).
... Il est encore temps de voir l'exposition, c'est jusqu'au 29 juillet, mais prévoyez un pull, il y fait un froid de canard.

Après un croque-monsieur au Rostand, toujours accompagné de Na et Fr, un détour par chez moi pour prendre une petite laine en prévision de la fraîcheur de la soirée, tandis que Na se retenait de dévaliser DingFring. Direction ensuite l'appartement de Fr, avec fous rires en option dans le métro*, pour un dîner avec les FrOsPaNa et un nouveau venu dans le cercle, nouveau venu qui a dû se demander qui étaient ces 5 hystériques qui tentèrent en vain de trouver une musique guillerette pour accompagner la pintade. Au bout du compte, ma timidité associée à ma puérilité font que je n'ai pas beaucoup parlé à mon voisin de table, j'espère qu'il me pardonnera. (On raconte qu'il lit ce journal, z'y va comment je rame pour tourner la phrase précédente sans passer pour une buse)
Enfin en tout cas c'est bien pratique l'heure supplémentaire du samedi pour prendre le métro, ça fait une heure de plus pour passer un bon moment.

* J'ai honte : un type qui faisait la manche dans le métro avait un timbre de voix complètement hallucinant et le fou rire m'a pris, amplifié par le sérieux mortuaire de tout le monde autour. (en fait on s'était déjà marré comme des baleines glousseuses juste avant, en hésitant entre bus et métro, puis à cause d'un jeu de mot qui, sorti du contexte, ne serait pas drôle puisque lorsque Nathalie l'a répétée lors du dîner personne n'a ri).

10 rue BelgrandJe l'avais aperçu hier au détour d'une courte promenade post-déjeuner avec Sophie. Aujourd'hui, donc, je suis retourné le voir de plus près. Qui ? Un immeuble situé 10 rue Belgrand, donc à 2 numéros du cinéma où je vais régulièrement. Un immeuble que je n'avais jamais vu - et pour cause, on s'arrête toujours au numéro 6 pour se faire une toile. L'immeuble date de 1900, et c'est un très beau spécimen d'immeuble art nouveau.
"Tiens ! Le revoilà avec son style nouille", s'agaça le lecteur.
Bon, non, en fait l'immeuble n'est pas très beau, car les motifs (en volute, rien de végétal ici sauf quatre feuilles de marronnier au-dessus de la porte) sont plutôt gros. On n'est pas dans la finesse, mais les motifs des soupirails font plaisir à voir.
"Un rien lui fait plaisir", s'étonna le même lecteur.

... Et c'est là qu'au hasard de mes recherches sur le web pour en savoir plus sur l'architecte Champy, je suis tombé sur un blog passionnant sur le sujet : http://paris1900.blogspot.com/ Le blogueur a écrit des ouvrages sur le sujet, et ça se sent : c'est vraiment très bien écrit et très bien documenté.

fauteuils de cinémaMarion est parisienne. Jack est américain. Le couple s'arrête deux jours à Paris, au retour d'un séjour à Venise, pour rendre visite aux parents de Marion et revoir quelques amis.
Le film s'appelle donc judicieusement "2 Days in Paris", c'est réalisé par Julie Delpy, et c'est vraiment 1h36 de plaisir : les parents sont cinglés, les potes sont cons comme des manches, la soeur est givrée, Marion est névrosée et Jack, au milieu de tout ça, n'en peut plus... une belle galerie de portraits dont certaines scènes semblent carrément improvisées.
... C'est drôle (mais pas seulement) et Jack plaira beaucoup à celles et ceux qui aiment les acteurs barbus avec tatouages et gros bras.

Je me demandais qui j'allais appeler ce soir pour faire un coucou ou une visite. La faim m'avait poussé à dîner dès 19h et le temps d'avaler le dernier morceau et... le téléphone sonna.
"- Hey ! Mister R. en personne !"
... C'était Anne, qui pour une fois n'avait pas droit à mon répondeur, et vice-versa. Elle s'approchait lentement mais sûrement de chez moi, lentement car un enfant en bas-âge ne galope pas très vite. Le temps d'enfiler un slip, un pantalon, un polo et des chaussures, je la retrouvai au parc de Belleville. Le temps d'y retrouver également le père de l'enfant puis de découvrir leur appartement, puis de ressortir boire un demi-citron à une terrasse du bas Ménilmontant jusqu'à 22h30, on avait un peu rattrapé le temps perdu en discutant de nos vies respectives.

Je reviens tout juste du ciné, où j'ai vu "Persépolis". Et bien, en toute sincérité, c'est drôle, émouvant, intéressant, intelligent, poétique, humain, captivant et graphiquement parfait. M'enfin faut quand même aller bosser demain. Bonne nuit.

... PUB ! Si vous ne savez pas encore où aller en vacances après le 11 août, la chambre d'hôte Le Cantou, dans le Quercy, se fera une joie de vous recevoir. Ne comptez pas nous y voir, nous y serons justement jusqu'au 11. J'ai pas encore tout à fait fini le site, mais si je vous dis qu'il y a une piscine ça va peut-être vous donner envie d'y faire un tour, non ?

Me voilà seul pour 13 jours et 8 heures : F a pris la direction de contrées pas forcément plus chaudes qu'ici, puisque l'on s'est cogné 34° Celsius aujourd'hui.
J'ai donc attendu 16h pour aller faire un tour, histoire qu'il fasse un peu moins chaud, mais ça n'a pas vraiment été le cas. Au programme : presque 3h30 de marche pour découvrir des recoins de mon arrondissement que je ne connaissais pas, à savoir St Blaise — j'ai pourtant habité juste à côté — et le quartier appelé "La Campagne à Paris". Entre ces adorables rues, j'ai bien sûr navigué et zigzagué pour essayer de passer dans toutes les rues, essayant de ne rater aucune curiosité architecturale. En dehors des deux quartiers sus-nommés, peu d'intérêt dans tout ça, sauf la villa Stendhal (magnifique impasse de 1913), et quelques surprises ici ou là.

 

Le plus amusant dans cette journée, en dehors de la photo de droite — cette fresque dans un hall d'immeuble de la villa Stendhal est vraiment étrange —, aura été de voir l'air interrogatif du parisien face aux bornes Velib... Mais ça marche comment ces trucs ?

 

Mes chers compatriotes,
C'est avec un immense déchirement que je vous annonce, en ce 14 juillet qui a permis une deuxième exhumation de Polnaraiedesfesses, que nos chères carottes plantées en jardinière sont mortes au combat, emportées par l'armée de vers qui avaient déjà anéanti le 1er régiment de carottes en pleine terre. Les rares survivantes ont été coupées en petits morceaux par un peloton d'éxécution culinaire en fin de journée. Rest in peace.

J'ai dû être traumatisé par une explosion quand j'étais gamin, car je déteste les bruits de pétards. "Détester" est d'ailleurs bien faible car ça frise la phobie. En fait je déteste les décibels en général, sauf quand ils sont justifiés (va falloir que je réfléchisse pour trouver quand c'est justifié à mes yeux : pour un feu d'artifice à la rigueur ?), mais si j'en dis plus vous allez comprendre que je suis un peu dérangé de la tête alors non non non j'en dis pas plus...
Et bien justement on a voulu aller voir le feu d'artifice depuis les hauteurs du parc de Belleville, mais en plus des mêmes crétins que la veille, y avait un max de monde, donc on ne voyait rien, donc on est repartis à la maison faire une deuxième fournée de confiture de mirabelle. Ça ça fait pas trop de bruit : juste plouc plouc quand ça bouillonne et après je fais les bruits aaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhhhhh et mmmmmmmmmmmmm quand j'en mange.

Avant d'aller s'assurer que le bal était bel et bien populaire sur la place des Grandes Rigoles, avant d'aller subir la bêtise de jeunes cons en possession d'insupportables pétards au bout de la rue des Envierges, avant et après avoir écouté Blue de joni Mitchell en boucle, nous avons mis la main dans les fruits et le sucre, pour 8 pots de confiture de mirabelle. A l'heure où je rédige ces lignes, on déplore déjà deux pots morts sous l'assaut de notre gourmandise.

Vous le saviez, vous ? A titre d'expérience, des milliers de moutons ont été importés sur le territoire du Qatar. Et depuis, tout l'émirat bêle.

- Qu'est-ce t'as fait ce soir au cloubmedgym, ma puce ?
- Boh je suis arrivé un peu tard alors seulement du vélo et les abdos.
- Ah bon ? Mais tu devais te muscler les jambes aussi, ma puce.
- Ah mais oui bien sûr, je me suis aussi musclé les gigots, ma tique.

Comme ce sont les soldes sur les jeux de mots, j'vous en mets un petit deuxième en cadeau...

Cécilia demande la vérité à Tripoli et c'est toute la Lybie qui nie.

... Allez on chante tous en coeur :
Du jeu de mots je suis le roi,
Et toi du calembour, la reine.

Nous avons un tout nouveau sac de courses pour faire les courses. En fait, on n'avait pas de sac pour faire les courses et dorénavant si. C'est pourtant l'objet à roulettes nécessaire pour tout parisien qui va à la supérette du coin, le provincial utilisant son coffre de voiture. Moi j'utilise mon sac à dos, hein, don't ouori, je ne suis pas grand consommateur de sacs plastiques. Bref... Tout ça pour faire encôôôôre l'éloge de F puisque le nouveau sac, c'est lui qui l'a cousu en remplacement de l'ancien, dans de la vieille toile à matelas. Allez, revenez demain, y aura une photo.

Le dernier numéro d'Etapes consacre une intéressante étude comparative des portraits officiels des présidents de la 5ème République. En dehors de De Gaulle et Poupoupidou, coincés sous les dorures propres et figurées dues à leur fonction, notre tout nouveau chef d'Etat me semble vraiment, mais alors vraiment ridicule, tout tassé à côté de ces deux grands drapeaux. En tout cas, on se demande ce qu'il fait là, devant cette bibliothèque : c'est le nouveau majordome ? Il vient faire les poussières ?

Bref bref, n'ayant rien fait de particulier aujourd'hui à part bosser et manger un kebab, c'est tout ce que j'ai trouvé. J'aurais mieux fait de ne rien écrire, mais ça aurait trop mis en exergue l'ennui désespérant de ce 10 juillet.

La rhubarbe ramassée hier a été l'objet d'une grande première : la confection de confiture de rhubarbe. 1 kilo de sucre pour 1,5 kilo de rhubarbe, une technique à la F pour tirer le meilleur parti de cette plante acide, et un résultat à se taper le cul par terre. J'en ai des bleus aux fesses.

L'autre truc bleu de la journée, c'est l'éclair qui est passé devant la fenêtre du boulot. fffffiiizzzzzz. Un ffffiiizzz suivi immédiatement d'un gros coup de tonnerre et d'un bond sur ma chaise. Je ne sais pas si l'éclair a parcouru ainsi toute la rue de la Chine, mais fichtre ça surprend. Pendant ce temps, c'est le téléphone de la maison qui sursauta. Résultat, dorénavant, c'est soit internet, soit le téléphone. Les deux en même temps, ça ne marche plus.

Tiens j'ai cru voir passer un Sarkozy...

Petite séance dominicale de sport en déterrant les derniers plants de potatouzes. La terre est définitivement trop humide, il ne faut pas les laisser. Malheureusement, je n'ai tiré qu'une petite cagette de plus de tout ça : certains pieds n'ont rien donné, mais c'est la loi de la nature.
Les pieds les plus fournis semblent être là où on avait déversé les restes de bois brûlé, et comme les patates aiment la potasse, on peut y voir un lien de cause à effet. Pendant ce temps, F s'est activé à cueillir 4 kilos de mirabelles, qui finiront en bocaux, au "naturel", et un peu de rhubarbe.

En tout cas, on a encore eu du flair en allant jardiner dès le matin, car en pliant bagages à 14h30 la pluie est arrivée.

A l'aller comme au retour, nous avons écouté "Both Sides Now" de Joni Mitchell. Accompagnée d'un orchestre symphonique, elle y reprend des chansons d'amour des années 30 à 50. Réalisé en 2000, la chanteuse n'a alors plus sa voix d'autrefois, capable de grimper haut vocalement et émotionnellement. Joli album néanmoins, mais pour ce genre de reprises je préfère l'album "Am I not Your Girl" de Sinead O'Connor.

Cette journée a commencé tôt, puisque nous étions à 10h13 dans un magasin spécialisé dans les résines, tout près de Denfert-Rochereau. Le plan de travail de la cuisine, en effet, nécessite un lifting : le béton qui entoure les éviers est sévèrement dégradé par son environnement aqueux. Or la résine semble être un bon compromis entre originalité, prix, liberté sur la couleur, solidité, résistance à la chaleur, facilité de pose. Ce dernier point est tout de même sensible, car la résine, avant de sécher est aussi liquide que l'eau. Donc il s'agit de faire un coffrage parfaitement colmaté, ce qui complique séverement la tâche, et relativise le compromis. Je dirais même plus : ça ajoute un gros côté casse-burnes. Mais l'ingéniosité de F — que ceux qui en ont marre que je vante les qualités de F lèvent la main... Personne ? Parfait, je continue... — donc oui l'ingéniosié de F devrait nous sauver la mise.

Tout a continué chez Gibert, par ce pélerinage tant attendu. Comme prévu, j'y ai acheté :
- "Woke on a whaleheart" de Bill Callahan, que je suis en train d'écouter et qui est la belle et lumineuse réjouissance que j'espérais ;
- "Blue" de Joni Mitchell, qui me permettra enfin de profiter en toute légalité des bijoux comme "A Case of you", "River" ou "Little Green" ;
- "Release the Stars" de Rufus Wainwright, parce que comme supposé je l'y ai trouvé en prix "occasion". J'ai survolé l'album et je suis beaucoup moins déçu que prévu. En tout cas il reste insupportable quand il en fait trop, et il reste un excellent compositeur de chansons quand, à l'inverse, il joue profil bas.

Et puis, au hasard des écoutes, des fouinages et des occasions, j'ai ajouté dans mon petit panier :
- "Both Sides Now" de Joni Mitchell, parce que... ben... tant que j'y étais...
- "The Complete BBC Sessions" de Dusty Springfield, parce que je n'ai pas pu résister devant cette pochette et devant ce contenu qui suppose de mémorables versions. Ce que je trouve fabuleux, c'est qu'en vérité il y est écrit seulement "DUSTY". Comme Elvis, son prénom suffit, et ça prouve le mythe. (Evidemment, c'est facile quand on s'appelle "Poussiéreuse" de se faire un prénom...)
- "An End Has a Heart" de Editors, parce que je l'ai écouté et que ça m'a emballé avant que je puisse le déballer, et parce que je voulais mettre un peu de néo-cold-wave 00's dans mon panier. Pourtant le format du disque est complètement merdique (2 cm de haut de plus qu'un format standard).
- "I'm your Man" et "Songs From a Room" de Leonard Cohen parce que pour 8,80 euros les deux c'était tentant, même si pour ce prix là il y avait tout un tas d'autres tentations. On notera l'allitération au passage.
- "La Menace Fantôme" parce que le 1er épisode de Star Wars manquait sur l'étagère.
- Des symphonies : la n°1 et la n°2 de Gounod, et la n°2 de Saint-Saëns parce que F avait passé commande. On a d'ailleurs écouté Saint-Saëns en déjeunant de la divine fritata* cuisinée par F tandis que je déambulais boulevard Saint-Michel.

Tout a encore continué à la salle de sport. Après son échec de lundi, F a eu la mauvaise idée de glisser aujourd'hui dans son sac une chemise au lieu d'un short. On en sourirait si le pauvre n'avait pas été aussi désespéré de ce foirage total.

Tout ce qui mérite d'être noté ici s'est terminé au retour de la salle de sport. Nous nous sommes arrêtés chez Objet Direct, petit magasin exhibant toujours en vitrine de jolis meubles ou objets anciens : pour résumer, disons des trucs du XXème siècle, mais surtout post 1940. Dans la vitrine, aujourd'hui, un petit meuble nous a attiré l'oeil... nous sommes donc entrés, nous nous sommes renseignés, nous l'avons bien examiné, et nous sommes repartis avec cet ancien banc de cireur de chaussures, qui accueillera quelques paires des miennes. (Mince on aperçoit une trace de pied sur la photo parce que l'on a testé la solidité du meuble qui pourra tout à fait faire office de mini-escabeau).


Ah mince j'allais oublié de dire que par le biais du site "Copains d'avant", j'ai découvert que Hervé Ch., qui était dans ma classe au collège, est devenu... mannequin. C'est même lui sur certaines pubs très diffusées, mais 19 ans plus tard je ne l'avais pas reconnu. Rien d'extraordinaire, m'enfin c'est insolite...

* une sorte d'omelette aux légumes, mais qui dit "ah oui, comme un tortilla ?!" je lui demande s'il compte faire encore de telles pitoyables comparaisons.

525 grammes ! F a ramené une pomme-de-terre du jardin qui pèse 525g ! Et en plus on dirait un ourson. C'est complètement diiingue.

Ça suffit pour aujourd'hui car je vais être très bavard demain... (ben oui demain c'est samedi).

Un peu dans l'urgence, je suis entré dans la supérette bio pour acheter un paquet de pâtes qui nous servirait de déjeuner avec la sauce qui l'attendait déjà. De manière à pouvoir payer par carte bancaire j'ai également pris une petite bouteille d'huile de noisette qui coûte la peau des fesses. Très chic, de quoi passer du fallacieux statut de bobo à celui de fofo (fauché Fauchon)...
Une fois sorti du magasin, j'ai découvert que les pâtes étaient sans gluten, donc sans oeuf ni blé, mais constituées uniquement de maîs. Ma précipitation était définitivement une catastrophe et il allait falloir tenter l'expérience et connaître le temps d'un repas le calvaire que vivent les personnes allergiques au gluten. Ben... après avoir goûté ça, je le dis tout net : faut aimer la bouillie.

Le Temps des Gitans est l'événement de fin de saison de l'opéra de Paris, le truc complètement diiiiingue parce que quand même c'est Kusturica (2 fois palmes d'or, c'est diiiingue) qui retranscrit son film sur scène, et pas n'importe quelle scène : l'opéra Bastille !! Méga-diiiingue.
Le Temps des Gitans est un joli spectacle qui présente de jolis moments de poésies scénographiques et de jolis efforts sur les décors, un spectacle plutôt virevoltant qui met un peu de nouveauté et d'électricité à l'opéra (pourquoi pas, mais... euh... pourquoi faire ?). Alors voilà, on a beau être à l'opéra, c'est sonorisé, parce qu'il y a guitare électrique et batterie (donc ça couvrirait le reste ??) et peut-être parce que les chanteurs ne sont pas de vrais chanteurs d'opéra mais ça je n'en sais rien et on s'en fiche. Le problème dans cette histoire de sonorisaton... c'est la sonorisation : pourrie. Scandaleusement pourrie. J'ai eu l'impression de ressortir d'un concert de rock, les oreilles légèrement bouchées. On est à l'opéra et on doit subir ça ? C'est lamentable et F en est ressorti exaspéré et sourd.
Moralité, comme disait La Fontaine, j'ai eu droit à la tzigane et l'assourdi.

Désolé, j'ai vraiment essayer de faire mieux pour le jeu de mot, avec "La tzigane elle est fourbue", "la tzigane elle est fournie", "la tzigane et les fours à mie"... si vous avez une meilleure idée, je suis preneur.

Pour célébrer les résultats de F, nous sommes allés dîner au Z....., restaurant pseudo-chic au style Art déco, qui attire plus les tournages télés que les fins gourmets — c'est ce qu'on raconte et je vais confirmer. La pièce du boucher n'était ni tendre ni goûtue, la béarnaise était fadasse et la salade était assaisonnée de quelques malheureuses gouttelettes d'une sauce insipide. Heureusement, le moelleux au chocolat était bon (m'enfin toute marque de surgelés les réussit) et, de manière originale, accompagné d'un granité au cognac (dommage j'ai horreur du cognac). Si on rajoute à ça que les serveuses se forcent à sourire et qu'elles sont "mongoliennes" — c'est notre voisin de table qui l'a dit —, on ne peut pas faire de la pub pour ce lieu à quelques mètres de la maison...

Quitte à dépenser des euros à deux pas de chez nous, mieux vaut aller à la librairie, où nous étions allés avant le dîner, et où je me suis offert un petit Christophe Donner (L'influence de l'argent sur les histoires d'amour) et un recueil de chroniques de Marguerite Duras parues dans Libé l'été 1980. Et au bout de trois phrases, on peut lire cela :

"Je crois que je vais écrire à propos de la pluie. Il pleut. Depuis le quinze juin il pleut."

Quelle coïncidence.

La veste militaire achetée il y a très longtemps aux fripes d'en face était désespérément coincée dans l'armoire, car les boutons dorés qu'elle arborait à l'achat n'étaient pas de mon goût. Même en bijouterie, je préfère l'argent, ça me va mieux au teint et ça fait moins poulette de luxe.
Les boutons de rechange avaient pourtant trouvé leur place depuis longtemps... mais dans un tiroir. Depuis ce soir, la veste militaire en question est prête à être exhibée.
Une fois de plus, on ne pourra que s'extasier devant les talents de F, qui a même cousu un ourlet de pantalon et réparé mon vieux treillis. En effet, il y a une dizaine de jours, agacé par un vieux bout pourri de l'ourlet qui pendouillait, j'ai tiré un grand coup sur le vieux bout... mais c'est toute la jambe qui a suivi le mouvement dans un grand SSSCHCHHHRRRAAAAAAAKKKKKK... suivi d'un grand éclat de rire de ma part, car je suis très bon public pour mes maladresses (en tout cas j'essaye d'en rire quand elles ne me désespèrent pas trop).

F avait enfin pu trouver le temps pour aller à un cours de sport. Moi, j'étais parti de mon côté rue de Bagnolet : la salle du cloubmedgym de Répu ne me plaît pas.
Quand je suis sorti de mes 90 minutes d'auto-mutilation, j'ai appelé F : la salle de Répu était exceptionnellement fermée pour travaux et il était rentré penaud à la maison. Voilà qui m'a bien fait rire à l'arrêt de bus, mais je me suis ensuite replongé dans la lecture de "Sweet Home" d'Arnaud Cathrine, où l'auteur ose écrire "Nathan est le seul garçon de la terre a avoir encore des mouchoirs en tissu". Foutaises : je déteste les mouchoirs en papier et donc moi aussi j'ai des mouchoirs en tissu. Même pour en faire le même usage que Nathan.

PS. Il n'y a qu'un M à "consumérisme".

Après les achats d'hier, j'ai décidément mis un coup de canif, ce week-end, dans une vilaine manie : celle de faire les soldes au dernier moment, voire de les laisser passer sans moufter... pour aller les faire à Lecce chez David Mayer ou Benetton — c'est tellement plus chic.
Donc...
De retour de ses obligations, F était très motivé pour aller chez Melchior, pour y acheter un polo lavande qu'il avait laissé de côté lors de notre dernière escapade. Mais arrivés sur place, grosse déception : plus le moindre centimètre carré de lavande. Qu'importe pour moi : je me suis rué sur une petite paire de chaussures vert-de-gris qui n'iront absolument pas avec le polo Fred Perry rouge acheté quelques minutes plus tard rue Sainte-Croix. On ajoute à cela un chapeau de paille (toujours rue Sainte-Croix) et on aurait dû être satisfaits. Et pourtant, F étant toujours à l'affût d'un polo lavande, nous sommes partis sur la rue de Rivoli pour se coltiner une brochette d'insupportables magasins. L'énorme déception vient surtout de chez Zara. On pouvait autrefois y trouver une jolie sélection de vêtements d'un très bon rapport qualité de coupe / style / renouvellement de la collection / prix, avec pour base de fonctionnement une fabrication en Espagne. Mais aujourd'hui, on n'y a vu qu'un ensemble outrancier de nippes de tous les genres, étiquettées d'un "made in china" : pas anodin.

Bon allez un peu de grace après tous ces relans de consumérisme :